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Château de la Barre à Château-sur-Allier
 
 

     Les registres de l'état civil du Veurdre et de Château-sur-Allier mentionnent les seigneurs de la Barre, notamment Etienne Litaud entre 1646 et 1658 à l'occasion du baptême de ses enfants puis un, probablement son fils, Étienne entre 1675 et 1676. Par la suite Henry de Viry est cité comme "seigneur de la Barre" dans plusieurs actes de l'état civil et l'Armorial d'Hozier en 1695, 1699. Jusqu'en 1737 la branche des Viry seigneurs de la Barre est citée, date de la mort de Gilbert de Viry (1695-1737). Le registre d'Etat civil de 1737 a conservé la trace du poème panégyrique gravé alors sur sa tombe dans le cimetière de Château-sur-Allier. A partir de 1789 et jusqu'à nos jours, d'après les registres d'état civil de Château-sur-Allier et les archives privées des propriétaires actuels, le château appartient à la même famille. En 1789 Etienne Douyet de Villaine, originaire du Veurdre s'y installe. A sa suite sa fille Thérèse (1808-1832), épouse Georges Aladane de Paraize (1791-1862) maire de Château-sur-Allier en 1861 et 1862; ils s'occupent du domaine qu'ils habitent. Leur fille Berthe (1831-1902) épouse Alexandre marquis de la Roche (1814-1876); ils procèdent à des aménagement du château et commanditent son agrandissement. Leurs fils, Georges et Henri s'installent au château de la Barre devenu aussi relais de chasse, avec ses dépendances dédiées.

La configuration du lieu-dit "la Barre" est incertaine avant la Révolution: le "plan géométrique de la carte…" de 1701 indique un regroupement de neuf entités comprenant probablement le château et le domaine contigu appelé parfois "la grande Barre". Entre 1758 et 1763 un château figure à la "Bare" sur la carte de Cassini. En 1831, sur la parcelle du plan cadastral dit "napoléonien", trois bâtiments apparaissent: un premier à tourelle d'angle au nord/est, deux autres dont l'un à l'ouest à excroissance centrale sur un mur gouttereau et l'autre derrière à deux excroissances. On retrouve deux bâtiments selon la même configuration, à l'arrière du château à tourelle sur une gravure de 1852. Au début du XXe siècle ces bâtiments existent encore tels qu'on peut les voir sur les cartes postales et photographies de l'époque; l'excroissance du second bâtiment s'avère être une aire à battre couverte d'une couverture en croupe du mur gouttereau oriental d'une grange. En 1839, d'après les matrices cadastrales, Georges Aladane procède à des travaux de destruction et de reconstruction de maison sur la parcelle, aucune autre source ne permet de connaitre le bâtiment concerné. Le château en son état de 1852 sera modifié une première fois en 1865 par Berthe Catherine et Alexandre de la Roche d'après les sources familiales des propriétaires actuels: "transformation de la maison pour améliorer son confort: agrandissement des fenêtres, lucarnes sur le toit et eau courante". Les plus importants travaux au château sont commandités par Alexandre de la Roche en 1874 comme l'indique la mention "maison...addition de construction" dans les matrices cadastrales. Ce sont eux qui donnent au château sa configuration actuelle et équivalent à un nouveau projet architectural. L'absence des plans et sources documentant ce projet ne permet pas d'en attribuer la réalisation. L'hypothèse d'une attribution à l'architecte moulinois Jean-Bélizaire Moreau ne peut en l'état être confirmée. Entre 1873 et 1874 la marquise de la Roche procède à une transformation d'un bâtiment rural en maison sur la même parcelle, toujours d'après les matrices cadastrales. Ces derniers travaux ne concerneraient-t-ils pas la maison du régisseur contiguë ou la grange la plus proche du château dont les documents anciens ne montrent que le pignon occidental? Dans un dernier temps sont édifiées les écuries, vers 1900 d'après une source orale.

Au Lieu-dit La Barre, subsiste en partie le bâtiment du château à tourelle d'angle au nord-est, préexistant sur le cadastre de 1831; il a été agrandi dans sa partie méridionale, au sud-est et au nord-ouest en épousant une pente selon un axe nord-sud. Au sud se développait un jardin visible sur des cartes postales anciennes, dont subsiste le bassin central. A l'est, selon une orientation est-ouest a été construite la maison du régisseur, actuellement réduite dans sa longueur. Au nord-ouest se trouvent des écuries à auvents. De l'état de 1852 qui présentait six fenêtres à l'étage à l'est, trois aux rez-de-chaussée et à l'étage au sud ainsi qu'une tourelle d'angle, il ne subsiste du côté oriental que cinq fenêtres à l'étage. Quatre fenêtres et une porte centrale ont été percées de ce côté au rez-de-chaussée depuis, la couverture conique de la tourelle a été modifiée. Cette tourelle, une tourelle d'escalier en vis est percée de deux petites fenêtres superposées à l'est et d'un trou de visée à ébrasement extérieur au nord. Au dessus d'une corniche superposée d'un rang de corbeaux, en pierre, elle est couverte d'une toiture conique à égout retroussé. Une porte et une fenêtre en rez-de-chaussée, deux fenêtres à l'étage sont ouvertes sur le mur nord, une porte et trois fenêtres en rez-de-chaussée et quatre à l'étage sur le mur occidental. Une corniche de pierre souligne la toiture de cet ancien logis, en croupe au nord. Les toitures sont couvertes d'ardoises; deux œils-de-bœuf éclairent les combles à l'est.

L'extension, par l'ampleur du projet architectural, équivaut à un nouvel édifice à nouvelle façade méridionale. Au dessus d'un sous-sol semi-enterré le corps de bâtiment est flanqué d'un pavillon à l'angle sud-ouest d'où part à l'ouest une aile en retour d'équerre sur l'ancien corps de logis. A l'est l'aile en retour d'équerre, plus courte, est construite dans le prolongement de l'ancien corps de logis ; sa partie inférieure forme un décrochement en rez-de-chaussée couvert en terrasse. Au sud, au dessus du sous-sol percé de soupiraux est édifié le rez-de-chaussée surélevé auquel on accède par un escalier à volée droite menant au perron. Simples, triples ou jumelées les fenêtres animent la façade par leur disposition comme par leurs matériaux d'encadrement similaires à ceux des chaînage d'angle: de briques et pierre. Les différents étages sont soulignés d'une corniche de pierre moulurée. Au fait du second étage du pavillon la corniche est à modillons. Quatre lucarnes (trois sur le corps de logis principal et une sur le pavillon) éclairent le comble au sud. A encadrement de briques, elles sont ornées de sculptures et de volutes; les stores rouges occultant leurs fenêtres reprennent couleur et disposition d'origine. Au premier étage, les fenêtres, par deux ou par trois sont pourvues d'un balcon au garde-corps de fer forgé. A l'ouest un escalier permet d'accéder, au dessus du sous-sol, à l'aile en retour par une porte-fenêtre en plein cintre. Cinq fenêtres reprenant le même tracé et des dimensions similaires à cette porte-fenêtre créent un effet homogène d'arcade. Les ouvertures du premier étage ne diffèrent pas de celles de la façade sud contrairement à la couverture. Au dessus d'un couronnement horizontal à fronton sculpté central se développe le comble à toit brisé éclairé d'œils-de-bœuf. Sur le fronton sont sculptées les armoiries des commanditaires: Berthe Aladane de Paraize et Alexandre de la Roche. Cette façade occidentale est fortement structurée par une ornementation alternant la brique et la pierre (chainages d'angle et encadrement des baies du rez-de-chaussée).

A l'est, la disposition de l'adjonction, en son mur pignon, reprend le parti de la façade sud: baie jumelée, baie simple à balcon au garde corps de fer forgé. Plus au nord la jonction avec l'ancien logis se fait à l'étage selon le même élévation quand, au rez-de-chaussée, un oriel montant de fond dit "bow window" forme une excroissance. Il est couvert d'un toit en terrasse qui a perdu son garde-corps en fer forgé encore visible sur des cartes postales anciennes. Dans cette partie de nouveau, l'ornementation des encadrements des baies, chaînages et piédroits des lucarnes est à briques et pierre. L'ancien logis est édifié en pierre calcaire, le nouveau en brique et pierre, le tout est couvert d'ardoises. A l'intérieur du château, au rez-de-chaussée, l'ancienne cuisine à cheminée au nord, donne sur la tourelle de l'escalier en vis, elle donne sur plusieurs pièces à sa suite dont la cuisine actuelle débouchant sur le corps de bâtiment réaménagé ou le plus récent dans la salle à manger à oriel ouvrant sur le grand salon. On accède directement au grand salon depuis la façade sud. Il est pourvu d'une cheminée comme la salle à manger et le petit salon ou salle de billard sur lequel il ouvre à l'est. Toutes les pièces qui lui sont contiguës ouvrent sur la galerie de chasse à l'ouest, largement éclairée par les baies et la porte en plein cintre. Un couloir central ouvrant notamment sur la salle à manger et la galerie de chasse permet d'accéder au premier étage par un escalier en équerre à balustres en bois. Les chambres, qui occupent le premier étage, sont toutes pourvues de salles de bain ou de cabinets de toilettes attenants. A l'étage des combles sont situées les chambres des domestiques, au dernier étage du pavillon, la lingerie. La charpente est pour partie une charpente métallique.

Le logis du régisseur subsiste au nord-est du château; il a été réduit dans sa longueur. L'édifice a probablement été construit en plusieurs campagnes, le pignon occidental, percé au rez-de-chaussée ainsi qu'à l'étage de baies jumelles et d'une petite fenêtre sous le fait du toit, toutes à encadrement de brique et pierre, est contemporain de l'extension du château. Les baies du mur gouttereau méridional à encadrement de pierres calcaires semblent plus anciennes. Une corniche de briques à la seconde rangée en pointe, couronne les murs gouttereaux; des aisseliers de bois soutiennent le débord du toit sur le pignon. Un balcon à garde-corps en bois animait l'étage au pignon également comme on le constate sur des cartes postales anciennes; il a aujourd'hui disparu. Un cloche est suspendue à une potence sur ce pignon. Elle porte l'inscription "marquise de la Roche, 1880", d'après une source orale; elle figure à cet emplacement sur un document du début du XXe siècle. La couverture du logis est de petites tuiles plates. Les écuries à chevaux consistent en un bâtiment à rez-de-chaussée et combles édifié en pierre calcaire, couvert d'ardoises. A l'ouest les écuries sont à cour fermée, en partie pavée, protégées par deux auvents en bâtière reposant par des piliers de pierre de taille et de bois. Le mur gouttereau est percé de baies de même tracé qu'à l'est, à l'étage des combles les lucarnes sont similaires aussi, couvertes d'un toit en bâtière à aisseliers (rappelant le parti de couverture de la maison du régisseur) leurs garde-corps en croix de Saint-André imitent le pan de bois. Les pignons sont percés de baies en rez-de-chaussée et de portes hautes ouvrant sur les combles auxquelles on accède par un escalier de pierre au nord et une échelle via une plateforme métallique au sud. Des oculi sont visibles au sud, en partie obturés en rez-de-chaussée mais ouvert au niveau des combles. (1)

château de la Barre 03320 Château-sur-Allier, propriété privée, ne se visite pas.

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      source de l'historique: https://patrimoine.auvergnerhonealpes.fr

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