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Une enceinte polygonale, qui n'est conservée que
sur trois côtés, clôture une plateforme rocheuse. Elle est percée de
meurtrières. Celles-ci sont nombreuses, rapprochées et à la base du mur dans
le secteur occidental, plus rares, moins serrées et placées plus haut dans
le secteur oriental. L'enceinte est partiellement renforcée par des fausses
braies. Une rampe d'accès longe le côté sud-est. Le tronçon oriental de
l'enceinte montre une construction hétérogène. Un mur en assises régulières,
mais de hauteurs inégales, de pierres à face éclatée au marteau a été
surélevé en assises de pierres mal équarries, assemblées par d'épais joints
de mortier, qui utilisent de nombreuses cales. Mais la partie inférieure du
mur n'est elle-même pas homogène, on y distingue deux zones, de part et
d'autre d'une solution de continuité verticale qui passe à mi-chemin entre
les deux meurtrières et qui est soulignée par une fissure dans la
maçonnerie. Au nord-est de cette solution de continuité (à droite), on
observe un remploi de nombreuses pierres dressées à l'aiguille, sans
réserve, mêlées aux pierres équarries. Au sud-ouest (à gauche), les hauteurs
des lits sont moins régulières et les remplois de pierres dressées moins
fréquents. Enfin, de part et d'autre de cette ligne, les encadrements des
fentes de tir ne sont pas identiques.
Une fouille archéologique a été pratiquée sur le site du château de Hautes
Gréolières. Ses résultats permettent une lecture plus détaillée sur un
certain nombre de points. Du point de vue chronologique, en particulier, il
se confirme que l'occupation de ce site n'est pas antérieure au XIIIe siècle
et que son intensité maximale se situe vers 1350-1400, à la suite de quoi le
déclin est très rapide. Du point de vue architectural, il faut
principalement noter la découverte de la base d'un donjon initial. La
découverte de cet élément d'architecture est importante car les
constructions de ce type, dressées très vite au cours de combats, sont
difficiles à identifier et il est possible que ce soit la seule repérée avec
certitude dans le département. L'analyse architecturale, les résultats de la
fouille archéologique et l'étude des sources historiques permettent de
proposer deux grandes périodes pour l'évolution du château.
Sur un site auparavant vierge, le comte de Provence fait construire, vers
1230, une forteresse destinée à contrôler le château de Gréolières, situé en
contre-bas. Cet "autre" château de Gréolières est mentionné pour la première
fois vers 1232. Les restes de cette construction ont été mises au jour par
la fouille. Il s'agit d'un donjon de plan carré, de 6,90 mètres de côté,
dont les murs sont épais de 2,05 mètres. Par endroits, on ne voit plus
qu'une simple trace dans le socle rocheux. Mais ailleurs, ses restes
consistent en quelques assises d'une maçonnerie en grand appareil faite de
gros blocs de format carré. Vues de loin, les pierres paraissent belles et
donnent au parement un aspect imposant, mais vues de près, les blocs
s'avèrent n'être que grossièrement équarris. L'aspect de ce travail peu
soigné, probablement exécuté très rapidement, correspond bien à une
construction de guerre. Le comte conserve quelque temps cette place qui
devient rapidement le centre d'un nouveau fief dénommé "Gréolières Hautes".
Durant cette période, un logis, construit en deux campagnes, a été accolé au
sud du donjon, tandis qu'à l'ouest était réservé une cour. L 'accès se
faisait alors par l'ouest. Le château se trouve, en 1307, aux mains de
Raibaude de Caussols, épouse de Réforciat d'Agoult. Il passe ensuite, par
mariage, des Agoult aux Villeneuve.
Durant les guerres civiles qui marquent, pour toute notre région, la fin du
XIVe siècle, le château a été occupé par une troupe importante. Il est
difficile de préciser s'il s'agit d'une garnison aux ordres des Villeneuve
ou de l'une de ces bandes armées groupées autour d'un aventurier, qui se
serait emparée du château. Après cette période, vers 1400 ou peu avant, le
château est agrandit, partiellement reconstruit et modernisé. L'accès par
l'ouest est abandonné au profit d'un nouveau mur d'enceinte, celui percé de
nombreuses meurtrières, décrit ci-dessus; il est protégé par des fausses
braies. Un nouvel accès est aménagé au sud-est; il se fait par une rampe
d'accès qui contraint l'arrivant à présenter son flanc droit vers le
château, c'est-à-dire à marcher à découvert puisque c'est la main gauche qui
tient le bouclier. En 1570 1'un des barons de Vence, protestant, s'est
réfugié dans le château inférieur de Gréolières. C'est pour cette raison que
les deux châteaux de Gréolières ont particulièrement souffert au XVIe
siècle, durant les opérations militaires liées aux Guerres de Religion.
Après cet épisode, les Villeneuve, déjà seigneurs de Basses Gréolières,
délaissent le château supérieur. (1)
château de Hautes Gréolières 06620 Gréolières, propriété privée, ne se
visite pas, vestiges.
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