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Château qui n’a plus à se préoccuper
des dangers et des horreurs de la guerre civile. Bâti pour être, selon la
pensée du poète, le nid rêvé qui ne sera pas troublé par le cliquetis des
armes et le hurlement des reitres en mal de commettre toutes sortes
d’atrocités, le château de Chabret n’a ni créneaux, ni mâchicoulis, ni
donjon. Son histoire n’est pas tourmentée et angoissante comme celle de nos
nombreux châteaux, c’est celle de la famille qui l’a fondée et dont la
descendance illustre aujourd’hui notre pays. M. Mazon, dans son Encyclopédie
de l’Ardèche, mentionne Isaïe d'Indy, habitant de la ville d’Annonay, marié,
vers 1525, à Marguerite de La Selve du Fayn, fille de noble André de La
Selve, sieur du Fayn, et de Magdeleine Meissonier. Mathieu d’Indy, qui peut
être le frère d’Isaïe, épousa, vers 1530, Gabrielle Jacquier, fille de
Claude. Claude Jacquier avait acquis, en 1534, de Thomas et Jacques Barou,
seigneurs d’Ozon, la moitié du fief de Molinot. C’est d’eux que descend
Guillaume d’Indy, du lieu du Chabret, marié, vers 1625, à Marguerite du
Pont, fille de noble Charles du Pont, seigneur de Barret, du lieu du bourg
de Soyons; laquelle était veuve de noble Marc de Sibleyras qu’elle avait
épousé en 1620. De leur mariage naquit Noble Charles d’Indy de Chabret qui
épousa, le 21 septembre 1650, Judith de Praneuf, fille de M. Me François de
Praneuf, avocat de la paroisse de Boffre, et de Marie de Ville, dont
Joseph-Isaïe-Saint-Jean d’Indy, né le 12 août 1769, admis en 1785 à l’école
militaire.
Il se signala par son dévouement au Roi, dans la journée du 10 août 1792. Il
fut préfet de l’Ardèche et avait épousé, le 1er février 1791, Mademoiselle
de Bertrand de Pélissier, du Comtat-Venaissin. De ce mariage suivent trois
enfants; Jean-Guillaume-Isaïe d’Indy, né en 1792, fut sous-préfet de Nyons
(Drôme), eut de Joséphine Charier deux filles dont Sophie-Angélique-Bibianne,
née à Nyons, en 1822, mariée au baron Antoine-Victor de Geys de Pampelonne,
lieutenant de vaisseau, fils cadet d’Henri de Guyon de Geys de Pampelonne,
garde du corps du roi Louis XVIII, et d’Ernestine d’Agonit; leurs enfants
habitent le château des Chabrets. La deuxiéme, Mademoiselle d’Indy, mariée,
en 1844, au comte Victor de Raousset-Boulbon, dont plusieurs enfants; et le
troisième; Théodore d’Indy, fils de Joseph-Isaïe-Saint-Ange, fut garde
d’honneur de Napoléon et fît toutes les guerres de l’Empire. Il rentra comme
officier, en 1815, dans la garde royale et démissionna, en 1830. Il avait
épousé, vers 1830, Thérèse Charier, sœur de la femme de son frère; habita
Valence puis Paris. Il eut deux fils; le comte Wilfrid d’Indy, marié à Mlle
de Chabrol et se fixa en Normandie. Il n’eut que deux filles. Puis le
vicomte Antoine d’Indy, mort à 84 ans, le 17 mars 1904, à Paris. Il avait
épousé, en 1852, la sœur de sa belle-sœur, Mademoiselle de Chabrol, dont il
eut un enfant, le vicomte Vincent d’Indy, notre distingué compositeur dont
la gloire mondiale rejaillit sur le Vivarais où, ardent patriote, autant que
poète, il s’est bâti un nid dans une ravissante vallée pleine de souvenirs.
A côté de sa belle demeure (Les Faugs), admirablement située, nous
découvrons les ruines de La Tourette, les châteaux de Hautvillar, des Colans,
des Peschiers, Vaussèche, etc. (1)
château de Chabret 07440 Boffres, propriété privée, ne se visite pas.
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