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Le château de Cheymé,
Chemé alias Chimay (d’après la carte de l’Etat-Major), est situé sur les
confins du Lyonnais. Flanqué de quatre grosses tours, trois sur la façade
nord, et l’autre sur la façade du couchant. A l’angle du côté du levant, il
y avait une tourelle ne descendant qu’à la hauteur du premier étage et
supportée par des consoles en pierre. Il n’y a qu’un seul portail donnant
accès dans la cour, au-dessus duquel on voit des restes de mâchicoulis
défendant l’entrée. On en peut déchiffrer les écussons gravés au-dessus de
la porte. Les tours sont couronnées de créneaux défendant les quatre
façades. Les fenêtres sont à croisillons. La toiture n’a qu’une pente,
déversant les eaux dans la cour, et le mur dépasse le toit qui ne se voit
pas. Le rez-de-chaussée est voûté. La cuisine également, et quatre colonnes
en supportent les voûtes. Il y a une chapelle et un caveau dans l’église,
appartenant au château. C’est un exemple intact de la vieille maison forte
du Vivarais. Le logis des seigneurs est petit, resserré entre les communs et
la ferme, mais coquet avec ses fenêtres ouvragées. Ce petit fief est à deux
kilomètres à vol d’oiseau, de l’église. Les fondateurs et premiers
possesseurs de ce château sont inconnus. Le vicomte de Montravel, auquel
nous empruntons cette notice, nous apprend que le premier seigneur connu de
Cheymé est Antoine de Fontanès, vivant en 1418, nommé dans le contrat de
mariage de son fils "nobilis et domicellus filius quodam nobilis Antonii de
Fontanès". Noble Etienne de Fontanès, damoiseau, épousa, le 29 janvier 1438,
noble Catherine de Romastanié, fille de noble Humbert, seigneur de Vaugris.
Ce mariage fut béni par son frère Antoine de Romastanié, contrat reçu Claude
de Lave, prêtre et notaire de la baronnie de Beaujeu.
Le 21 octobre 1478, Etienne passa une transaction avec les consuls et
habitants de Chimey, au sujet de certaines redevances concernant ce fief. Au
VIIe degré, Claude-Nicolas de Fontanès, seigneur de Chimey, la Valette,
Prost, le Sauzay et Gajan, baron de Maclas, avait épousé, par contrat passé
le 8 février 1657, Delorme notaire à Sury-le-Comtal, Louise-Catherine de
Saint-Georges, fille de Claude, chevalier, seigneur de Montceaux, Verdet,
etc..., et de Marie de Crémeaux d’Entraigues. Il acheta, le 2 janvier 1670,
la baronnie de Maclas, canton de Pelussin, devant Thomas Dupuy, notaire à
Avignon, de François Labeau-Bérard de Maclas, citoyen d’Avignon. Cette
baronnie s’étendait sur les paroisses de Maclas, Saint-Appolinaire et
Saint-Julien-Molin-Molette. Le 2 octobre 1690, il vendit à André Charles,
curé de Pélussin, tous les meubles et le bétail de ses domaines de Chimey et
de Prost. L’inventaire qu’il fit à l’occasion de cette vente nous apprend
que la chambre habitée par Claude-Nicolas, à Chimey, quand il y résidait,
était tapissée de vieilles tentures de Bergame et de trois petits tableaux.
Il fit trois testaments, dont le troisième, fait à Lyon, à l’hôtel de La
Précenterie, place Saint-Jean, le 13 juillet 1687, il fait donation de ses
biens à son fils Marc, émancipé au commencement de cette année, se réservant
une pension de 300 livres pour son entretien, sa nourriture, un logement, un
valet, deux chevaux et deux chambres meublées au château de la Valette. La
Valette-lès-Pélussin, château qu’il avait acheté le 17 juin 1617, au prix de
4000 livres, de Jacques de Rochefort. Il mourut le 12 novembre 1690, dans
son château de la Valette, où il faisait sa résidence habituelle. Du vivant
de son mari, et avec son consentement, Louise de Saint-Georges était retirée
au Monastère de la Visitation de Tours. Son frère Claude de Saint-Georges,
chanoine-comte de Lyon, puis évêque de Clermont, était alors archevêque de
Tours. Charles-Nicolas de Fontanès eut huit enfants, dont l’héritier
universel ne se maria pas. Il fit son testament au château de La Valette, le
25 juillet 1712, alors malade au lit, dans la chambre rouge. Son frère,
Joseph de Fontanès, le 8e enfant de Charles-Nicolas, mourut laissant comme
héritier Marc-Antoine Pradier, marquis d'Agrain. Il émigra, en 1790, quand
il rentra en France il trouva tous ses biens vendus au profit de la nation.
Le château de Chimay, alias Cheymé, fut vendu à Tournon et acquis par Simon
Lajard, négociant d'Andance, puis advint à sa petite fille, femme de M.
Servios, maire de Charnas, lequel a fait, en 1863, des réparations qui l’ont
rendu habitable. (1)
château de Cheymé 07340 Charnas, propriété privée, ne se visite pas.
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