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L'Hotoire était, nous dit M. E Nicod, une de ces
gentilhommières si nombreuses qu’elles se touchaient presque toutes dans ce
beau et bon pays de Quintinas, encore aujourd’hui très aristocratiquement
habité. On parla de Lotoire pendant les guerres de religion. Les lieutenants
du sinistre Erard ne dédaignèrent point de venir s’y loger. Des
préliminaires de paix y furent traités. Mais, dès le milieux du XVIIe
siècle, L'Hotoire avait été délaissé par ses possesseurs qui habitaient
Annonay et il ne reste plus aujourd’hui de l’ancienne gentilhommière que la
tour hexagonale qui renferme l’escalier et qui est cependant assez vaste
pour loger les travailleurs du domaine. La première mention que nous avons
de Lotoire est d’âge respectable, remontant au mois de mai 1247. C’est alors
le "mas de Austori" au sujet duquel André, Pons et Hugues, fils de Pons
Jourdan, sont en discussion avec Raoul, prieur de Quintenas. Les trois
frères en réclamaient la possession et le prieur prétendait au contraire que
leur feu père l’avait vendu au prieur pour le prix de 500 sols et qu’il en
avait même joui depuis longtemps. Après avoir plaidé on recourut à un
arbitrage. Marin, prieur de Davézieu, et Dalmas, prieur de Veyrines, furent,
d’un commun accord, choisis pour arbitres et ils maintinrent en possession
le prieuré de Quintenas, à la condition de payer 100 sols viennois aux
frères Jourdan. La sentence avait été homologuée par Hugues, cardinal au
titre de Sainte Sabine, et par Jean, archevêque de Vienne, et les parties
avaient approuvé par un acte passé à Annonay, dans l’Hospice de
Saint-Jean-de-Jérusalem (parchemins de la Bibliothèque d’Annonay).
Dans la suite le prieuré de Quintenas donna le domaine en accensement
perpétuel. En 1548, Charles Goyn reconnaît au prieur son mas de Lotoire,
contenant, indépendamment d’autres articles, 80 sétérées contiguës et payant
pour le tout 2 quartes de froment, 8 setiers de seigle et 3 setiers
d’avoine. Aux XIVe et XVe siècles, Lotoire est comme un hameau où habitent
les familles Brun et Bonnet. Puis le domaine passa à la maison noble de Goyn.
Jean Goyn de Lotoire "nobilis vir Johannes Goyni de la Outoyre", pour se
conformer aux dernières volontés de son père, noble Jean Goyn, et de sa
mère, noble Louise de Bozas, fonde, le 9 février 1492, en l’église d’Ardoix,
une messe qui y sera célébrée à perpétuité le jour de la fête de Saint
Barthélemy, apôtre. Jean 1er Goyn était marié à Louise de Bozas. Il
possédait aussi à Quintenas le domaine du Peyron qu’il vendit, en 1460, à
André Touchât. En 1478, il était exécuteur testamentaire de noble Claude du
Pont de Munas. La famille Goyn de Lotoire s’éteignit, en 1597, en la
personne de Justine Goyn. En 1623, Jean Le More est qualifié sieur de
Lotoire, et lorsqu’il marie, en 1635, son fils Jacques avec Marguerite
Boyronis, celui-ci prend dans le contrat la qualité de sieur de Lotoire. Les
Le More sont originaires du Velay. Christophe Moro testa le 2 février 1521
devant le notaire Pierre Gamon, dans le couvent des Carmes de Tournon. Il se
dit natif de Tence, seigneur du Besset et de Vieilherma-La-Tour. Il eut de
sa femme, noble Marguerite de Marcoulx, 5 enfants. M. E. Nicod termine la
généalogie des Le More à Jean-Jacques-Barthélemy Le More de Pignieu. Il se
fixa à Tain par suite de son mariage avec Marie-Suzanne Chalamel, fille de
Louis-André, avocat au parlement. Il fut capitaine de la milice bourgeoise
en 1789, et mourut en 1803. (1)
château de L'Hotoire 07290 Quintenas, propriété privée, ne se visite pas.
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