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La seigneurie de Bonnac a appartenu successivement
aux Durfort, aux Villemur, aux d'Usson et à l'Abbé de Monteils à la veille
de la Révolution. Malgré l'absence d'étude archéologique, il reste possible
de décomposer sommairement les différentes étapes de sa construction, liées
à ces transferts successifs de propriété. Gaspard de Villemur édifie sa
maison seigneuriale sur les murs en terre de la palissade évoquée dans un
acte de reconnaissance de 1494, en les doublant à l'extérieur. La tour
d'angle nord-est, par les similitudes de sa mise en oeuvre, paraît
contemporaine de la tour du clocher de l'église (fin XVe, début XVIe
siècle). De 1510 environ sont datables les deux cheminées monumentales de
brique conservées en rez-de-chaussée, similaires à celles du château de
Pailhès, propriété des Villemur. A cette date, l'essentiel du logis est en
place. Inhabité par la suite, le château est vendu en 1649 à François Dusson
de Bonrepaux. Salomon, son fils aîné, s'installe à Bonnac et en restaure les
ruines entre 1673 et 1685. A cette date est signalée une tour qui contient
la prison, rappelant que le seigneur est haut, moyen et bas justicier.
En 1683, Bonnac est érigé en marquisat par le roi. Par la suite, Salomon
réunifie l'enclos du château en rachetant et abattant les maisons qui
occupent la partie nord-ouest contre l'ancienne rue du Poussadou. Le
troisième marquis de Bonnac dit ""Jambe de bois"" a un rôle prépondérant sur
le développement économique et industriel de la localité. Mais son projet de
reconstruction du château n'aboutit pas. Il est enterré dans l'église en
1778. En 1785, l'Abbé de Monteils rachète les biens du marquis, restaure les
appartements et fait construire la chapelle (date portée). Après la
Révolution, le domaine du château passe entre les mains de la famille Charly
qui procède à quelques embellissements (porche d'entrée, perrons, extension
des communs, parc). La comparaison entre le plan du cadastre napoléonien
(1824) et le cadastre actuel fait apparaître quelques différences qui
portent essentiellement sur la cour intérieure.
Le château occupe un terrain compris entre le village et l'Ariège, qui
représente plus de la moitié de la surface du méandre. On accède au château
depuis la rue du Moulin par un porche monumental qui délimite la cour
intérieure sur son côté nord. Côté ouest, la cour est fermée par un grand
bâtiment de communs (chai, orangerie), côté sud par le logis. L'angle
nord-est de la cour est occupé par les anciennes écuries. Entre ces
dernières et le logis, côté est, la cour ouvre à présent sur la zone des
vergers par une large échancrure. Des traces d'arrachements sur le logis, en
départ d'arcs reposant sur des chaînes d'angles en brique, rappellent
l'existence d'un passage voûté monumental aujourd'hui disparu. Le logis
comporte un étage à pan de bois sur rez-de-chaussée maçonné, ce dernier
semi-enterré en raison d'une remontée du niveau du sol extérieur. On accède
à l'étage par un vaste perron. Sa façade nord, côté cour, est encadrée par
deux tours: une petite tour à l'angle nord-ouest, entre le logis et les
communs, une grande tour carrée à l'angle nord-est.
Sa façade sud, côté jardin, présente un corps de logis horizontal à sept
travées d'ouvertures en étage et un perron à deux volées symétriques placé
dans l'axe de l'allée du jardin. Une archère percée dans le mur sud du
logis, en rez-de-chaussée, permet de mesurer l'épaisseur du mur en terre
crue (un mètre), à nu à l'intérieur et doublé à l'extérieur par une fourrure
de 0,30 mètre d'épaisseur de galets, briques et mortier. Les parties basses
du mur de la façade nord et de la tour d'angle nord-est présentent la même
structure. La maçonnerie extérieure de cette dernière, faite d'assises de
galets et moellons calcaires alternant avec des rangs de briques, est
identique à celle du clocher de l'église. A l'est, en revanche, une grande
tour, construite au-dessus d'une vaste salle voûtée en sous-sol, est venue
se greffer sur l'ancien mur de terre qui s'interrompt, marquant bien
l'extension. La dépendance située sur le côté ouest de la cour montre des
reprises successives. Ses extensions sur la rue, comme celles des écuries,
se caractérisent par des ouvertures en demi-lunes.
Une fuye est signalée
dans les possessions du seigneur de Bonnac dès 1494, sans localisation
précise. Les inventaires du XVIIe siècle ne signalent pas de pigeonnier.
L'édifice construit dans le parc du château porte une date: 1731. Le
seigneur du domaine est alors le deuxième marquis de Bonnac, Jean-Louis
d'Usson. Le pigeonnier est édifié sur le terrain que Salomon d'Usson
souhaitait réunir à l'enclos du château : il avait en effet demandé aux
habitants de Bonnac la jouissance du chemin du Poussadou qui coupait sa
propriété en deux, ce qui provoqua la réaction opposée des habitants. En
2001, le propriétaire actuel du château a fait aménager un lotissement de
maisons individuelles dans le terrain situé autour du pigeonnier. Le
pigeonnier du château est situé dans la pente, sur un terrain placé au
sud-ouest du parc du château. De plan carré, il appartient au type à arcades
sur piliers de briques. Il comprend en élévation, un étage carré et un
comble à surcroît. Il est couvert d'un toit en pavillon. Sa façade
antérieure est orientée à l'est. Sur la clé de l'arcade un cartouche gravé
porte la date: 1731. (1)
château de Bonnac, rue du
Moulin, 09100 Bonnac, propriété privée, ne se visite pas.
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