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En 986, le lieu de Bulbonum est
donné par Adelaïs (des vicomtes d'Avignon) à l'abbaye Saint-André d'Avignon.
En 1003, la même renonce à ses droits sur le castrum de Burbone en faveur de
l'évêque d'Avignon. En 1005-1006, Aufant, des vicomtes d'Avignon, est la
souche des sires de Boulbon. En 1043 et 1054/1056 est citée la famille
éponyme avec Laugier de Boulbon, fils d’Aufant, témoin d’une donation à
l'abbaye Saint-André. En 1054, l'évêque d'Avignon établit un acte dans le
castrum. En 1059, le seigneur du castfellum est Bertrand de Boulbon,
seigneur de Mézoargues et de Boulbon. En 1094, Laugier de Bulbone, son fils
Guilhem et son parent Bertrand de Bolbone sont témoins d'une donation de
Saint-Victor de Marseille. En 1113, Guillem-Peire de Boulbon, "vicomte de
Mezoargues ", prête hommage au comte de Provence. En 1125, Guilhem de
Boulbon est dans lost du comte en Provence orientale. En 1133, Guillaume,
Alfant Rostang, Guillaume, Raimond-Guillaume et Laugier, vicomtes de
Boulbon, font une donation à l’abbaye de Frigolet. En 1147, Jaufre de Bolbo
prête hommage au comte de Provence à Tarascon. En 1150, Guilhem de Boulbon
est frère d’Aufant, vicomte de Mézoargues. En 1210, Robert de Boulbon épouse
Garsende, fille de Rostaing de Barbentane. En 1214, le comte
Raimond-Bérenger fait valoir ses droits suzerains sur la seigneurie. Le
château reste une coseigneurie où les Boulbon sont seigneurs-majeurs, mais
où les Alberti, Boucicaut, Arlantan, Saladin d’Anglure et Oraison ont des
droits; en 1214 les Bompart sont aussi coseigneurs du castrum Burbone. En
1220, les coseigneurs sont pour une part Bertrand Geoffroy et Guillaume
Bompart frères, une deuxième part est à Bertrand et Americ de La Tour,
neveux des précédents, une troisième part à Bérenger de Boulbon. En 1223,
durant la guerre contre les Albigeois et la maison de Toulouse, la garde du
château est confiée à l'Archevêque d'Arles à cause de la vacance du siège
d'Avignon. En 1248, Bertrand Calcamodis, coseigneur, prête hommage.
En 1251, le comte rachète l’engagère faite à Charles Chabert. En 1252, dans
l'enquête des droits du comte est signalé que celui-ci possède alors cinq
parts sur douze. En 1270, Raimond Calcamodis est coseigneur. En 1271, le 4
juillet, Rixende de Boulbon donne à son fils Bertrand sa part des
seigneuries de Boulbon et de Mezoargues. En 1281, Bertrand de Boulbon est
coseigneur. En 1295, Bertrand de Lubière, Bertrand Bompart et Guillaume de
Boulbon sont coseigneurs. En 1302, la juridiction est en partage entre le
roi-comte et Bertrand de Boulbon. En 1315, l'évêque d'Avignon, Bertrand de
Boulbon et Geoffroy de Barbentane sont coseigneurs de Boulbon. En 1329, la
division du terroir de Boulbon est portée à quatre parts, à la suite de la
cession d’une part par Jacques Gantelmi à Bertrand de Boulbon. En 1340 et
1350, Bérenger de Boulbon prête hommage pour sa part. Vers 1352, la
comtesse-reine Jeanne en cède une portion à son sénéchal Jean Gantelmi qui
en dote l’abbaye bénédictine qu'il fonde à Tarascon. En 1390, le château est
occupé par les troupes de Raimond de Turenne qui y tient prisonniers deux
cardinaux (il les rançonne après cinq mois pour 12000 sous). En 1393, le
maréchal Jean de Boucicaut achète le château lors de son mariage avec la
fille de Raimond de Turenne. Le contrat stipule que le château sera ouvert à
Raimond de Turenne. En 1399, à la mort de Turenne, le comte de Provence fait
reprendre le château. En 1422, le 28 mars, le roi-comte est contraint de
restituer les régales à Geoffroy Le Meingre, dit Boucicaut, sur les lieux de
Boulbon et du Luc dans le Var. En 1437, le roi-comte confirme à Louis Le
Meingre-Boucicaut et à ses successeurs les seigneuries de Boulbon,
Pélissanne, Les Pennes et le péage de Bouc. En 1440, Louis Le Meingre fait
hommage au comte pour Boulbon, Saint-Pierre de Mézoargues, Les Pennes, le
péage de Bouc et une partie de Pélissanne. En 1450, Louis de Saint-Bonnet
est capitaine du castrum Burbonis. En 1451, Manon de Poitevin est nommé
capitaine du chastel de Burbon pour Isabelle de Poitou, dame de Boulbon,
veuve de Geoffroi Le Meingre dit Boucicaut.
Les inventaires du XVe siècle signalent parmi le mobilier: des tables en
cyprès (ayssipres), des bancs en chêne, des coffres en noyer à serrures
(sera, serrayes), des lits à ciel garnis de couvertures (cortines, flassadas),
des chandeliers en laiton et en fer, une armoire. En 1451, l'armement se
compose de : une guisarme (juzarma), un barbude (barbaruda), deux épieux,
deux bacinets à visière (visieras bassinetorum), deux gaines pour porter des
torches, un targon ou bouclier à surface convexe à l'usage des
porte-bannières peint en noir et orné de feuilles de trèfles, deux
avant-bras d’armure d'enfant, six coussinets servant à rembourrer la
cuirasse (coyssinet), un vieux gorgerin de mailles (vefus gorjayrum de malha),
un petit bouclier rond (scut parvum rofundum), deux haches d'exercice en
bois, une hache à bec de faucon, 22 lances, 2 brigandines, 1 armure
complète. 2 arbalètes en bois, 1 arbalète à tour, 1 arbalète à tour brisée,
2 arbalètes à pied, 3 arbalètes incomplètes, 3 carreaux d'arbalète à fer
barbelé, 4 garrots ou gros traits d'arbalète, des caisses de flèches pour
viretons, certaines avec, d’autres sans fer, 2 baudriers blancs dont l’un
muni de crochets et de boucles, 2 tours, deux bancs de rempart pour les
arbalétriers, 3 petites bombardes dont une brisée, 68 espingoles, 1 caisse
de poudre pour bombarde, 1 canon de plomb. En 1455, Jean d’Arlatan achète
Boulbon à Louis Le Meingre dit Boucicaut. En 1457, le roi René rachète le
castrum de Bulbone à Jean d'Arlatan. En 1586, le château résiste à la Ligue.
En 1608, la seigneurie est érigée en comté en faveur de René de Rousset qui
restaure et modernise le château. En 1646, Lucrèce, fille d’Alphonse
d'Oraison, comte de Boulbon, épouse Joseph d’Agoult, seigneur de Roquefeuil.
Château-fort ruiné, construit à la fin du XIIe siècle, sur un rocher
dominant le village et la plaine de la petite Crau, à 52 mètres d'altitude.
Un donjon rectangulaire de 7,50 X 6,35 mètres a un parement régulier à la
base (fin XIIe ou XIVe siècle) et une maçonnerie peu soignée chaînée aux
angles dans la partie supérieure (XIVe siècle). Il est divisé en quatre
niveaux: les deux inférieurs, taillés dans le rocher sur les faces
septentrionale et occidentale, sont voûtés en berceau; les deux supérieurs
(dont le niveau a été surhaussé d’un demi-mètre) sont séparés par un
plancher. Vers 1400 le mur oriental et l'angle sud-est ont été doublés à
environ trois-quarts de la hauteur par une haute et imposante maçonnerie,
sorte de bouclier épais de 2,70 mètres muni de mâchicoulis: dans
l'épaississement créé par cette maçonnerie, a été ménagé un escalier pour
accéder au parapet. Le couronnement a été modifié à plusieurs reprises à la
fin du XIVe et au XVe siècle. Une enceinte polygonale, épaisse de 1,60
mètre, dont le tracé suit l'irrégularité du socle, clôture une cour dont le
grand axe mesure environ 45 mètres et dont la largeur varie de 9 à 15
mètres. De l'extérieur on voit une haute muraille renforcée de tours, mais à
l’orient, l'appareil ne fait qu’habiller le rocher qui affleure à
l'intérieur assez près du chemin de ronde. Une enceinte extérieure de tracé
bastionné a été réalisée à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle. Deux
séries de braies à l'orient ménagent de vastes cours. Une barbacane
rectangulaire précède l'entrée près du donjon au midi; l'accès se fait par
un étroit escalier taillé dans le rocher. La passerelle du pont-levis a fait
place à un escalier au XIXe siècle. Les logis ont été reconstruits aux XVIe
et XVIIe siècles. (1)
Éléments protégés MH: le château de Boulbon (ruines) : classement par
arrêté du 2 janvier 1976.
château de Boulbon 13150 Boulbon, propriété privée, ne se visite pas,
accès aux ruines interdit (danger d'éboulement).
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