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Au début du XIe siècle, le
lieu est cité villa. Vers 1057, le castellum Sancti Marcelli est aux
vicomtes de Marseille. En 1130, une famille éponyme est citée avec Aicard et
Guillem de Saint-Marcel, qui sont châtelains d’Allauch pour le Chapitre de
Marseille. En 1164, Uc de Saint-Marcel est chanoine de Marseille. En 1175,
les petits-fils d'Aicard de Saint-Marcel, surnommés Anselme, sont châtelains
d’Allauch. En 1212, lors du partage de la vicomté de Marseille entre
Roncelin et ses nièces Mabile (épouse de Giraud Adhémar) et Barrale (épouse
d’Hugues de Baux), la part de Roncelin comprend le tiers d’Aubagne et les
châteaux de Julhans, Mazaugues, Roquefort et Saint-Marcel. La même année, le
vicomte Roncelin de Marseille donne le château à l'abbaye Saint-Victor.
Entre 1215 et 1220, les sires de Baux s'opposent à l’abbaye Saint-Victor
pour l'empêcher d'entrer en possession de l'héritage de Roncelin, confirmé
par le pape en 1212, mais qu’ils cherchent à s’attribuer. Ils appuient les
chevaliers de Saint-Marcel qui refusent d'ouvrir le château et de
reconnaître la suzeraineté de l’abbaye. En 1218, les évêques de Riez et
d'Antibes mettent à exécution la bulle du pape Honorius III en remettant à
l’abbaye Saint-Victor la donation du vicomte Roncelin, dont le castrum
Saint-Marcel; ils menacent d’excommunier les chevaliers de Saint-Marcel qui
s'y opposent. En 1220, la paix est rétablie et Bertrand de Baux renonce à
ses prétentions sur Saint-Marcel, mais il obtient en compensation de sa
renonciation le fief de Julhans, Roquefort et un tiers d’Aubagne, qui lui
sont inféodés en 1223. En 1230, l'évêque de Marseille, assisté de l'évêque
de Fréjus, remet au comte les châteaux de Saint-Marcel, Aubagne, Roquefort,
Brégançon et Hyères; la garde des trois premiers est confiée à l'évêque de
Marseille, celle des deux autres à l'évêque de Fréjus. En 1243, Gilbert de
Baux fait hommage au comte pour le château. En 1245/1246, la comtesse
Béatrice, héritière de Raimond-Bérenger V, restitue à Barral de Baux les
châteaux de La Cadière, Le Castellet, Ceyreste et Roquefort, en échange
Barral lui fait hommage pour le château de Saint-Marcel et pour ses droits à
Mazaugues et Seilions. En 1252, l'enquête des droits du comte ne signale
aucun droit à Marseille (dont la commune est alors hostile à Charles 1er);
il en va de même pour les castrum voisins: Saint-Marcel (et Allauch,
Aubagne, Le Beausset, La Cadière, Ceyreste, Gémenos, Gréasques,
Saint-Zacharie, Orvès, Peypin, Roquefort, Saint Savoumin, Saint-Zacharie).
Entre 1257 et 1262, les Marseillais s'emparent du château à l'occasion des
hostilités qui les opposent à Charles 1er, le fossoyeur des Consulats
urbains. La guerre dure jusqu'à la paix de 1262. Marseille doit reconnaître
la suzeraineté du comte sur la ville de Marseille et le château de
Saint-Marcel: elle doit restituer au comte des meubles et des armes qui se
trouvaient dans le château. En 1267 est cité un chapelain de la chapelle
castrale. En 1287 est mentionnée l’église Saint-Michel de fortalicio San
Marcelli. En 1324, les vassaux de Hugues de Baux prêtent hommage au comte de
Provence pour Aubagne, Saint-Marcel et Roquefort. En 1356, Guibert Terrici
est châtelain et bailli de Saint-Marcel pour Raimond II de Baux, comte d’Avellin.
En 1357, Antoine de Baux fait du brigandage depuis le château; en 1358, pour
cette raison, le sénéchal de Provence permet aux Marseillais, qui ont été
spoliés, d'attaquer le château et si nécessaire de le détruire par le feu.
Marseille conquiert la place et la reçoit en don de la reine-comtesse
Jeanne. En 1360, les Marseillais font hommage du château à la comtesse. En
1363, Marseille rend le château à Bertrand de Baux, comte d'Avellin. En
1385, François de Baux fait hommage à la comtesse-reine Marie pour
Saint-Marcel. En 1426, après l'extinction de la famille de Baux, la
seigneurie d'Aubagne, avec Saint-Marcel (et d'autres châteaux) est annexée
par le comte. En 1437, le roi René confirme à Charles de Castillon son
acquisition de la baronnie d'Aubagne avec Cassis, Roquefort, Saint-Marcel,
Le Castellet pour 5000 florins.
Le château-fort de Saint Marcel, construit au XIIe siècle, est situé à l'est
de Marseille, près de la RN-8, dans la vallée de l'Huveaune, sur une barre
rocheuse abrupte, près de la chapelle Notre-Dame de Nazareth. Enceinte
polygonale à flanquements circulaires dérasés. Au midi, la tour la mieux
conservée, semi-circulaire à l'extérieur et ronde à l'intérieur, haute
encore d'environ huit mètres, a un mur épais de deux mètres et un diamètre
total de sept mètres. Les maçonneries sont en bel appareil régulier, de
format moyen à face éclatée, avec des joints de mortier sans cales
apparentes. La courtine méridionale, large de 1,45 mètre, a été doublée d’un
mur de 1,80 mètre. Les restes d’une citerne, dont l'étanchéité est assurée
par un mortier de tuileau, sont visibles au sud-ouest. Accès par un petit
sentier à partir de la prolongation du boulevard de la Forbine, montée raide
sur le flanc nord. (1)
château de Saint Marcel 13000 Marseille, vestiges visitables.
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