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En 871 est citée la villa
Salone. En 921 est mentionné le castrum de Sallone. Les quatre plus anciens
châteaux du comté d’Arles sont tous construits sur des fiscs par l'évêque:
Vernègue sur le fisc d'Alleins, Salon sur le fisc de Grans, Istres sur le
fisc d'Ugium, Fos sur le fisc de Fossae Marianae. En 1143, Pierre de
Lambesc, allié par sa femme Alasacie aux sires de Baux, cède le castrum à
l’archevêque d'Arles en échange de Vemègue et d'Avallon. En 1144, l'empereur
Conrad III de Hohenstaufen confirme les droits de l'archevêque d’Arles sur
le castrum de Sailone. Vers 1158, l'empereur Frédéric 1er, roi de
Bourgogne-Arles, confirme à l'archevêque d'Arles ses droits sur le quart
d'Arles et les seigneuries et châteaux de Fos, Trinquetaille, Salon,
Saint-Chamas, Montdragon et autres… En 1159, le vicomte Hugues-Geofroi de
Marseille vend à l'archevêque d'Arles tous ses droits sur le château de
Salon. En 1192, Guillaume Porcelet prête serment de fidélité à l'archevêque
d’Arles pour le castrum de Sallone (et le castrum Sancto Amantio). Vers
1203/1212, Guillaume Porcelet prête le même serment de fidélité à
l’archevêque. En 1219/1220, le château est reconstruit par l'archevêque
d'Arles Hugues II; on mentionne alors la camera sale veteris de l'archevêque
dans le castrum Sallonis. En 1225/1226, le comte Raimond-Bérenger V
reconnaît les droits de l'archevêque d'Arles sur Salon. En 1227, un acte est
établi dans l’aula nova. En 1232, Raimond-Bérenger V exonère des péages
comtaux récents les châteaux de l’archevêque d'Arles, dont celui de Salon.
En 1233-1258, des travaux sont réalisés par l'archevêque Jean de Baux. En
1240, un acte est établi dans la salle neuve (in arce archiepiscopali, in
aula nova). Au XIIIe siècle, Salon est le principal centre des seigneuries
rurales de l'archevêque; il y a toutes les juridictions et c’est là que
siège sa cour temporelle. En 1252, l'enquête des droits du comte ne signale
aucun droit à Salon.
En 1341, un inventaire donne comme armement: 20 arbalètes, 6 écus blancs, 6
écus vieux, 7 baudriers pour tendre les arbalètes, 1 tour pour tendre les
grandes arbalètes, 5 carquois de cuir, 2 écus vieux ornés de l’aigle, 1 écu
avec mitre et crosse, 22 armures couvertes de toile de lin, 25 gorgerins, 1
aigle de fer et comme mobilier: 1 coffre ancien en noyer, 1 coffre rempli de
linge, 4 coffres en sapin, 2 coffres à pieds, 1 long coffre, 2 coffres avec
des écrits, 1 armoire en bois contenant des archives, 2 dressoirs, 27
petites tables (tauleyrones), 13 grandes tables, 1 table fendue, 8 sièges, 1
cathèdre peinte, 2 sièges archiépiscopaux brisés, 1 petit autel de bois
portatif, 1 grand chaudron, 1 poëlon de cuivre, 4 brocs à vin, 2 candélabres
de fer, 1 grand chandelier de cuivre. La literie: 12 matelas (dont 3 usés),
4 matelas de plume, 6 draps, 5 oreillers de plume, 6 coussins (dont 2 usés),
2 couvertures de lit de drap vert, 1 de drap jaune, 5 draps sans valeur, 3
fourrures de peau de renard, 2 fourrures de peau de lapin, et 1 gros livre.
Dans la prison: 5 fers pour pieds (compedes), 2 fers à mains (manicas), 1
marteau, 4 anneaux. De 1374 à 1388, des travaux sont réalisés pour
l’archevêque Pierre de Cros. En 1396, on remet en état les frabucs et
bombardes de Grambois et Salon; on envoie quérir en Piémont un maître pour
faire un autre trabuc et une bombarde; ces engins pèsent huit tonnes et
lancent des pierres de 300 kg. De 1450 à 1463, le château est modifié par
l'archevêque Pierre de Foix. Au XVIe siècle, des logis sont reconstruits par
l’archevêque Jean Terrier. Vers 1585, la porte actuelle est refaite par
Henri d'Angoulême, gouverneur de Provence. Un corps de garde est de 1656...
Château-fort, dit L'Empéri, construit au XIIIe siècle, sur un plateau
rocheux à pic, au plus haut de la ville, à 90 mètres d'altitude. Une
enceinte oblongue de 170 X 50 mètres est divisée en trois parties. Une vaste
basse-cour précède l'entrée ouverte au midi, petit châtelet carré flanqué
d’une haute tourelle de guet (XIIIe siècle) dont le couronnement crénelé est
en saillie sur une corniche moulurée. Le fossé qui l’isolait a été comblé en
1860. Le donjon carré est une grosse tour qui a son rez-de-chaussée voûté en
berceau brisé et ses trois étages planchéiés; le parapet du couronnement est
sur mâchicoulis. Il est élevé ou remanié à la fin du XIVe siècle (vers
1374-1388). Ses grandes fenêtres du premier étage sont ouvertes vers
1499-1521. L’accès à la "cour haute" se fait sous la voûte en berceau du
châtelet, puis par un passage couvert de dalles. Au sud (à gauche en
entrant), le logis s'élève sur une cave creusée dans le rocher et voûtée
d’un berceau surbaissé renforcé par deux doubleaux; le rez-de-chaussée est
couvert de voûtes d’arêtes du XVIIe siècle et la pièce haute plafonnée à la
française. À l'est et au nord, la cour est close par des bâtiments du XVIe
siècle dits "appartements de la reine Jeanne" qui s’appuient sur l'enceinte
du XIIIe siècle. À l'ouest, un bâtiment du XIVe siècle borde le rocher à
pic. Son rez-de-chaussée est une salle de vingt sur sept mètres plafonnée à
la française. Il est surmonté de deux étages. La partie la plus
septentrionale du site, autour de la dernière cour, est aussi la plus
ancienne. Elle remonte au XIIe siècle. Elle comprend la chapelle, des logis
(à l’ouest et à l’est) et la base d’une tour du XIIe siècle. Son côté nord
est occupé par un bâtiment (17 X 5,30 mètres) du XIIIe siècle, qui fut
flanqué d’une tourelle carrée contenant un escalier en vis dont on voit la
base à l'extrémité orientale. (1)
Éléments protégés MH: le château de l'Empéri : classement par arrêté du 10
septembre 1956.
château de l'Empéri 13300 Salon-de-Provence, tel. 04 90 56 39 23, musée
d'art et d'histoire militaires, ouvert au public, visite tous les jours
(sauf le mardi et certains jours fériés) de 10h à 12h et de 14h à 18h.
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Monsieur Davric pour les photos qu'il nous a adressées pour illustrer cette
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jour dans ce département. |
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