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Chambres était un très ancien fief qui relevait du doyen du monastère de
Mauriac. La seigneurie s'étendait sur le village de Chambres, qui se
composait de plusieurs mas, et sur le village de Laroche-Boussac. Il y avait
aux XIIe et XIIIe siècles une famille de Chambres. En 1140, Etienne de
Chambres donna aux moines de Doumis le prat d'Ausa, aujourd'hui Esprat, avec
ses dépendances, à condition que ses filles seraient reçues au monastère d'Obazine.
Avant l'année 1270, la seigneurie de Chambres passa dans la maison de
Montclar, par le mariage de Gaillarde de Chambre avec Rigaud de Montclar; ce
dernier fit son hommage au doyen, le vendredi après l'octave de la Pentecôte
de l'année 1270. Cet hommage fut renouvelé par Hugues de Montclar, en 1285;
par Eble de Montclar, en 1288; par Aymeri de Montclar, en 1294. Gaillarde de
Montclar, fille d'Aymeri, fut mariée deux fois; en premières noces, avec
Aymar de Barmont, seigneur du lieu, dans la Marche, qui fit son hommage au
doyen de Mauriac en 1545; et, en secondes noces, avec Guillaume de Noailles,
seigneur de Noailles et de Nohaillac, fils d'Hélie et de Douce d'Astorg. En
1564 Hélie II de Noailles était en possession des terres de Montclar et de
Chambres. En cette année, il fit hommage de la seigneurie de Montclar à
Guillaume Roger, comte de Beaufort, vicomte de Turenne et seigneur de
Charlus Champagnazès. Le 15 septembre 1478, Jean de Nohailles, fit hommage
du château et de la seigneurie de Chambres au doyen de Mauriac. Jean de
Noailles mourut au château de Cbambres en 1479. La même année il légua à
l'église du Vigean dix sols de rente annuelle pour son obit et celui de
Jeanne de Gimel, son épouse. Antoinette de Saint-Exupery, femme d'Aymar de
Noailles, donna quatre vingts livres à l'église du Vigean pour la fondation
d'une messe, le mercredi de chaque semaine.
Avant 1370, sous le règne de Charles V, Albert de Montvert; chevalier, et
Pierre, damoiseau, exposèrent au roi qu'Elie de Noailles avait livré aux
Anglais les châteaux de Chambres et de Montclar; sur cet exposé, ils avaient
obtenu à leur profit la confiscation de ces deux places. Le pape Grégoire XI
intervint en faveur d'Elie de Noailles. Sur sa recommandation, le roi fit
mainlevée de la confiscation, et, par des lettres données à Orléans, il
ordonna à ses officiers de le remettre et de le conserver en possession de
ses biens. De son côté, Elie de Noailles soumit à l'obéissance du roi ses
châteaux de Montclar et de Chambres, et s'engagea a n'y entretenir que des
capitaines, sujets de ce prince. Peu d'années après, les grandes compagnies
s'étaient saisies du château de Chambres; la prévôté de Mauriac, fatiguée de
ce voisinage, vota pour sa délivrance une somme de 1000 livres. Ce traité
fut ratifié par les trois états réunis à Aurillac le 13 mars 1377. La
famille de Noailles est demeurée propriétaire de la terre de Chambres
jusqu'à sa confiscation, lors de la première révolution. Les biens qui en
dépendaient furent vendus nationalement. Après la révolution , la plupart
des acquéreurs traitèrent avec la famille de Noailles et firent ratifier les
ventes au moyen du paiement d'une certaine somme réglée a l'amiable. Les
terres que la maison de Noailles possédait dans la Haute-Auvergne étaient
nombreuses et considérables. Mais les seigneuries de Montclar et de Chambres
furent les premières, et pendant longtemps, les seules qu'elle eût dans ce
pays. Cette illustre maison se confond avec celle de la France, et son
élévation à été justifiée par les services éminents que ses membres ont
rendus dans l'église, l'armée et la diplomatie. Au XIXe siècle elle était
représentée par M. le duc de Noailles, ancien pair de France, membre de
l'académie française.
Le château de Chambres, dont le principal corps de logis, flanqué de trois
tours, a été conservé, a été remanié à diverses époques. On remarque encore
dans les murs des portions d'arceaux en plein-cintre. Tout le reste paraît
être du XVe siècle. La grande salle est encore entière. On voit sur une
énorme cheminée les armes de la maison de Noailles; de gueules à la bande
d'or. Le château était isolé au sud-ouest et au nord-ouest par un fossé; il
était protégé aux autres aspects par des remparts; l'entrée était défendue
par une antique tour carrée qui a été abattue pendant la révolution. La
chapelle, qui était du XIIe siècle, a été transformée en salle d'école. (1)
château de Chambres, rue du Château, 15200 Le Vigean, propriété privée, ne
se visite pas, visible de la rue.
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