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Pontlevin doit être une déformation de "Pontlevis".
Dans un fond de vallée où l'eau est toujours largement présente, un
pont-levis (dont il ne reste rien), pouvait être l'élément principal de la
défense et de la symbolique seigneuriale. Comme le fief de La Chapelle, les
terres de Pontlevin dépendaient, sous l'Ancien Régime, de l'abbaye de
Saint-Cybard d'Angoulême. Pour ce qui concerne les constructions, comme la
succession des propriétaires, rien n'apparaît avant le XVe siècle. Ses
propriétaires s'appelaient alors du nom de leur domaine; Pontlevin, puis, au
XVIIe siècle, les Guy de Ferrière qui, eux aussi, prirent le nom de
Pontlevin. C'est dans les mains de cette famille que resta le logis jusqu'en
1779 (pour les détails de succession, consulter, comme toujours pour cette
région, le "château d'Ardenne" de l'abbé Tricoire). Au XVIIIe siècle, la
redevance à l'abbaye de Saint-Cybard semble être versée avec de plus en plus
de difficultés par les possesseurs de Pontlevin. Cela est attesté par le
registre paroissial, avec, en 1677, le refus d'inhumer à Champmillon,
l'épouse de Pierre Guy de Ferrière, Anne Faligon, "suite aux contestations
entre le seigneur-abbé et Saint-Cybard et le sieur de Pontlevin". L'affaire
purement financière se double, comme souvent à cette époque, d'une affaire
de préséances: les seigneurs de Pontlievin revendiquent la sépulture dans le
chœur de l'église... De son côté, Saint-Cybard, ruiné par les guerres de
religion et par des procès entre la communauté des religieux et leur abbé
commendataire, est très sensible à ses revenus. En fait, il s'agit là d'une
politique du panier percé, qui suffit juste à entretenir l'illusion d'un
prestige révolu, auquel plus personne ne peut croire. C'est ce que les
sieurs de Pontlevin signifiaient.
Le dernier seigneur de Pontlevin fut François-Guy de Pontlevin (1702-1779)
qui épousa Françoise de Polignac. A sa mort, Pontlevin fut donné à ferme, et
vendu peu après. Pontlevin a donc deux ensembles de construction distincts.
Le plus ancien est le plus intéressant mais aussi le moins important. Il ne
reste qu'un mur en ruine du logis du XVe siècle. Il est entièrement
recouvert de lierre qui le maintient debout. Se voient toujours, une
tourelle en encorbellement dans un ancien angle arrondi de la bâtisse, des
fenêtres caractéristiques de l'époque, c'est-à-dire chanfreinées et à
meneaux. Le plan cadastral de 1828, nous montre encore l'ancien castel du
XVe siècle, sans doute dans son intégralité, avant sa démolition presque
totale, et la construction qui l'a remplacé. La construction nouvelle se
situe dans le prolongement des anciens murs. Cependant, cette
démolition-reconstruction n'a pu intervenir avant 1830. Seuls les bâtiments
de ferme, anciennes dépendances du château, furent reconstruites dans ces
années révolutionnaires par les nouveaux propriétaires qui abandonnèrent le
vieux château. La grande maison de maître, couverte d'ardoise, illustre
plutôt une bourgeoisie paysanne louis-philipparde et nous renvoie bien sûr
après 1830. Ceci dit, l'ancien plan nous apprend que Pontlevin (version XVe
siècle) avait une tour en avant du corps de logis (à l'est), dans la cour;
sans doute contenait-elle l'escalier à vis. Une autre tourelle d'angle est
aussi représentée devait ressembler à celle toujours visible dans les
ruines. (1)
château de Pontlevin, rue de
Pont Levain, 16290 Champmillon, propriété privée, ne se visite pas, visible
de la rue.
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