|
La
seigneurie de Chillac existe déjà au XIe siècle. Le cartulaire de l'abbaye
de Baignes en fait foi, mentionnant la présence de Guillaume, seigneur de
Chillac, à la consécration de l'église de Passirac par l'évêque de Saintes,
en 1077. Plus tard, au XIIe et XIIIe siècles, on trouve encore dans le même
cartulaire, les noms de R. de Chillac, chevalier et de E. de Chillac. En
1285, les châtellenies de Chillac et de Coiron en Bardenac relèvent de
Barbezieux. A la fin de la guerre de Cent Ans les Brémont sont seigneurs de
Chillac et Coiron; et comme leurs voisins de Montboyer et Chalais, arrentent
aux paysans leurs terres dévastées par la guerre. C'est ainsi que le 27 mai
1463, "noble homme Geoffroy Brémont, écuyer, seigneur de Chillac, arrente à
Guillon de Bosson, laboureur, demeurant à Bardenac en la dite châtellenie de
Barbezieux, le moulin de Bosson, le garde du sceau en la ville, chastel et
châtellenie de Barbezieux, agissant pour noble et puissant seigneur,
monsieur du dit lieu". En 1464, Brémont du Puy, de la branche des Brémont de
Saint-Aulaye, seigneur de Chillac, marie sa fille Philippa à Jean de la
Touche dont les descendants seront possesseurs de Chillac jusqu'en 1702,
date de la mort de François de la Touche. Sa veuve se remarie en 1712 avec
Charles d'Alloue, seigneur des Adjots et de Boisredon. Leur fille épouse
Alphonse Donissan, marquis de Citran. Un fils Guy Joseph, issu de ce
mariage, sera l'un des chefs de l'insurrection vendéenne sous le nom de
Comte de Citran. La terre de Chillac demeurera néanmoins la propriété des
Donissan. Le château est vendu en 1806 à Jacques Frichon Lamorine, maire de
Barbezieux. Sa fille en hérite en 1833. Plus tard, en 1852, la mésentente
entre les héritiers amène la vente au tribunal de Barbezieux. Jean Fournier,
cultivateur à Condéon, en prend possession. Ses petits-enfants revendront à
M. Cottineau, notaire et grand-père du propriétaire actuel, M. Hurtaud.
Le château de Chillac situé sur une hauteur, surplombant la vallée à la
limite du village, est formé de deux parties distinctes et fort différentes
réunies par une terrasse. La partie la plus ancienne et la plus originale
dans sa construction, date du XVe siècle et affecte la forme générale d'un
triangle. Trois tours rondes, coiffées de hauts toits coniques recouverts de
tuiles plates, en marquent les angles et s'élèvent avec élégance au-dessus
du toit. La tour orientale, plus grosse que les autres, avec son toit en
poivrière incroyablement étiré, ajoute au charme de l'ensemble. Les murs
nord et ouest qui reposent sur un soubassement plus ancien percé de
meurtrières, s'ornent de belles fenêtres à meneaux. Du côté de la cour
intérieure, les décrochés de la muraille, la tour à pans coupés qui occupe
le milieu, les linteaux de portes en accolade, les fenêtres à moulures
forment un ensemble des plus harmonieux dont la beauté est encore rehaussée
par les chaudes couleurs ocrées et roses du matériau employé tant pour les
mœllons que pour les pierres appareillées. Il s'agit du "grison" que l'on
trouve en énormes blocs dans les sables de la lande et qu'on a beaucoup
utilisé dans la région de Brossac, avant le XIXe siècle. À l'intérieur, côté
ouest, deux longues salles, l'une au-dessus de l'autre, ont conservé à
chaque extrémité leurs cheminées de pierre à manteau droit, légèrement
mouluré, ainsi que leurs plafonds à grosses solives serrées. La tour à pans
coupés renferme un escalier en vis qui dessert les étages et la cave; la
partie basse a toujours ses larges dalles de pierre brute. Dans la grande
tour orientale, la salle du premier étage a conservé son ancien carrelage à
petits carreaux de terre cuite posés sur une épaisse couche d'argile et une
jolie cheminée de pierre aux proportions de la pièce. Le petit bâtiment
carré, au toit à quatre pans, qui flanque la grosse tour, cache un escalier
étroit aux marches de bois donnant accès aux différents étages.
Le deuxième château date du XVIe siècle. Son architecture est plus simple.
Deux rangées de fenêtres à meneaux ornent la façade et le côté nord qui
donne sur une terrasse. Une très belle porte de style renaissance s'ouvre
dans la tour hexagonale qui contient un escalier en vis, à marches de bois.
Cette tour a été dérasée ainsi que l'échauguette qui y est accolée et leurs
toits confondus avec celui du corps de bâtiments couvert de tuiles creuses.
Un pavillon carré, à l'angle nord-ouest, donne de l'allure à l'ensemble. La
suite du bâtiment du côté de l'est date du XIXe siècle mais repose sur un
soubassement ancien épaulé de beaux contreforts en pierre de grison, ce qui
fait supposer que la construction du XVIe siècle était très importante. A
l'intérieur de ce château, au premier étage, on peut admirer une splendide
et monumentale cheminée à sculptures fortement en relief. Il faut noter que
les parties extérieures des cheminées ont été détruites vraisemblablement au
cours du XIXe siècle. Le portail d'entrée, au chevet de l'église, date du
XVIIe siècle. N'oublions pas non plus le puits qui donne vie à la cour, avec
son entourage de bois et son toit pyramidal recouvert d'ardoises, ni le
"timbre" de pierre qui l'accompagne. Élégance et harmonie de l'ensemble,
justes proportions, simplicité et noblesse des lignes font qu'on ne se lasse
pas de regarder et d'admirer ce magnifique château. (1)
Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château : inscription
par arrêté du 16 mai 1961.
château de Chillac 16480 Chillac, propriété privé, ne se visite pas,
visible de l'extérieur.
Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents
concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous
constatez une erreur, contactez nous. Nous remercions chaleureusement
Messieurs Rosier et Jack Ma pour les photos qu'ils nous ont adressées afin
d'illustrer cette page.
A voir sur cette page "châteaux
de la Charente" tous les châteaux répertoriés à ce
jour dans ce département. |
|