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Le château trouve ses origines
dès l'époque gallo romaine lorsque déjà, le massus de La Truncheda
protégeait Angoulème de ses envahisseurs. Surpomblant la vallée de l'Anguienne,
La Tranchade grâce à sa position d'avant garde idéale a conservé pendant
plusieurs siècles son statut de puissante place forte. Au XIe siècle,
l'abbaye de St Cybard devient propriétaire du château et de tous ses
environs et les confie plus tard à Aymard de Pressac qui construit en 1396
le donjon. Cédé à Baud de Saint Gelais en 1492, le château est vendu en 1573
à la famille Nesmond qui entame une série de modifications afin de
l'agrandir et le rendre plus confortable, selon ce que la Renaissance a
apporté comme goût pour les habitations luxueuses. Au XVIe siècle, avec les
pierres tirées du creusement des douves, sont élevés la poterne et le chais
et de chaque côté du donjon, l'aile Est au XVIe siècle, et un peu plus tard
l'aile Nord. Le 27 avril 1753 la terre noble de la Tranchade fut vendue à la
famille de Nesmond. Leurs armes sont gravées dans la paroi des douves.
François de Nesmond I fut conseiller du roi et lieutenant général
d’Angoumois et son fils Francois de Nesmond II conseiller de la commune
d’Angoulême. Cette famille dont la branche aînée s’éteignit au début du
XVIIe siècle s’éleva au plus hautes dignités de l’église et de la
magistrature donnant à l’Etat un archevêque membre de l’Académie française
et plusieurs présidents des ¨Parlements de Paris et de Bordeaux et aussi un
lieutenant-général des armées navales. Pendant plus d’un siècle les Nesmond
embellirent le château. On leur doit les deux ailes renaissance : l’une de
style italien, l’autre ornée de faux mâchicoulis. Ils firent aussi édifier
la porte fortifiée qui à l’origine précédait un pont-levis remplacé plus
tard par un pont au-dessus des douves. L’écusson des Nesmond gravé dans la
pierre fut martelé par les propriétaires suivants. Dans la cour une chapelle
(souterraine) était probablement au moyen-âge reliée directement au château.
Marie Nesmond dame de la Tranchade fille unique du dernier François de
Nesmond épousa en premières noces Jean de Rochechouart marquis de Saint
Victurnien, (fils de René baron de Mortemar) dont elle n’eut point
d’enfants. Elle se remaria à Armand Belcier. Charlotte leur fille unique
apporta la terre de La Tranchade dans la famille d’Aydie. Le château revint
aux Normand de la Tranchade grâce à Monsieur Vaslet avocat à Angoulême, qui
en fit l’acquisition le 15 décembre 1816. Il était le beau-père de Joseph
Normand de la Tranchade. Ce dernier avait épousé Marguerite Ausone Vaslet
dont il eut 10 enfants. Il fut maire d’Angoulême de 1837 à 1855. En 1852 il
accueillit Le prince Louis Napoléon qui devait devenir le futur Napoléon III
venu inaugurer la ligne de chemin de fer Bordeaux-Angoulême. A cette
occasion, Mademoiselle de La Tranchade ouvrit le bal avec le futur empereur
lors des festivités offertes à cette occasion par la ville d’Angoulême. A la
réception se trouvait convié un hôte célèbre Alfred de Vigny. En 1890 la
crise du phylloxera ruinera le vignoble du domaine. La terre de la Tranchade
ainsi que le château sont restés dans le patrimoine des Normand de la
Tranchade jusqu’en 1929.
Dans ses souvenirs du règne de Louis XVI (1852) Daniel de Cosnac (prélat
attaché à la maison du prince de Conti) raconte : "à une lieue d’Angoulême,
le château de la Tranchade, situé dans une position escarpée, entre deux
précipices, enveloppés eux-mêmes par des marais, était occupé par un
détachement des troupes des princes, composé de cent vingt hommes sous les
ordres de trois capitaines. Cette petite garnison était, pour ainsi dire,
inexpugnable et commettait de terribles ravages aux alentours. Le marquis
s’attacha à surprendre et à détruire les détachements qui s’aventuraient au
dehors ; une de ses embuscades fut si bien dressée, que la petite colonne de
sortie fut détruite en partie et le reste dissipé de manière à ne plus
pouvoir rentrer dans la place. Le château se trouvant ainsi dégarni de la
plus grande partie de ses défenseurs. Le marquis s’avança avec deux pièces
de canon ; la garnison, devenue trop faible, n’attendit pas son attaque, et
il put, sans coup férir, prendre possession pour le roi de ces murs
redoutés. Il y plaça un détachement de ses propres soldats ; mais ce château
appartenait au marquis de Mortemart, qui demanda à être remis en possession,
et obtint à cet effet autorisation de la cour pour y rentrer. Montausier ne
se hâta pas d’y obtempérer ; il fallut qu’un ordre formel, signé parle roi,
l’obligeât à faire cette remise au seigneur du château, qui s’engagea à
pourvoir à sa défense au moyen d’une garnison lui appartenant. Le marquis de
Montausier, gouverneur de l’Angoumois, avait quitté Paris depuis le
commencement des troubles, et résidait à son poste en gardien vigilant. Son
dévouement à la cause royale n’était pas suspect, chaque jour il en donnait
des preuves, guerroyant même pour son propre compte avec les faibles forces
dont il disposait comme gouverneur".
Éléments protégés MH: les façades et les toitures (y compris la poterne
d'entrée): classement par arrêté du 4 août 1970 (1)
château de La Tranchade 16410 Garat, tél. 05 45 65 81 89, le domaine s'ouvre
au public de différentes manières, par des manifestations de toutes sortes,
qu'elles soient d'ordre privées ou directement liées au château, grande
salle pour réceptions et notamment les mariages.
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