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Sous l'Ancien-Régime la seigneurie de Gourville
formée de deux paroisses de Bonneville et Gourville, était située dans la
province du Poitou. Cette châtellenie fort ancienne avait droit de haute,
moyenne et basse justice, relevait pour la plus grande partie à l'hommage
lige et devoir de 1 livre 10 sols de l'abbaye de Saint-Cybard. Au début du
XIIe siècle, le possesseur de cette terre était Hélie de Gourville. Cette
seigneurie demeura dans cette maison jusqu'en 1351, date à laquelle
Guillaume de Gourville étant mort sans postérité, elle passa entre les mains
de sa sœur Isabeau de Gourville, mariée en seconde noces à Jean II,
Chasteigner, seigneur de La Meilleraye (près de Parthenay), décédé en 1378.
Sa veuve vivait encore au début du XVe siècle. Cette illustre famille ne
conserva pas longtemps cette châtellenie puisqu'en 1441, Jeanne Paulte est
dite dame de Gourville et épouse cette année-là Philippe Taveau, fils de
Guillaume Taveau, baron de Mortemer et qui fut maire de Poitiers à sept
reprises. Au début du siècle suivant entre 1528 et 1542, Guichard de
Roffignac est mentionné comme seigneur de Gourville. Lui ou ses descendants
vendent cette terre en 1550 au duc Anne de Montmorency, maréchal de France.
Son fils cadet, Henri 1er de Montmorency, après la mort de son frère aîné
survenue en 1579, hérite des possessions de son père.
Au début du XVIIe siècle, par alliance avec les Montmorency, la terre de
Gourville passa dans la maison de Lévis avec Anne de Lévis, duc de Ventadour
en faveur duquel Henri IV érigea cette châtellenie en baronnie en août 1609.
En 1642, Anne de Bourbon Condé, descendante par les femmes de Henri 1er,
connétable de France, épouse le duc de Longueville et reçoit en dot le
château et la terre de Gourville. Ceux-ci gardèrent la baronnie peu de temps
puisque par contrat passé le 25 octobre 1660, Jean Hérault s'en rendit
acquéreur moyennant la somme de 100000 livres. Celui-ci est plus connu dans
l'histoire sous le nom de Gourville qui, ancien valet de chambre de Louis de
La Rochefoucauld, évêque de Lectoure, puis maître d'hôtel de son frère aîné
le prince de Marcillac, l'auteur des fameuses Maximes, sut s'attirer les
bonnes grâces du surintendant des Finances Fouquet, qui lui fit obtenir la
recette générale des tailles de Guyenne où il fit une fortune considérable.
Après la disgrâce de ce dernier, condamné à la potence, il se réfugie en
Hollande puis en Angleterre. Désireux de rentrer en France, il sut rendre au
roi de France Louis XIV de tels services en tant qu'agent politique auprès
des cours étrangères et à partir de 1681 il ne fut plus inquiété et mourut
tranquillement à Paris le 14 juin 1703. Il a laissé des mémoires sur les
affaires de son temps fort intéressant qui furent publiées pour la première
fois en 1724.
A la mort de Jean Hérault la baronnie de Gourville passa à son neveu
François Hérault qui mourut sans héritier le 5 mars 1718. Ce dernier, par
son testament du 16 et 21 décembre 1716, constitue comme légataire universel
François Philippe d'Hauteclaire, fils de sa sœur Anne Héraud et de François
d'Hauteclaire, seigneur de Fissac (Ruelle). Cette famille resta en
possession de la terre de Gourville jusqu'en 1780 époque à laquelle elle fut
vendue judiciairement pour la somme de 250000 livres à Jean Valleteau de
Chabrefy receveur des tailles de l'élection d'Angoulême. Après sa mort ses
héritiers vendirent le château de Gourville en 1808 ou 1809 à Monsieur
Rouchier Préneuf, originaire de Tusson capitaine de l'Armée Impériale. Au
cours de ces deux derniers siècles, le château changea souvent de
propriétaires et subit de nombreuses vicissitudes jusqu'en 1974, époque où
le propriétaire d'alors entreprit de très importants travaux de
réhabilitation. La restauration de cet édifice achevée en 1983 nous permet
d'affirmer que le château de Gourville est de nos jours l'un des témoins Île
plus important et le mieux conservé de l'architecture civile du Moyen-Age en
Charente. De nos jours de l'important château de Gourville construit dans la
première moitié du XIVe siècle semble-t-il par Hélie de Gourville, il
subsiste un corps de bâtiment dont les façades principales donnent au sud
sur un jardin d'agrément et où l'on voit au nord les anciennes douves du
château.
Ce bâtiment aujourd'hui à deux étages, "rasé à hauteur d'infamie" du temps
de Richelieu est recouvert d'une simple toiture à deux pans. Il est accosté
à l'est d'une tour de guet pleine en demi-lune et construit en gros appareil
et il a intégré la partie inférieure d'un donjon rectangulaire, dont les
murs et le glacis forment une avancée à la face nord de ce bâtiment . Ces
deux ouvrages sont les vestiges du castel bâti au XIIe siècle. Au corps
d'habitation central où l'on voit encore sur la façade sud et du côté de
l'est une porte et de belles fenêtres gothiques probablement du XVe siècle,
s'adossant à l'ouest une tour rectangulaire (donjon ouest) coiffée d'une
haute toiture en pavillon. Cette construction est accostée à son angle
nord-ouest d'une tour presque carrée dotée d'une couverture également en
pavillon. Cet ouvrage, malgré les fenêtres ouvertes au XVIIe siècle a
conservé son caractère défensif avec les rainures du pont-levis et les
consoles de mâchicoulis, vestiges d'une galerie défensive. Celle-ci se
continuait au moins jusqu'à la façade sud de la tour rectangulaire
précédemment décrite, comme l'atteste les quelques consoles qui y
subsistent. Du XVIIe siècle date aussi le bâtiment rectangulaire recouvert
d'une toiture basse à quatre pans établie dans l'angle formé par la façade
sud du donjon ouest et la façade Est de la tour du pont-levis. Le corps de
logis tel qu'il se présente aujourd'hui est la conséquence de la
construction du côté du nord d'une pièce appelée chambre Louis XIII et de
l'élargissement sur la façade sud pour former une vaste pièce, d'un passage
existant auparavant entre le donjon ouest et le donjon est. A noter que le
pavillon qui se dresse en avant de la façade nord du château est de création
récente puisque édifié entre les deux guerres mondiales. Près du château
signalons, vestiges communs, une bâtisse rectangulaire au nord de l'édifice
présentant à la façade sud une tour polygonale et percée de deux arcades
dont l'une est en arc brisé et l'autre dont le cintre est en anse de panier.
Cette construction semble remonter au XVe siècle. Donnant dans les fossés du
château du côté ouest on peut voir une cave à demi-ensevelie orientée
presque nord-sud dont l'origine est fort ancienne; vraisemblablement
celtique. Cette belle salle voûtée en plein cintre est éclairée à l'est par
des baies géminées de style roman. Au sud du château, dans le jardin
d'agrément, le puits et les souterrains avec goulots qui en parties
dateraient du début de l'époque gallo-romaine. (1)
château de Gourville 16170 Gourville, tel. 06 03 43 33 99, Madame Sophie
Sillère, ouvert au public d'avril à décembre, location de chambres d'hôtes,
d'une suite familiale, et d'espaces pour des activités pédagogiques,
artistiques ou artisanales.
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