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Le seigneur de Lamaud tenait son fief "à foy et hommage
du prince de Chalais, sous le devoir d'une vernette d'or, appréciée trente
sols". Le petit fief de Lamaud appartenait à la fin du XVIe siècle aux
Viault, famille de La Roche Chalais. En 1564, Antoine Viault est juge de La
Roche Chalais et possède Lamaud. Il est anobli en 1577 avec ses fils. En
1598 Messire Viault seigneur de Lamaud et Chamberlanne est avocat au
parlement de Bordeaux. En 1603, le 27 novembre, Isaac de Saulières de
Nanteuil épouse à Lamaud, Marguerite Viault de Champlong, fille de Jehan. En
1638, c'est toujours un Viault, Charles, qui est seigneur. Puis, cette
famille connaissant des difficultés financières, le fief passe aux de Morel,
Pierre de Morel ayant épousé en 1634 une fille de Lydie Viault de Champlong.
Quatre générations vont se succéder à Lamaud; d'abord protestants, ils
reviendront à la religion catholique, après la révocation de l'édit de
Nantes. Ils reviendront à la religion catholique, non sans quelques
difficultés. En effet, Louis Isaac de Morel, chevalier, seigneur de
Saint-Martin et de Lamaud voulait épouser Jeanne de Morel sa cousine au
troisième degré. Il demande à Messire Christophe Galliot, curé de Saint-Avit
de le recevoir en confession. Celui-ci refuse plusieurs fois. Louis réitère
sa demande le 25 août 1715 en présence du notaire et de témoins. Le sieur
curé répond qu'il a souvent sollicité ledit sieur Lamaud pour l'obliger de
se faire instruire dans la religion catholique et n'a rencontré
qu'indifférence; que celui-ci à malheureusement hérité de ses père et mère
nés et morts dans la religion prétendue réformée et que, s'il demande a être
entendu en confession c'est pour réussir son mariage avec sa cousine, mais
qu'il y a lieu de craindre que une fois mariés, les jeunes époux
retourneront à "leurs pernicieuses erreurs". Les jeunes gens firent preuve
d'une belle constance: les dispenses de consanguinité pour le mariage sont
du 15 novembre 1691, le contrat de mariage du 19 août 1712 et la
régularisation de leur situation au point de vue religieux et catholique du
19 avril 1717 (entre temps, un fils est né, baptisé le 19 juillet 1716 à
Saint-Avit). Les enfants de la cinquième génération moururent jeunes,
sauf une fille Anne-Victoire Marie de Morel qui, née en 1749, hérita de
Lamaud et épousa Thomas de Pressac de Lioncel, baron de Lisle. Les de
Pressac, vieille famille de l'Angoumois et du Périgord dont les preuves de
noblesse par filiation remontent à Louis XI, furent, eux aussi, adeptes de
la religion de Calvin pendant quelques décennies. Monsieur Thomas de Pressac,
capitaine d'infanterie, émigra à la Révolution. Réfugié en Angleterre, il
participa au débarquement des royalistes à Quiberon en 1795. Fait prisonnier
il fut fusillé et serait enterré à Sainte-Anne d'Auray. Ses biens furent
confisqués, les meubles vendus, mais Madame de Pressac fit valoir que le
château était à elle et non aux de Pressac. Sa demande fut agréée et Lamaud
ne fut pas aliéné. Plus tard, elle racheta une partie des meubles et
portraits de famille qui ornent encore le logis. Le fils de Thomas, François
Hector de Pressac eut trois enfants. Une fille mariée en 1817, à Jean
Bernier, maire de Saint-Avit eut elle-même une fille qui épousa M. Pascal
Fauchay ancêtre direct de M. Fauchay actuel propriétaire de la moitié de
Lamaud. Une fille de Pascal Fauchay, Anne, épousa M. Auguste Pélissier et
donna naissance à la branche des propriétaires de l'autre moitié du château.
D'après une ancienne carte postale, montrant une tour délabrée, la
construction du château remonterait au XIe siècle. Cette tour n'existe plus.
Il ne reste plus guère de l'ancien édifice qu'une longue salle voûtée en
sous-sol présentant à une de ses extrémités les jambages d'une très vaste
cheminée. Le principal corps de logis, de plan rectangulaire à un étage, a
été largement restauré dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Façade à
l'est, pavillon au midi. Celui du nord, sans doute en trop mauvais état, a
été démoli et remplacé par une terrasse. Grandes fenêtres à arc surbaissé et
appareillage de pierre taillée. Un cordon de pierre sépare le
rez-de-chaussée du premier étage. La porte d'entrée est en plein cintre. Il
semble que la clef de celui-ci ait porté un écusson qui a été martelé. À
droite, des fenêtres feintes, dont l'encadrement est taillé en relief dans
la pierre, correspondent à la voûte de la salle décrite plus haut. Les murs
sont faits de moellons et terre maçonne recouverts d'un enduit, exception
faite des façades sud du pavillon et du bâtiment bas qui le prolonge en
retour d'équerre; celles-ci étant entièrement réalisées en gros appareil.
Cette deuxième partie du logis, sans étage, abritait autrefois les communs.
Toutes les pierres ont une belle couleur dorée. Corniche de pierre et
génoise soulignent les toits: à quatre pans et tuiles plates pour pavillon,
à faible pente et tuiles creuses pour le corps principal. A l'intérieur,
dans le vestibule, un très bel escalier droit en calcaire dur, ocre et poli
comme le marbre conduit à la galerie du premier étage. Les marches, par une
ou deux sont taillées en même temps que la base de la rampe dans un seul
bloc de pierre. On peut voir, en dessous, que la pierre n'a pas été sciée,
mais détachée à petits éclats par un ciseau ou un marteau, ce qui lui donne
un aspect hérissé assez inattendu. Une belle rampe en fer forgé complète le
tout. Lamaud a toujours été habité et actuellement c'est une très agréable
demeure, entourée de jardins et de beaux arbres. (1)
château de Lamaud 16210 Saint Avit, situé au lieu-dit L'Hameau (Bazac),
propriété privée, ne se visite pas.
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