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L'histoire de Puycheny est mal connue, aussi mal
d'ailleurs que le château lui-même. Le plus ancien possesseur retrouvé est
Jean de Dreuilh, écuyer, sieur de Puycheny, "demeurant en son repaire noble
dudit lieu de Puycheny", mentionné en avril 1642. En 1728 et 1731 apparaît
dans divers actes, une demoiselle Catherine Rochon de Puycheny. En 1746,
l'arpentage de la paroisse de Saint-Romain mentionne à propos de Puycheny,
sous le numéro 1166 "un logis composé d'une cuisine, salle, sallon, chambres
basses, chambres hautes, antichambres, greniers, écuries, chapelle, fuye,
pavillon, cour, jardin et prés. appartenant à mademoiselle de Puycheny" et
sous le numéro 1167 "deux chambres basses, grenier, grange, toit, héraud et
jardin, tenant d'un costé et d'un bout au logis et terre de Puycheny,
d'autre costé et d'autre bout au chemin de Puycheny à Laubrie... appartenant
à mademoiselle de Puycheny" Cette demoiselle est certainement Catherine
Rochon mentionnée en 1728. Le château passe ensuite, vers le milieu du
siècle à la famille Robinet de Plas. Antoine de Robinet, chevalier, seigneur
de Plas et des fiefs de Puycheny et Laubrie en Saint- Romain figure sur la
liste des nobles d'Angoumois en 1789. Il décède le 21 octobre 1791. Mis sous
séquestre, le château allait être vendu comme Bien national. Au moment de la
vente, Philippine de Plas obtient un sursis et réussit d'une part à faire
reconnaître ses droits et d'autre part à racheter la part des émigrés.
François de Pilas, né à Puycheny et baptisé dans la chapelle du château en
1809, a été "marin et jésuite" bien connu au XIXe siècle (décédé en 1888).
La famille de Plas conserve le château jusqu'au milieu du XXe siècle.
Niché au fond des bois, à l'écart de toute voie de communication, le château
de Puycheny s'élève dans un cadre particulièrement calme et agréable, mais
ne se visite pas. Les bâtiments figurant sur le cadastre de 1844 n'ont pas
dû beaucoup changer depuis l'arpentage réalisé un siècle auparavant. Seul le
pigeonnier n'apparaît plus. Le "lot numéroté 1167" doit être formé des deux
bâtiments élevés au sud-est du logis et aujourd'hui occupés par un fermier.
On entre dans la première cour par un porche ouvert dans un bâtiment carré
couvert d'un toit en pavillon. Les deux ouvertures sont en plein cintre à
clé saillante et pendante. La petite porte est surmontée d'un fronton cintré
interrompu. Les impostes sont moulurées. Un second porche, en face, donne
accès à la deuxième cour où s'ouvre le logis. La petite porte est en plein
cintre, à clé saillante et pendante avec impostes moulurées. Elle est
surmontée d'un fronton triangulaire interrompu. La grande porte possède un
arc surbaissé chanfreiné. Les bâtiments s'élèvent sur les quatre côtés de la
cour quadrangulaire. Le corps de bâtiment, formé de deux ailes en retour
d'équerre occupe l'angle nord-ouest. Un pavillon carré, couvert d'une haute
toiture d'ardoise s'élève au sud-est et assure la jonction entre les
bâtiments est et ouest et une aile de commun dans la première cour.
L'aile ouest renferme une galerie à deux niveaux sous une couverture à
faible pente. Au rez-de-chaussée s'ouvrent des arcades en anse de panier
reposant sur des impostes moulurées et possédant des clés saillantes et
pendantes. La cinquième arcade, en partant de la gauche, est occupée par une
porte en plein cintre avec clé pendante et saillante, surmontée d'un fronton
triangulaire interrompu par un cartouche orné d'un écu portant une tour,
couronné d'un casque empanaché. Au dessus, de grosses colonnes supportent la
charpente de la galerie supérieure. Elles sont séparées par des balustrades
en pierre. La porte principale, dans l'aile en retour d'équerre, s'ouvre
près de l'angle formé avec l'aile ouest. Elle est appareillée en bossage à
anglet, possède deux pilastres et son arc en plein cintre, à clé saillante
et pendante, est surmonté d'un fronton en ailerons à volutes supérieures
rentrantes. Le centre des volutes est occupé par une rosace. Un acrotère se
dresse entre ces deux volutes. Cette aile possède deux niveaux, éclairés par
de grandes baies à appuis saillants et chambranles moulurés, sous une
couverture en tiers-point. Une tourelle en encorbellement couverte en
poivrière s'élève à l'angle nord. Les façades arrières de ces deux ailes
portent de nombreuses traces de remaniement. Un pavillon carré, à l'angle
sud-ouest, couvert d'un toit pyramidal, a même été partiellement reconstruit
par les actuels propriétaires, qui ont rénové avec beaucoup de goût et de
respect cet ensemble remarquable unique en Charente. Les autres côtés de la
cour sont occupés par des bâtiments de servitude. Les portes sont en plein
cintre. La chapelle s'élève à proximité du porche. Des œils de bœuf
moulurés, entre cette chapelle et les galeries, s'ouvrent sur la première
cour. (1)
château de Puycheny 16210 Saint Romain, lieu-dit Puycheni, propriété privée,
ne se visite pas.
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