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Château d'Anqueville à Saint-Même-les-Carrières
 
 

   D'abord propriété des Montausier, puis des Mortier, Anqueville passe vers 1400 à la famille Giraud par le mariage d'une héritière de Mortier à Renaud Giraud. Un hommage d'Anqueville est rendu en 1364 par Hélie de Mortier et en 1389 par Guillaume de Mortier. Aveu et dénombrement en est rendu en 1410 par Giraud pour "l'ostel, les garennes, les bergeries, les colombiers, les bois et terres d'Anqueville avec toutes leurs mouvances et dépendances" au comte d'Angoulême. Le castel, dont certaines parties subsistent encore aujourd'hui, est élevé par cette famille Giraud dans la deuxième moitié du XVe siècle. Louise Giraud épouse vers 1553, Charles de Sousmoulins, écuyer, seigneur de Vibrac en Saintonge. Après le décès de ce seigneur vers 1570, son épouse demeure au château et y marie en 1581 sa fille Jacquette de Sousmoulins à David Méhée. Jacquette Méhée, mariée en 1633 à Geoffroy de Culant seigneur de Ciré, Saint-Même et autres lieux, apporte la terre d'Anqueville à cette famille. Un long procès a opposé pendant plus de trente années les héritiers Sousmoulins et Méhée et Anqueville a finalement échu à Jacquette Méhée et donc aux de Culant. Les Méhée, dépossédés d'Anqueville l'ont toujours regretté. L'Abbé Tricoire dans son oeuvre monumentale qu'est "Le Chateau d'Ardenne" relate les moments forts de cette histoire. La famille de Culant a conservé Anqueville jusqu'au début du XIXe siècle. Alexandre Louis, Comte de Culant, chevalier, seigneur d'Anqueville, né en 1733, décède à Anqueville le 29 Fructidor an VII (15 septembre 1799). Il fut élu député pour la noblesse de l'Angoumois aux Etats-Généraux. Après la mort de sa veuve, Marie Jeanne Monique de l'Épinière, le domaine d'Anqueville est vendu par les héritiers. Le château passe alors rapidement entre plusieurs mains, notamment celles d'un spéculateur qui en a vendu de nombreuses pierres. Ce n'est qu'en 1848 que la famille Gaury l'acquiert. Les propriétaires actuels en sont les descendants.

Un dénombrement de 1687 indique la composition des lieux: "Ung grand corps de logis, avecq ses tours, pavillons, écuries, granges et cour et avant-cour, fuye, jardins, vergier, estang, moulins à bled". Le plan des lieux est assez complexe. Le château est établi au sommet d'un escarpement rocheux dominant la vallée du ruisseau d'Anqueville qui formait autrefois, ici, un étang et alimentait le moulin. Le corps de logis, formé de plusieurs constructions juxtaposées est orienté nord-est/sud-ouest. Une construction en retour d'équerre vers le nord-ouest et une tour carrée vers le sud-est complètent cette disposition. Plusieurs époques se côtoient, du XVe siècle au XIXe, voire au XXe siècle. Une tour d'angle polygonale, flanquée en partie haute d'une tourelle en encorbellement tronquée, couverte d'un toit d'ardoise à pans, renferme l'escalier en vis. Cette tour et une grande salle voûtée en arc brisé au rez-de-chaussée, font partie du premier château élevé au XVe siècle. La cage d'escalier est éclairée de plusieurs fenêtres à appuis moulurés et à chambranles chanfreinés avec accolades ou trilobes sur le linteau. Le corps principal de logis jouxtant cette tour au sud-ouest a été très remanié au XVIIIe siècle. Il comprend un rez-de-chaussée, un premier étage et un étage à surcroît. Les grandes baies de l'étage surmontées d'un linteau en arc segmentaire s'appuient sur une plate bande sans mouluration. Deux contreforts plats, sur la hauteur du rez-de-chaussée rappellent la forteresse. Une porte à chambranle mouluré et entablement droit donne accès à ce rez-de-chaussée au niveau de la grande salle voûtée. L'autre façade de ce corps de logis, en partie masquée par des constructions plus récentes a conservé une baie à traverse et moulures prismatiques.

Ce corps de logis se prolonge, après la tour polygonale, par un bâtiment venant s'appuyer sur l'ancien rempart et percé d'ouvertures des XVIIIe et XIXe siècles. La construction en retour d'équerre vers le nord-ouest est principalement formée d'une partie de cet ancien rempart, s'appuyant sur des fondations visiblement médiévales reposant sur le rocher. Il faut contourner le bâtiment pour pouvoir admirer cet ensemble. Chaque extrémité est flanquée d'une échauguette en encorbellement. Celle côté nord-ouest repose sur une grosse colonne cylindrique et est percée de bouches pour couleuvrines, l'autre s'accroche à un angle du rempart. Des consoles formant mâchicoulis, moulurées, supportent un parapet. La tour carrée, au sud-est, est recouverte d'une toiture basse à pans et porte des latrines en encorbellement sur sa façade sud-ouest. Deux anciens dessins du début du XIXe siècle, retrouvés par les actuels propriétaires, montrent les deux faces du château. Côté cour, un ensemble de bâtiment en retour d'équerre s'appuie sur la façade du corps de logis. L'emplacement est aujourd'hui occupé par des servitudes de construction récente. Un bâtiment rectangulaire est couvert d'une haute toiture à quatre pentes. Les murs de part et d'autre sont surmontés d'un parapet sur mâchicoulis du même type que celui décrit précédemment. Ce bâtiment aurait renfermé la chapelle du château. L'autre vue est faite depuis la vallée. Le château prend là sa fière allure de forteresse. Le corps de logis principal est dégagé des constructions le masquant aujourd'hui, et plusieurs baies, certainement identiques à celle toujours en place, se distinguent bien. L'espace, entre le corps de logis et la tour carrée, aujourd'hui occupé par une terrasse, était recouvert au XVIIIe siècle d'un corps de bâtiment. De grandes baies existent dans les pans de murs restants. Cette construction demeure l'une des plus anciennes et des plus intéressantes de la région. (1)

château d'Anqueville 16720 Saint-Même-les-Carrières, propriété privée, ne se visite pas.

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chateau d'Anqueville à Saint-Même-les-Carrières 

château d'Anqueville  Saint-Même-les-Carrières 

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    Extrait de châteaux, logis et demeures anciennes de la Charente : Jean-Paul Gaillard, Librairie Bruno Sepulchre 1993

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