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Au XIVe siècle, la
famille Méhé possède la terre de La Laigne. Cette puissante famille
d'échevins de Saint-Jean-d'Angély donna plusieurs maires à la ville. En
1400, à la suite du partage des biens de Pierre Méhé, seigneur de La Laigne
et d'Estray, et de son épouse, Marie d'Asnières, la seigneurie de La Laigne
revint à son fils Guillaume, époux de Marguerite d'Asnières, dame de La
Touche. Par la suite, la seigneurie revint à son neveu, Louis Méhé, qui en
rendit aveu en 1451. Quelques années plus tard, elle était aux mains, sans
doute en partie, d'Antoine de La Guirande. Au milieu du XVIe siècle, le
château était à Amaury Bouchard, écuyer, seigneur d'Annezay, de L'Isle et de
La Laigne, conseiller du Roi et son ministre des requêtes à
Saint-Jean-d'Angély. Sa fille, Jeanne, épousa René de La Jaille, seigneur de
Vaillebrêzé, en Anjou. Ils eurent au moins deux filles: Dorothée et Sapho.
La première devint dame d'Annezay et la seconde, dame de La Laigne. Elle
épousa en 1568, Georges Méhé, écuyer, seigneur de La Giraud, des Fontaines
et de Lestang, faisant ainsi rentrer à nouveau La Laigne aux mains des Méhé.
Mais, poursuivie par de multiples créanciers, Sapho de La Jaille dut voir,
sur la fin de sa vie, sa terre de La Laigne saisie et adjugée, en 1599, à
Pierre Bertrand. Sapho de La Jaille mourut en cours de procès, n'en voyant
pas ainsi l'issue, lorsque le château fut adjugé définitivement, le 2 août
1602, à Jean d'Abillon, écuyer, lieutenant au siège royal de
Saint-Jean-d'Angély, moyennant 4 080 écus. De son mariage avec Marie Joly,
il eut un fils, André, lequel ne laissa qu'une fille, Suzanne, mariée à
Jacques Dubois, chevalier, seigneur de Saint-Mandé, auquel elle apporta La
Laigne. Les représentants de cette famille gardèrent La Laigne jusqu'en
1881, date à laquelle le château fut vendu à Alfred Audouin-Dubreuil. Son
fils Paul épousa Marie de Reboul; leur fils aîné, Louis, naquit en 1887. Il
fit une brillante carrière dans l'armée; son goût pour l'exploration et pour
les grands espaces africains le fit choisir par le constructeur automobile
André Citroën pour seconder G. M. Haardt dans ses expéditions. Il fut le
premier qui sillonna le Sahara pour préparer la Première Traversée en
1922-1923, prélude à la Croisière Noire (1925) et à la Croisière Jaune
(1932). Explorateur, mais aussi homme de lettres, il publia de nombreux
ouvrages sur les pays qu'il avait traversés. Il se retira en Tunisie, à
Zarzis, où il avait de nombreux amis; mais il venait souvent à La Laigne
dont il avait fait un véritable musée africain. Mort en 1960, il repose à
Zarzis, près du désert qu'il avait tant aimé.
Le château de la fin du XVe siècle est un haut logis rectangulaire surmonté
d'un grand comble couvert d'ardoise. Une imposante souche de cheminée se
dresse au-dessus du bâtiment. Une tour carrée d'angle renferme un escalier
de pierre en colimaçon; la porte d'entrée en accolade est défendue par une
bretèche située au deuxième étage. Les fenêtres des trois étages de la
façade sont ornées de meneaux et les pignons décorés en bas de vases de
fleurs et au sommet de fleurs de lys. Vers la fir- du XVIe siècle, un autre
corps de logis d'un seul étage a été ajouté au château. Il a, lui aussi, des
fenêtres à meneaux ; il se termine par un petit pavillon carré. Dans la
cour, on voit une grande margelle de puits. (1)
château de La Laigne 17400 Asnières-la-Giraud, propriété privée, ne se
visite pas.
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