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Au début du XVIe siècle, la seigneurie de
Dion appartenait à Pierre de Lestang, écuyer, puis elle passa aux mains de
son fils Jean, plus tard seigneur de Richemont, et de son petit-fils
Charles, seigneur de Dion, de Richemont, de Chaussat et autres lieux, marié
en secondes noces, en 1570, à Jeanne Bouchard d'Aubeterre, dame de
Saint-Seurin, de Favières, de Biron et autres lieux. En 1576, il vendit tous
les arrérages et rentes nobles qu'il possédait sur le lieu de Dion à
Dominique Dubourg, docteur en médecine, lequel aurait acquis le surplus deux
ans plus tard de Jeanne Baudouin, veuve de Pierre Senné. Dominique Dubourg,
devenu sieur du Pérou, de Cruc, de Dion et de La Brunette, médecin ordinaire
du Roi, fut élu maire et capitaine de la ville de Saintes, en 1598 et 1599.
De son mariage avec Catherine Caillect, il laissa au moins un fils,
Dominique, sieur de Cruc et de Dion, maître des requêtes de la reine
Marguerite et conseiller du Roi au parlement de Bordeaux, marié en 1613 à
Catherine de Farnoux, fille de Pierre, lieutenant général à Saintes, puis
conseiller au parlement de Bordeaux. Ils eurent deux fils, Joseph
Dubourg-Farnoux, écuyer, conseiller du Roi en la cour du parlement de
Bordeaux, seigneur de La Béraudière, de Cruc et de Sainte-Lheurine en
partie, fondateur de la branche des seigneurs de Fontaines, et François
Dubourg-Farnoux, écuyer, seigneur de Dion, avocat en la cour. Ce dernier
épousa en 1665 Marie-Madeleine Mauchen, fille de Mathieu, conseiller du Roi,
magistrat au présidial de Saintes, lieutenant criminel de robe courte, et de
Madeleine Daudenet. En 1681, il commanda à Jean Tenot, dit Le Verdet, 1 000
boulins valant deux sols 10 deniers chacun en vue de la construction d'une
fuie, à Dion. Il mourut quelques années plus tard, en 1685, laissant quatre
enfants. Son fils aîné, Louis, étant décédé jeune, Dion revint au cadet,
Joseph, marié en 1693, à Jeanne Bibard de La Touche, fille de Louis,
seigneur de La Touche et de Marie de Guip.
Comme il n'eut pas d'enfant, la seigneurie de Dion passa, après sa mort, à
son neveu, Charles du Bouchaud, écuyer, seigneur du Château, fils de Jean et
de Marianne Dubourg. Celui-ci laissa le domaine plus ou moins à l'abandon.
Au moment où il allait le vendre, son beau-frère, Jacques-Alexandre
Gaillard, seigneur de Laleu, vint au château. Là, il trouva les domestiques
qui emballaient le beurre et les sardines avec des morceaux de "papiers,
quittances et parchemins très vieux…" faisant partie des titres de la
seigneurie. Stupéfié, il mit aussitôt ce qu'il avait pu sauver en lieu sûr,
avant d'en avertir Charles du Bouchaud, à qui il proposa de restituer tous
les papiers. Charles du Bouchaud, sans doute par laxisme, les refusa. En
1758, il arrenta la seigneurie, moyennant 3 000 livres, à Jean-Antoine de
Faverolle, chevalier, habitant au Cap-Français, dans l'île de
Saint-Domingue. Celui-ci ne fut seigneur de Dion que durant trois ans. En
effet, en 1761, il céda la terre à Jean-Baptiste Bergerat, écuyer,
contrôleur ordinaire des guerres, fils d'un riche négociant de Saintes. Il
mourut en 1784, laissant au moins pour enfants: Pierre-Emmanuel Bergerat,
héritier de la terre de Dion, Thérèse-Catherine Bergerat, mariée en 1784
avec Pierre Boutelleau, avocat, maire de Cognac, et Marie-Élisabeth, née en
1774. Depuis, le château a connu différents propriétaires. La tradition
assure que Louis-Philippe aurait projeté de l'acquérir au XIXe siècle. (1)
Le château et ses dépendances se situent sur la rive droite de la Charente,
à environ 300 mètres du fleuve. L'entrée actuelle se situe à l'est du logis
du côté de la voie dénommée aujourd'hui "allée du château de Dion", et
autrefois "chemin du port de Dion". La propriété est enclose de murs formant
un vaste quadrilatère dont l'angle nord-est est occupé par des communs. Le
jardin à l'anglaise, dans lequel s'élève le pigeonnier, s'étend dans la
partie ouest et sud-ouest. L'entrée, à l'est du logis, se compose de piliers
monumentaux à denticules encadrés de murs à balustrade. Un autre portail
composé de piliers identiques ouvre dans l'axe de l'ancienne allée d'accès à
la propriété. Des dépendances agricoles sont implantées à l'extérieur de
l'enceinte, du côté est. Tous les bâtiments sont en moellon enduit avec les
éléments de raidissement en pierre de taille. Le logis principal, orienté au
sud-ouest, est prolongé des deux côtés par des corps de bâtiment plus bas.
Du côté nord-est, deux tours d'inégale grandeur flanque les angles de sa
façade. Le logis est doté d'un étage carré et d'un étage de comble. Il est
couvert d'un toit mansardé en tuile creuse avec brisis en ardoise. La façade
sud-ouest est encadrée par deux échauguettes, entièrement en pierre de
taille, sur culot et coiffées d'un dôme. Elle est animée par deux cordons
horizontaux en table et une corniche moulurée. Les cinq travées de baies à
chambranle mouluré sont réparties de façon inégale. Trois lucarnes à
ailerons et à arc segmentaire coiffent trois d'entre elles. La porte
d'entrée, encadrée de pilastres et ornée de bossages, présente la date
"1574" gravée sur la clé pendante de son arc en plein cintre. La façade
nord-est présente quatre travées très espacées. Les tours cylindriques sont
coiffées d'un toit en poivrière en ardoise.
Le corps de bâtiment ouest dans la continuité du logis compte un étage
carré. Il est couvert d'un toit à croupe en tuile creuse. Sa façade
principale présente trois travées, celle du milieu comprenant une large
porte d'entrée encadrée de pilastres surmontés d'une corniche à denticules
et ornée de rosaces et de rubans formant arabesques. Du côté de l'orient, un
corps de bâtiment qui présente, au sud-ouest, deux travées formées d'une
grande fenêtre et d'un petit jour rectangulaire, est accolé à un corps plus
bas à quatre travées. Ces deux bâtiments sont couverts d'un toit en tuile
creuse. L'intérieur du logis du XVIe siècle se compose de deux grandes
pièces, de part et d'autre d'un escalier en pierre à rampes droites et gros
balustres carrés, prolongé par un escalier en bois à balustres tournées pour
accéder aux combles mansardés. Deux grandes cheminées présentent une hotte
droite, moulure d'ordre toscan et cartouche sur le linteau. Le pigeonnier
cylindrique présente quatre ouvertures géminées au-dessus du cordon d'envol.
Il est couvert d'un toit conique à égout retroussé en tuile plate muni de
deux lucarnes et d'un lanternon. A l'intérieur, les boulins sont en pierre
de taille et non pas en terre comme mentionné dans le marché de 1681. (2)
Éléments protégés MH: le logis avec son décor intérieur et le pigeonnier :
inscription par arrêté du 28 septembre 2012.
château de Dion 17610 Chérac, propriété privée, ne se visite pas.
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