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Aux ruines du château de Bernessard reste attaché le
souvenir de la famille Ancelin qui le posséda pendant environ deux cents
ans, et plus particulièrement le nom de son dernier seigneur, Louis Ancelin,
guillotiné à Paris le 11 juillet 1794, après avoir été dénoncé par un de ses
tenanciers à qui 1l aurait déclaré, en 1791; "Ah ! vous ne voulez pas me
payer! va, va ! L'Empereur vous fera payer. S'il a une fois fait descendre
des troupes en France, il vous rendra doux comme des moutons". Avant lui
quatre générations d'Ancelin avaient possédé le château, dont Joël Ancelin,
seigneur de La Mauvinière et de Savigné, marié en 1625 à Judith de
Montgaillard, fille de Geoffroy de Montgaillard, seigneur de Bernessard et
de Beaurepaire dès l'an 1600. Joël Ancelin, maintenu dans sa noblesse en
1660, avait fait transformer le logis en 1637, en particulier recouvrir les
toitures avec des ardoises. C'est sans doute lui qui se retira avec ses
tenanciers dans le château pendant la Fronde "et ne voulut jamais obéir à M.
le Prince de Condé". Claude Masse, qui rapporte l'anecdote précisait que
l'édifice était "flanqué de quatre tours percées de créneaux et était encore
deffensif", ayant servi de retraite aux Catholiques durant les guerres de
Religion. Auparavant, le fief de Bernessard cité dès 1373, avait appartenu à
Isabeau Fauresse, veuve de Piétron Fétis en 1455. Au début du XVIe siècle,
il appartenait à Isabeau de Mortagne, épouse de Pierre de Blois, écuyer,
sieur du Seudre et de Roussillon. A la suite d'un partage passé en 1541, il
revint à un de leurs fils, Nicolas de Blois, époux de Marie de Beaumont,
dame de Torfou. Celle-ci devenue veuve posséda Bernessard jusqu'à la fin du
XVIe siècle.
Le château subit des modifications importantes en 1674. Des percements, plus
spacieux, sont réalisés, un toit d'ardoise est ajouté, des allées cavalières
et des chemins rectilignes sont ajoutés. Au XVIIIe siècle, un pont dormant
en pierre est construit. Avec l'autorisation du roi, la cour du château
s'enrichit d'une fuie, symbole de richesse et de pouvoir. Le château est
vendu en 1795 comme bien national et est acheté par la veuve du propriétaire
Louis Ancelin, guillotiné un an auparavant. Au XXe siècle, Bernessard est
vendu aux époux Montandon, qui en feront don à l'Association Emmanuelle.
Perdu dans les terrains bas de la Seudre qui lui offrent une protection
naturelle, le château de Bernessard n'est plus qu'une ruine romantique
entourée de douves, enveloppées par de hautes frondaisons le dissimulant aux
regards. Il se compose de deux corps de bâtiments en L flanqués de trois
tours cylindriques encore couvertes de tuiles plates au début du XXe siècle.
Un aile d'écurie, en oblique, leur avait été adjointe au XVIIe siècle. Elle
se termine aussi par une tour d'angle. Le corps de logis du fond porte la
marque de remaniements exécutés dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Une
grande basse-cour restaurée précède l'édifice. Au milieu de la cour s'élève
une grosse fuie cylindrique couverte de tuiles plates. L'ensemble était
précédé par un grand mur d'enceinte flanqué de tourelles fortifiées dont la
dernière a été détruite à la fin du XXe siècle lors de la rectification du
tracé de la route qui le borde. (1)
Éléments protégés MH: le château comprenant le logis et son assiette
entourée de douves, les dépendances et la basse-cour, les anciens jardins et
le canal, en totalité : inscription par arrêté du 25 septembre 2012.
château de Bernessard 17260 Gémozac, propriété privée, Association
Emmanuelle.
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