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Dominant l'église et les fontaines gallo-romaines, le
château de Vénérand fut le siège d'une seigneurie ancienne qui appartenait
dès 1370 à Rolland d'Authon, seigneur de Chachevrier. Sa nièce, Jeanne de
Sallebrache, dame de Vénérand, apporta cette terre à son mari, Achard de
Polignac. Le dernier des Polignac, de la branche des seigneurs de Vénérand,
Louis, chevalier, seigneur d'Argence, ne laissa que des filles de son
mariage avec Suzanne Geoffroy, dame de Dompierre et de Fouras, en Aunis. A
la suite d'un contrat de partage, passé en 1661, entre ses gendres, la terre
et seigneurie de Vénérand revint à Diane de Polignac, épouse d'Henri
Guibert, chevalier, seigneur de Landes et de Coulonge-sur-Charente. Après la
mort d'Henri Guibert, elle épousa en secondes noces Jacques Dubois, lequel
portait les titres de chevalier, seigneur des Portes, de Saint-Mandé, de
Coulonge, de Vénérand et autres places, en 1671. À Diane de Polignac succéda
quelques années plus tard Alexis de Sainte-Maure, chevalier, petit-fils de
Geoffroy de Sainte-Maure et de Vivianne de Polignac. De son mariage avec
Suzanne de Catelan, il n'eut que des filles, dont Judith-Huberte, mariée à
Jean-Louis de Brémond, marquis d'Ars, qui eut la seigneurie de Vénérand
après un partage, en 1698. Ils vendirent le château en 1719 à Jean André,
secrétaire du Roi, sur lequel il fut saisi dix ans plus tard et adjugé à
Joseph Priquet, seigneur de La Bussière, demeurant à Paris. En 1741, il
revendit le fief, terre et seigneurie de Vénérand à Louis-Ignace de Karres,
chevalier, brigadier des armées du Roi et colonel d'un régiment suisse de
son nom, époux d'Anne-Louise Boscal de Réals, tous deux héritiers, en 1746,
du château du Douhet.
A partir de cette date, il alla résider au Douhet et loua, en 1749, le
château de Vénérand à Simon-Pierre de Lacoré, évêque de Saintes, pour 2000
livres, somme que l'évêque employa pour la réparation du château. Après la
mort de Louis-Ignace de Karres, le tuteur de ses enfants mineurs offrit à
l'évêque de Saintes la jouissance du château du Douhet, pour pouvoir
récupérer Vénérand, d'un entretien moindre. L'évêque accepta et déménagea,
en 1752, pour aller habiter au château du Douhet. En 1777, le procureur de
Louis-Ignace de Karres et de ses frères, Georges-François et
Charles-François, tous trois fils de Louis-Ignace et d'Anne-Louise Boscal de
Réals vendirent le château de Vénérand, relevant d'Écoyeux, à
Jacques-Honoré-François de Sartre, écuyer, capitaine de cavalerie, demeurant
à Rochefort. Sa fille, Marie-Eutrope-Mélanie épousa Louis-Joseph Gaigneron
de Morin, à qui elle apporta Vénérand, qui revint ensuite à Suzanne
Gaigneron, petite-fille de ces derniers, épouse en premières noces du comte
de La Tour-Landry, puis en secondes noces de Jules-Alexis de Brémond d'Ars,
dans la famille duquel elle fit à nouveau passer le château. En 1898, il fut
vendu par leurs enfants à Albert Mitonneau. Le château de Vénérand est un
grand corps de logis du XVIIIe siècle, malheureusement modifié, venant
s'appuyer contre un curieux pavillon couvert d'ardoise, vestige d'un premier
édifice. Côté cour, il est encadré par deux grandes ailes de dépendances en
partie détruites, flanqué à l'origine d'un petit pavillon carré. Entre ces
deux pavillons il existait vraisemblablement autrefois de belles grilles qui
ont été transportées par la famille Brémond d'Ars, au XIXe siècle, au
château de La Mothe-du-Bois, dans les Deux-Sèvres. (1)
château de Vénérand 17100 Vénérand, propriété privée, ne se visite pas.
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