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La seigneurie de Matha a été confiée par Charles
Le Chauve à Wulgrin, comte d'Angoulême qui élève le premier château (ou
motte castrale) vers 866, pour enrayer l'envahisseur Normand. Le château
passa à divers héritiers des comtes dont l'histoire est émaillée de sombres
affaires d'empoisonnement (vraies ou fausses) jusqu'en 1027, quand le comte
Guillaume IV meurt subitement. Avant de mourir, il a déshérité ses
petits-enfants car il soupçonne sa bru, Alaisie, fille de Sanche, duc de
Gascogne, de l'avoir empoisonné. À la mort de son fils, c'est le cadet
Geoffroy qui lui succède. Mais Geoffroy donne Matha à ses neveux qui vont
fonder la souche des Matha. Parmi les descendants on trouve Geoffroy Rudel,
seigneur de Blaye. En 1242, blessée dans son orgueil, Isabelle, veuve de
Jean sans Terre, épouse de Hugues de Lusignan, entraîne celui-ci dans une
révolte contre Louix IX (saint Louis); elle donne Matha à son fils Henri III,
roi d'Angleterre. Mais, dans sa rapide campagne, Louis IX reprend Matha qui
était défendu par Robert de Montberon. Pendant la Guerre de Cent Ans, Matha
est tantôt aux mains des Français, tantôt entre celles des Anglo-Aquitains;
à la fin de la guerre, la seigneurie passe dans la famille Montberon.
Pendant près de cent ans cette famille garde Matha, alliée aux plus grandes
lignées nobles de la région et familière des grands noms du royaume: on
trouve dans les généalogies les Chabot de Jarnac, les La Rochechouart, les
Chabannes, les La Rochefoucauld, les Levis, les Galiot de Genouillac. Leur
dernière descendante, Jacquettede Montberon, apporte en dot, en 1558, à
André de Bourdeilles, tous les biens de la famille. C'est Jacquette, devenue
veuve, qui édifie le château de Bourdeilles (Dordogne). Les Bourdeilles
conservent Matha jusqu'à la Révolution; Henry-Joseph de Bourdeilles périt
sur l'échafaud en 1794.
Du château-fort (ou du castrum du Xe siècle), il ne reste rien; un tertre
circulaire, haut de quatre à cinq mètres, dans un jardin voisin du château
actuel serait (peut-être) la motte primitive. On sait que saint Louis fit
raser le château et sa grosse tour en 1242, avant la bataille de
Taillebourg. Actuellement, on voit sur un tertre peu élevé un pavillon
Renaissance. C'est une tour carrée de trois étages à cheval sur un vaste
porche surbaissé. Elle est couronnée de créneaux et de mâchicoulis,
surmontée d'un haut comble d'ardoise. Les fenêtres sont ornées de frontons
semi-circulaires; aux deux premiers étages, les niches qui encadrent les
fenêtres ont aussi ces frontons. Une tour carrée, plus petite, flanque
l'angle sud-ouest de la grosse tour. Elle est percée d'une porte à fronton
triangulaire munie de créneaux et de mâchicoulis et de fenêtres dont le
fronton est en arc surbaissé. Il s'agissait à l'origine d'une tour
renfermant un escalier rampe sur rampe, remplacé depuis par un escalier en
bois. Son chemin de ronde et sa toiture d'ardoise sont une création du XIXe
siècle. Du reste du château, il ne subsiste que l'emplacement; pendant le
siège de Saint-Jean-d'Angély, en 1621, la Reine-mère y résidait. Un
inventaire dressé en 1784, montre un château comprenant une chapelle avec
tribune, un corps de logis avec plusieurs appartements, le pavillon d'entrée
qui subsiste aujourd'hui, des dépendances et un grand ou vieux corps de
logis où étaient entreposés des vieux morceaux de bois, et enfin, une salle
du trésor. (1)
Éléments protégés MH: le château sauf parties classées : inscription par
arrêté du 6 décembre 1948. Les façades et les toitures: classement par
arrêté du 7 mars 1952.
château de Matha 17160 Matha, propriété privée, visite des extérieurs
uniquement.
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