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Possession des sires de Taulnay dès la
seconde moitié du IX siècle, Mourière reste entre leurs mains jusqu'en 1251.
À cette date, Sybille de Taulnay, fille de Hugues, seigneur de
Villeneuve-la-Comtesse (mort en 1244 sans hoir mâle), épouse Aimery Goumard,
seigneur d'Échillais, et lui apporte en dot, outre Mourière, les seigneuries
du Parc d'Archiac et de La Funelière. À l'extinction des Goumard, à la fin
du XVIe siècle, la terre de Mourière devient propriété de François Chesnel,
époux de Marie Bidau, puis à la suite du mariage de Catherine Chesnel,
petite-fille des précédents, avec Gabriel de La Laurencie, écuyer, seigneur
de Villeneuve-la-Comtesse, le 11 février 1603, reste trois générations dans
cette famille. A la fin du XVIIe siècle, elle est entre les mains des
Mothus-Dhubé qui la vendent en 1731 et pour 28 000 livres à Henri-François
des Herbiers de L'Estanduère, capitaine des vaisseaux du Roi (qui décèdera
en 1752), époux d'Olive Gaillard. Leur fille aînée Marie-Olive convole par
deux fois: la première avec Charles des Herbiers, capitaine des vaisseaux du
Roi, et la seconde en 1753 avec Gaspard Cochon du Puy, docteur-régent de
l'université de Paris, médecin ordinaire du Roi, directeur de l'École
d'Anatomie et de Chirurgie de Rochefort, chevalier de l'Ordre de
Saint-Michel. A la mort de ce dernier, le 7 janvier 1788, Mourière est
achetée par Louis Hardy, notaire à Saint-Jean-d'Angély, neveu de
Pierre-Auguste Perrodeau de Beaufief et époux de Louise-Thérèse Dubois.
Après leur disparition, leurs deux filles héritent conjointement le domaine:
Louise-Thérèse Hardy n'aura pas d'enfant d'Alexandre de Saint-Laurent,
capitaine de vaisseau; sa sœur, Marie-Rosalie-Justine, mariée à
Pierre-Alexandre de Lestang, capitaine d'artillerie, restaure l'édifice au
début de l'Empire et transmet la propriété à leur fils aîné Pierre-Alexandre
lorsqu'il épouse en 1833 Modeste-Élisabeth du Breton, fille de Louis-Aimé,
adjudant-général, commandant d'armes de l'île de Ré, chevalier de la Légion
d'Honneur, et de Cécile-Modeste Latapie-Labarthe. Mourière passe, en 1867,
chez les Normand d'Authon à la suite du mariage de Marcelin avec
Marie-Cécile- Ernestine de Lestang.
Après la disparition, en 1951, de leur petit-fils Jean-Ernest-Alfred-Louis,
alors veuf de Marie-Marguerite de Douhet de Villossanges, le château sera
vendu en 1954 par leurs héritiers. L'édifice comporte un corps de logis
principal de style Directoire, à deux étages. Sa façade, pourvue de hautes
croisées, répond à une vaste cour engazonnée, à l'origine limitée de part et
d'autre par des servitudes dont il reste quelques vestiges; elle est fermée
par une grille située elle-même dans l'alignement d'une majestueuse allée de
platanes. A l'intérieur, dans le vestibule, un bel escalier à rampe forgée,
contemporain de l'édifice, donne accès aux étages. Sur la façade opposée ont
été greffées postérieurement deux ailes en retour sans grand caractère.
L'une d'entre elles a d'ailleurs été rasée à la fin du XXe siècle. Dans le
parc, au sud de ces bâtiments, subsiste une petite chapelle charmante
quoique très simple, autrefois lambrissée et construite sans doute au XVIIIe
siècle; en effet Henri-François des Herbiers obtint le droit d'y faire dire
la messe le 25 mai 1741. Quelques décennies plus tard, le Révérend Père
Martial Hardy, frère de Louis, curé de Montboyer, réfractaire, y célébra les
offices à son retour d'émigration. (1)
château de la Mourière, route de Muron 17430 Tonnay-Charente, propriété
privée, ne se visite pas.
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