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Ce manoir, dit
château de La Borie, tient son nom du lieu-dit sur lequel il est implanté.
Le terme Borie vient de l'ancien occitan boaria, boria et du latin bovaria,
boaria au sens d'étable à bœufs, puis par extension de ferme. Aucune
information sur les commanditaires et les propriétaires successifs du manoir
n'a été retrouvée. Situé dans le champ de visibilité du château de Turenne,
ce manoir aurait été, d'après la tradition locale, un avant poste des
seigneurs de Turenne. Mais en l'absence de source, il est difficile d'étayer
cette hypothèse. Construit au XVIIe siècle, il a été remanié aux XVIIIe et
XIXe siècles. Au début du XXe siècle, il est en partie reconstruit et
agrandi côté est. La grange-étable est également reconstruite comme
l'attestent la date 1920, inscrite sur le linteau de l'une des portes
charretières et la reprise de maçonnerie, visible sur la façade principale
sud. L'observation sur le terrain, et notamment la constatation d'absence de
déclivité de terrain, laisse penser qu'à l'origine la grange-étable était de
type limousin, avec un seul niveau d'accès. Sa reconstruction a été
l'occasion de la transformer en grange-étable de type auvergnat avec deux
niveaux d'accès telle qu'elle se présente aujourd'hui.
Le château de La Borie est composé d'un logis en rez-de-chaussée surélevé,
d'une grange-étable, d'un séchoir à noix, d'une cabane et d'un hangar. Une
cour sépare les principaux bâtiments agricoles du logis. Le logis, flanqué
d'une tour d'escalier carrée, présente un plan en croix grecque. Les toits
du logis, à croupes à égouts retroussés, et de la tour, en pavillon, sont
couverts d'ardoises. Des épis de faîtage en fer blanc coiffent les
extrémités nord et ouest du toit sur lequel s'élèvent également deux
imposantes souches de cheminées, l'une sur la ligne faîtière et l'autre sur
la croupe ouest. L'édifice est principalement construit en blocage de
moellons de calcaire. Les encadrements de certaines baies nord sont, en
partie, réalisés en grès rouge ou beige. Des traces d'un ancien enduit sont
encore visibles sur l'élévation sud. La façade principale du logis est
magnifiée par la tour hors-œuvre se développant sur deux étages et un comble
à surcroît et qui est ajourée d'une travée d'ouvertures se terminant par une
lucarne à fronton-pignon couronnée d'acrotères. Cette tour, dans laquelle
est logé un escalier tournant à retours et à mur noyau, délimite les deux
ailes du bâti, l'une à l'est, l'autre à l'ouest.
L'accès au logis se fait par un escalier extérieur droit, en maçonnerie,
avec garde-corps en fer forgé, adossé au mur gouttereau sud de l'aile ouest,
donnant sur un perron en pierre. Deux portes, l'une à traverse d'imposte en
pierre percée dans la tour d'escalier et l'autre, plus récente, à imposte
vitrée percée dans le mur gouttereau sud, s'ouvrent sur ce perron. L'aile
est du logis a été en partie reconstruite comme l'attestent les traces de
reprises de maçonnerie et l'utilisation de pierres en remploi. Une ancienne
porcherie était aménagée devant cette aile dont le sol en calade (dit
également pisé, en Corrèze) est encore en partie conservé. Sur l'élévation
postérieure nord, un imposant avant-corps en saillie fait écho à la tour
d'escalier de l'élévation sud et contribue ainsi à l'équilibre général du
bâti. Cet avant-corps est ajouré d'une travée d'ouvertures composée de trois
baies à feuillures. Celle du premier étage est chanfreinée. A droite de
l'avant-corps, se trouvent une travée d'ouvertures ainsi qu'une porte
chanfreinée, à congés triangulaires, en arc déprimé permettant d'accéder à
la cave voûtée en berceau qui se développe sous l'aile ouest.
A droite de l'avant-corps, on remarque des traces d'arrachement et de
reprise de maçonnerie réalisée en appareil irrégulier de type nid d'abeille
très caractéristique de l'architecture du début du XXe siècle. Sur le mur de
croupe ouest, aveugle, subsiste un caisson de latrines couvert de lauzes de
grès. A l'intérieur du logis, chaque aile loge une pièce disposant de sa
cheminée monumentale en pierre. Celle située dans l'aile ouest est la plus
ancienne. Elle dispose d'un linteau monolithe en pierre, de piédroits à
double chanfrein et est couronnée d'une corniche saillante. Faisant face à
l'élévation postérieure nord du logis, la grange-étable de type auvergnat
présente, sur sa façade principale sud, un premier niveau d'accès composé de
trois portes charretières en arc segmentaire à claveaux alternant le grès
beige et rouge et d'une porte d'étable. Deux baies fenières ont été percées
sur cette élévation lors de la reconstruction de la grange-étable. Sur le
mur-pignon est, une rampe d'accès en terre, maintenue par un mur de
soutènement en pierre, permet d'accéder niveau supérieur par l'intermédiaire
d'une large porte charretière surmontée d'une croix.
D'autres dépendances agricoles, un ancien fournil et un hangar, sont
présentes à proximité du logis. Le fournil, de plan rectangulaire, est
couvert d'un toit à deux pans en tuile mécanique, sur lequel une lucarne à
fronton-pignon servant de pigeonnier est installée. Le niveau supérieur est
aménagé en séchoir à noix. Un peu à l'écart, une ancienne cabane,
transformée en logement, est implantée au milieu d'une large parcelle, près
de la route. Son élévation principale sud est percée d'une porte chanfreinée
en accolade accostée d'une petite fenêtre à appui saillant mouluré, en
remploi. Le manoir est clôturé par un muret en pierre à chaperon
triangulaire et un portillon en fer forgé encadré de deux piliers.
château de La Borie 19500 Ligneyrac, propriété privée, ne se visite pas,
visible de la route.
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