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La première
trace écrite date de 1366 : Jacob dit de Villers-le-Haut, écuyer, tient une
portion de la seigneurie de Thenissey à cause de sa femme ; tout le
maisonnement qu'il tient au chef de la ville devers Gissey ; un quart de la
justice, la moitié du moulin. En 1392, dénombrement par Eudes de Champlevis,
chevalier sire de Poisat, au nom de Philippe de Champlevis son fils qu'il a
eu de feue Isabelle de Jaucourt, fille de feu messires Philippe de Jaucourt,
sa femme, de ses seigneuries de Gissey et Bousot, en la châtellenie de
Salmaise. A Gissey, une tour appelée la tour Michel Guiote, la grange, le
colombier et dépendance, assis en la ville de Gissey derrière l'église dudit
lieu, et tenant au cimetière dudit lieu ; quatre magnies d'hommes, toute la
justice sur ces hommes, la huitième partie du four, la huitième partie de
toute justice. En 1447, Matheline Davantois, dame de Vaissy et du Poisot,
veuve de Messire Philippe de Champlevis, chevalier sire de Gissey et de
Tenissey, pour Bonne sa fille : à Gissey, une tour appelée la tour Michel
Guiote, la grange, le colombier et le moulin séant devant ladite tour,
ensembles les meix contigus à icelle et dépendances scis audits Gissey
derrier l'église paroissiale dudit lieu et au cimetière dudit lieu ; quatre
ménages d'hommes mainmortables, la huitième partie de la moyenne justice,
basse justice sur 19 hommes et meix.
Le 15 juin 1493, "noble seigneur
messire Pierre de Saigny, chevalier, sire de Saffres en partie d'une part,
et noble homme Hugues, bastard de Clugny, seigneur de Gissey les Flavigny en
partie d'autre part. Et lequel Hugues a adressé la parole à et envers ledit
chevalier, seigneur dudit Saffres, lui requist que son bon vouloir fut de le
recevoir à lui faire les fois et hommages et devoirs que lui estoit tenu
faire, et reprendre de fief dudit chevalier à cause de son chastel et maison
fort dudit Saffres, et que icellui Hugues en estoit tenu faire à cause de sa
seigneurie dudit Gissey, ensemble les appartenances et dépendances d'icelle
seigneurie et qu'ils sont mouvant et tenus en fief dudit chastel et maison
fort dudit Saffres. Auxquelles parolles ledit chevalier a repondu qu'il
estoit prest à recevoir. Et ce fait ledit escuier seigneur dudit Gissey en
partie a baisié ledit messire Pierre de Seigny en la bouche, et mains
joinctes en signe d'estre son homme féodal et en lui promettant de lui faire
les serments tels que la nature de fief le requiet. Dont et desquelles
choses ledit chevalier a requis lectres de instrument que lui feurent
octoyées par vénérable et discrète personne maistre Jehan de Chappes,
chanoine de Besançon".
Cherche des feux du bailliage de la Montagne en
1658 : le Village de Gissey souz Flavigny dans un valon ou il y a deux
maisons seigneurialles ou il passe une petite rivière sur laquelle il y a
une prairie, les terres labourables sont partis audit valon et dans les
costeaux et montagnes. Le 4 avril 1769, aveu et dénombrement au roy, de
Gabriel de Chatenoy, chevalier, seigneur en partie de Gissey, en qualité
d’héritier testamentaire de Dame Marie de Gissey, son épouse. Les habitans
qui m’appartiennent et sont sous ma directe, sont ceux des rües qui sont du
cotté du soleil levant, de l’autre côtté du four bannal, laquelle directe se
prend depuis la rivière et le pont et commence par la maison de Denis
Lobreau dit l’anon, plus la maison seigneuriale avec colombier, grange,
écurie, pressoir avec les caves le tout attenant ensemble tenant par devant
au grand chemin ou rüe tirant à Ste Reine, du levant au chemin ou rüe tirant
à Frolois, par-dessus et d’autre cotté à des chemins communs dans laquelle
maison seigneurialle et en ma plus grande partie du domaine cy après j’ay
toute justice. L'abbé Courtépée mentionne en 1774 : deux seigneurs, N. de
Chatenai et Alexandre Jouard, celui-ci a rebati le château avec jardins,
terrasses, canal...
Au fond de la vallée encaissée de l'Oze, au centre du
village et au nord de l'église, la maison seigneuriale de Gissey, qui a
bénéficié d'une campagne de fouilles en 1994, est une tour-saule
rectangulaire, haute de douze mètres environ, à rez-de-chaussée voûté, deux
étages carrés et combles, flanquée sur la façade sud, face à l'église, d'une
tourelle ronde avec escalier en vis, et sur la façade postérieure d'une
tourelle carrée, rajoutée au XVIe siècle. Le rez-de-chaussée est occupé par
deux celliers oblongs parallèles ; leur voûte en berceau est soutenue
chacune par trois arcs-doubleaux retombant sur des culots en pyramides
renversées, moulurés ou à feuillage, couverts de tailloirs moulurés. Les
celliers sont ouverts sur chaque mur-pignon par une fenêtre fermant chacune
par une barre coulissante et deux barres à encoche, et sur les murs
gouttereaux par deux archères à ébrasement interne sous voûte (les deux
archères occidentales ont quasiment disparu suite au percement de deux
portes). L'entrée primitive se faisait par une porte percée au centre de la
façade sud, fermée elle aussi par une poutre coulissante et deux poutres à
encoche. Le premier étage était accessible par une porte haute, aujourd'hui
desservie par l'escalier. Un petit orifice dans le linteau pourrait être un
vestige d'un aménagement sommaire de relèvement de la porte ou de la rampe
d'accès. Les deux étages ont été divisés en quatre parties par des cloisons
de colombage lors d'un partage au XVIe siècle. Le second étage était
primitivement percé de fenêtres de tir et d'archères, qui ont disparu pour
la plupart lors du percement de baies plus vastes. En façade, la tourelle
ronde hors-œuvre est venue s'appliquer contre les deux portes centrales du
rez-de-chaussée et du premier étage. Elle est défendue par plusieurs
canonnières flanquantes et frontales, sans ébrasement externe, percées dans
un ébrasement interne ou dans l'allège des fenêtres. L'escalier lui-même
était protégé par un système astucieux composé d'une porte dans la volée,
porte flanquée par une canonnière percée dans la contremarche de la
révolution supérieure. La maison est couverte d'un toit à deux pans dont les
pignons ont été rajoutés sur des murs initialement gouttereaux. Cet édifice
occupe le centre d'un large pourpris où se distinguent encore les restes
d'une grange à pile près de l'église, d'un pigeonnier carré et d'un moulin
sur le ruisseau longeant la parcelle. (1)
Éléments protégés MH: les façades et les toitures, les deux salles voûtées
du rez-de-chaussée, l'escalier à vis, les cinq cheminées: classement par
arrêté du 6 novembre 1980.
château de Gissey dit
Tour Marmont 21150 Gissey-sous-Flavigny, propriété privée, ne se visite pas.
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