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Requête de Jacques
de Courtiamble en 1418 pour que le duc lui donne ses bois de Nesles en
accroissement de fief, et enquête pour prouver que les seigneurs de Nesle
avaient la haute justice. "Consigne les supplications et requestes que vous
fait votre tres humble chevalier subgiet et servicteur messire Jacques de
Courtiambles, seigneur de Comairien, pour et en recompensacion des services
qu'il vous puet avoir faiz ou temps passé et des grands frais qu'il lui a
convenu soustenir en votre service en pluseur maniere, dont il ne vous veult
faire ni aucune declaration pour ce que assez en pouvez estre informé de
vous mesme et aussi que de bouche il s'en est pluseurs foiz complaint à
vous, en vous suppliant de la permission. Il est vrai que ledit suppliant
est seigneur d'une forte place que s'appelle le chastel de Neeles, laquelle
est située es frontiere de vostre Bourgogne et Champagne, et est la
derrenière forte place de vostre dit pays en icelle partie, a laquelle
appartiennent aucune revenue qui peuvent valoir à icellui suppliant pour le
present 30 ou 40 livres de rente et non plus, qui est moult peu de chose veu
les frais qu'il y fault mettre pour la garde de ladite place ; et est vraiz
que es bois dudit lieu vous y avez grande quantité qui partent aux bois
dudit suppliant, et quand il y vient paisson, elle se vend par commun entre
vous et ledit suppliant, et en prend chascun la moitié, combien que ladite
moitié et toute la revenue desdits bois à vous appartenant ne vous vient à
aucun profit mais vous vient à charge chascun an de 2 ou 3 francs pour ce
que les gaiges du forestier montent chascun an plus que la revenue commune ;
Il pourra estre sceu en vostre chambre des comptes à Dijon par les comptes
des revenus de la gruerie au bailliage d'Auxois, qui est fait recepte et
mise; Et la cause pour quoi lesdits bois sont ainsi de petite revenue est
pour ce que ce sont tous bois es marchés d'illec, et que le peuple est tout
faible tant pour guerre que pour mortalitez, et tant que l'en ne treuve a
eux faire aucune vendue desdits bois. Et pour ce vous suplie icellui vostre
chevalier que, veu que audit finaige de Neeles ne es appertenances vous
n'avez aucune autre revenue, il vous plaise à lui donner lesdits boys en
héritaige perpetuel en accroissance dudit fief et en ce faisant vous
gagnerez deux francs ou trois chascun an et ledit suppliant en gaignera 4 ou
5 pour ce qu'il ne lui fauldra mectre point de forestier, car le sien
forestier pourra tout garder, et viendra tout le profit qui en istra en la
main dudit suppliant. Item est estably que audit finage de Neeles souloit
avoir ung arbre que se nommoit le chaigne au pendu, duquel les seigneurs de
ladite place faisoient leur justice et y faisoient executer les malfaicteurs
et crimineulx, lequel arbre est cheu et sechié par viellesse, et se aucun
cas de crime y venoit present, ledit suppliant n'a où faire ladite execution
s'il ne prenoit un autre arbre, que ce considéré et que le chastel est de
grande ancienneté et tenu en fief de vous, il nous plaise octoier audit
suppliant qu'il y puisse faire et drecier unes fourches à deux coulonnes,
veu qu'en ladite ville, finaige et appertenance il a toute justice haute,
moyenne et basse. [Est jointe une information des deux objets, sur rouleau
de papier, dont la première page manque. Voici la teneur de la seconde
partie : ] Item s'ensuit l'information faicte par moy, chastelain dessus-dit,
appelés avec moy les jurez et notaires cy après nommés, sur la haulte
justice dudit Neeles.
Et premierement le mardi 18e jour de l'an 1417, en la ville de Neeles,
Pierre de Foissy, escuyer, seigneur de Chamesson, aagé de 35 ans ou environ
si comme il dit, tesmoing juré et diligemment examiné sur ladite justice,
dit et dépose par son serment que le dit monseigneur de Comariens, seigneur
dudit Neeles, ha tenu justice haute, moyenne et basse en sadite terre de
Neele. Requis comment il le scet, dit que puis 12 ans en ça, il a esté juge
et est encour pour ledit seigneur, et plusour foyz y a tenu jours, et tient
quant il luy plait et que de par le jugement d'icelluy seigneur ont esté
plusieurs personnes tant de ladite ville que d'aultres mis en cause devant
lui par occasion de grands deliz et fortaitures faiz et commis par eux, et
iceulx condempnez en admende de 65 sols et arbitraire, selon ce que les cas
le desvoient. De qui les noms des condempnéz dit que ung appellé Aubin de
Solonge, le scet, fut condempné en amende arbitraire, et ung autre appelé le
Prélat de Neeles semblablement condempné arbitraire et plusieurs autres dont
il n'est recore des noms, en amende de 65 sols et haute, moyenne et basse.
Requis se oudit temps dont il a esté juge est advenu aucun cas criminel, dit
que non. Requis si lui feust aucun torment, il y eust presidé et jugié, dit
que selon le demerite. Requis s'il veu oncques audit lieu de Neeles ne ou
finaiges signe de fourche ou autre justice à pugnir criminelement ou
souffrir le darnier suplice, dit que non, excepté un chaigne que l'on
appelle le chaigne [sic] lequel est scis pourriz et ruyneux et tel qu'il ne
pouroit soutenir corps humain ne autre pugniz cirminelement. Requis s'il vit
aucun homme pendre audit chaigne, ne oy dire, dit que non, mais qu'il a oy
dire que ung appellé le père Girey dudit Neeles fut mis et pendu ja pieça
audit chaigne et condempné pour ses demerites par le juge dudit lieu. Requis
a cui il a oy dire ces choses, dit que à plusieur desquelx il ygnore les
noms et plus n'en scet souffisant. Requis le mardi 18e jour dudit mois
d'octobre, ainsi signé J. Nicolas et S. Maledent. Girard Sommier de Neeles,
aigé de 80 ans ou environ sil comme dit il dit tesmoing produit juré et
diligemment examine le jour dessus dit et sur ladite haute justice, dit lui
savoir et veu ce que sensuit. Et premierement requi comme seigneur il a veu
à Neeles, dit 4 seigneurs : Messire Guillaume de Neeles, Audroyn de Neeles
son fils, Jean de Neeles filz dudit Audroin, tous seigneur dudit lieu de
Neeles, Jacques de Courtaimbles nepveu dudit Jehan de Neeles a present
seigneur dudit lieu. Requis se lesdits seigneur en leur seigneurie et terre
de Neeles ont haulte justice moyenne et basse, dit que ouy et que tousjour
leur en a veu jouir et usé. Interrrogué qui est ad ice haulte justice: quand
un seigneur à l'execution du corps d'aucun crimineulx. Requis s'il vit
oncques fois audit Neeles faire l'exercie de cas criminel, dit que non, mais
il a plusieurs foys oy dire à son père et a plusieur gens ancien de ladite
ville que ung appellé Guirre fut ja pieça pendu à un chaisne qui est en
finaige dudit ville appelé le chesne au pendu. Requis s'il a vu plusieurs
juges en ladite ville, pour lediz seigneur, dit que oy, c'est assavoir Evrar
de Neeles, Guillaume d'Arbois, Jacot de Luçon et Pierre de Foissy qui encore
est juge pour le present et ledit a vuz plusieur foy condempné arbitraire,
mais il ne scet le cas pour quoy ; et y mesme que pour ce à esté condempné
pluseurs foys à execution pour son beuf qui fit prins pasturant es blez
dudit Neeles, et plus n'en scet souffesamment.
Requis ainsi signé J. Nicolas et S. Maledent. Jacot Huot, aagé de 65 ans,
Jehan Moniot, de 70 ans, Jean Ribaut alias l'esvesque de 70 ans, Jaquin
Vardont de 70 ans, tous habitant de la ville de Savoisy, le 19e jour du mois
d'octobre, temoins juré et examiné sur ladite haute justice, dient et
deposent par l'en[…] et interrogué en quoy euls savoir ce qui sens, c'est
assavoir que les bestes dudit Sauvoisy tant vaiche, pors et chievres comme
menus beste... ont esté plusieur foiz pris et emmenées audit Neeles par les
seigneurs dudit lieu, et que les pastours dudit Sauvoisey ensemble le
sergent de ladite ville les avoient requeri, et l'on leur delivroit sur
cantion. Requis s'ilz le virent onques guère de juges, dit ledit Jacot Huot
qui la veu Euvrard de Neeles, juges audit lieu et ly qui parle ot les deux
tesmoins ont veu Guillaume Darbois, Pierre de Foissy. Requis s'ilz y virent
onques fourche ne signe d'aulte justice, dient que non, mais ils ont vu oy
dire a leurs pères et devanciers que il eust ung homme pendu à ung viez
chaigne appelé le chaigne au pendu qu'est ou finaige dudit Neeles , au plus
près de la Lamère, au dessus des preaulx et plux n'en scevent ; suffisement
interroguez, J. Nicolas et S. Maledent. Pouissot Germet de Pouix, aagé de 64
ans ou environ, dit et depose de ladite haulte justice comme les dessus ditz
et en oultre à ouy dire plusieurs fois aux anciens dudit Pouix que ja pieça
en avoit pendu des pourceaulx à un chaigne appelé le chaigne au pendu,
lesquelz pourceaulx avoient tué un enfant, et plus n'en scet , souffisamment
interrogué le 19e jour".
En 1429, rôle d'évaluation des terres de Montfort, Savoisy et Thury. "Et
se confine la juridiction de Savoisy au fil messire Reniers Pot a cause du
chastel de Nesle ; au village d'Esté qui est au seigneur de Vallefin et à
monseigneur de Bourgogne à cause de Montbard ; et a Verdonney qui est à l'abbaysse
de Puys de Orbe. Et entre Vaugimas qui est de appertenances de Savoisy et
ledit Savoisy est le village d'Esté qui est du seigneur de Vallefin, et ha
de long la jurisdiction une lieue et demi de long et de travers demie
lieue". En 1512, acte de prise de possession d'un fief à Étais du
consentement de Guillaume de Montmorency, seigneur du fief, à cause de son
château de Nesle. En 1695, terrier : château composé de deux tours carrées
de 4 à 5 étages joignant la basse-cour, le tout enfermé de murailles. En
1794, tableau des ci-devant châteaux situés dans l'enceinte du district de
Châtillon-sur-Seine. Nesle : il n'existe du château que de vieilles tours
dont il faut achever la destruction : ces ruines dépendent de l'hôpital de
Chantilly dont le ci devant prince de Condé étoit seigneur honoraire. Joanne
en 1869 : ruines d'un château ; jolie tour octogonale.
Au nord du village, dominant la route de Nesle à Massoult, sur l'arête d'un
éperon rocheux. Il ne reste plus beaucoup de vestiges de ce château du XIIIe
siècle, sinon des bâtiments remaniés à différentes reprises entre le XVe et
le XVIIIe siècles vraisemblablement construits dans la basse-cour du château
primitif. Le site se répartit sur deux étroites terrasses aménagées sur
l'éperon. Sur la terrasse supérieure, au sud, il ne reste aucun vestige,
mais le talus de cette terrasse est partiellement revêtu d'un mur en grand
appareil (aujourd'hui caché par une grange), qui pourrait être la base d'un
donjon bâti sur la terrasse supérieure. La terrasse inférieure est occupée
par un bâtiment constitué par la muraille primitive du XIIIe siècle dominant
le vallon, reliée au donjon par un mur de courtine qui soutenait un chemin
de ronde, dont la porte d'accès est encore visible et à l'ouest côté cour
par une façade remaniée au XVIIe siècle. La terrasse inférieure comprenait
également une aile rectangulaire détruite par l'élargissement de la route
(il en reste un angle et un corbeau de cheminée), d'autre part par un
bâtiment avec tourelle d'escalier octogonale qui a été dessiné par Eugène
Nesle à la fin du XIXe siècle: il n'en reste que la base. (1)
château de Nesle, Impasse du Château, 21330 Nesle-et-Massoult, propriété
privée, ne se visite pas.
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