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Première mention avant 1189 : Hervé, sire de
Saffres. En août 1189, donation de Hugues III à l'abbé de Réome, parmi les
témoins Vernei Arvius de Saffres. Dans le premier registre de
Philippe-Auguste en 1200, le nom du duc de Bourgogne est suivi par celui de
ses neuf principaux barons : les seigneurs de Frôlois, Époisses, Mirebeau,
Mont-Saint-Jean, Sombernon, Mâlain, Saulx, Tilchâtel, Thil, et de Hervé de
Saffres. Il y a au château une chapelle fondée en 1204, et dotée des dixmes
des terres franches de Saffres. En 1323, les fils d'Hervé de Saffres, Jean
et Hervé, chanoines de Langres, et les fils de Gui, fils d'Hervé,
abandonnent au profit de Hervé II, fils de Gui, toute leur part d'héritage,
à savoir Saffres : on y dénombre plusieurs tours rondes et carrées, des
murs, des créneaux, des fossé en saulsaie, une porte et un pont donnant
accès au belle et au château, cuisine, salle avec celliers, plusieurs
chambres. La chapelle doit rester accessible aux uns comme aux autres.
Plusieurs granges : bouerie, tiercerie, bergerie, grande grange, étable,
pressoir, et ses fiefs : Eguilly, Grandchamp, Soussey, Vellerot, Grobois,
Echannay, Champrenault, Marcellois, Boissere et Saint-Saornin... Le 24 mai
1360, (Rôle des Vassaux du duc) Jean, seigneur de Saffre, tient du duc le
châtel, châtellenie et dépendances de Saffres-en-Auxois.
Le 10 octobre 1447, dénombrement de partie de la seigneurie de Saffres par
Antoine de Saigny, écuyer, seigneur de Saffres en partie : "la moitié du
dongeon et bassecour dudit Saffres, ainsi comme les murs et fossés se
comportent et comme il appert par des bosnes de partage sur ce fetes entre
noble homme Guillaume de Cercy et sa femme, et de moy ledit Anthoine et
aparoit plus à plan par lesdits partaiges sur ce fetes. Item la moitié du
grand curtil devant la forteresse ainsi comme la cloison dudit curtil se
comporte. Item un autre curtil nommé le Vernier sent devant ladite
bassecourt entre la porte et le moulin. Et ne peulx ne doit lesdits
Guillaume de Cercy ne sadite femme ne leurs gens aler ne vernir parmy ma
part dudit dongeon, et de ladite bassecourt, se non par ma licence, comme il
appert par ledit lecture dudit partaige. Item sont les fiefs et rerefieds
que je ledit escuyer tient en foy, fief et hommaige de Mons. le duc comme
dit est. Premierement le fief de la maison fort et terre d'Aguilly ensemble
le rerefief de Grandchamp que est tenuz du fied dudit Aguilly, desdits fied
et rerefiedz il a appert et peult apparoir pour ce que les seigneurs dudit
Aguilly ayent antcessoir repris et confessé et lesquels Guiard Poinceot
tient de present. Item le fied d'Eschangey. Item le fied de Champrenault,
que ma dame la femme de feu messire Jehan de Vienne tenoit, comme il
n'appert peult par aucune reprise. Item le fied du roichon de Soucey et des
appertenances. Item le fied de Gresigny, c'est assavoir la moitié du chastel
dudit Gresigny et autre choses que Guillaume d'Alligny tient de present".
En 1461 "Saffres, ou il a forteresse, a M. Anthoine de Saigny et a Guillaume
de Sercey, escuyer". En 1475, Antoine de Luxembourg, comte de Roussy et de
Charny, maréchal de Bourgogne, mande à Jean de Fontette, seigneur de Verrey
d'obliger les habitants et manants de la terre de Saffres à monter la garde
à la maison forte de ladite paroisse, à y tenir garnison et à en réparer les
murailles. Ils s'y sont refusés, malgré les ordres de Pierre de Saigny leur
seigneur, et il en pourrait résulter dommage à cause de la guerre avec la
France. Le 15 juin 1493, noble seigneur messire Pierre de Saigny, chevalier,
sire de Saffres en partie d'une part, et noble homme Hugues, bastard de
Clugny, seigneur de Gissey les Flavigny en partie d'autre part. "Et lequel
Hugues a adressé la parole à et envers ledit chevalier, seigneur dudit
Saffres, lui requist que son bon vouloir fut de le recevoir à lui faire les
fois et hommages et devoirs que lui estoit tenu faire, et reprendre de fief
dudit chevalier à cause de son chastel et maison fort dudit Saffres, et que
icellui Hugues en estoit tenu faire à cause de sa seigneurie dudit Gissey,
ensemble les appartenances et dépendances d'icelle seigneurie et qu'ils sont
mouvant et tenus en fief dudit chastel et maison fort dudit Saffres.
Auxquelles parolles ledit chevalier a repondu qu'il estoit prest à recevoir.
Et ce fait ledit escuier seigneur dudit Gissey en partie a baisié ledit
messire Pierre de Seigny en la bouche, et mains joinctes en signe d'estre
son homme féodal et en lui promettant de lui faire les serments tels que la
nature de fief le requiet. Dont et desquelles choses ledit chevalier a
requis lectres de instrument que lui feurent octoyées par vénérable et
discrète personne maistre Jehan de Chappes, chanoine de Besançon".
Le 27 juillet 1503, échange entre Louis de Brancion, écuyer, seigneur de la
Mure, Mirebeau-en-Montagne et de Saffres en partie, avec l'accord de sa
femme Jehanne Maillardet d'une part, et Othenin de Cléron, écuyer, seigneur
de Cléron et de Saffres en partie. Le premier donne au second "mes terres et
seigneuries dudit Saffres, tant en maison forte, justice haute, moyenne et
basse, hommes, femmes, terres, prés, contre une rente annuelle de 200
francs". En 1539, dénombrement de la seigneurie de Saffres par Guy de Cléron,
écuyer, au nom de Othenin de Cléron, seigneur dudit lieu son père.
Premièrement la seigneurie de Saffres "en laquelle y a ung chastel et maison
fort garny de tours, ouquel chastel y a plusieurs chambres constuictes et
ediffiées. Aussy y a une bassecour en laquelle y a une chapelle, grange et
establerie pour mettre les foings et graines de la seigneurie. Laquelle
terre et seigneurie de Saffres est chargiée d'une messe tous les jours avec
vespres, qu'il se doibvent dire et celebrée en ladite chapelle estant en la
basse-cour dudit chastel". Fiefs dépendant de Saffres : la mothe d'Eschannay.
Item la tour de Sourrey. Item le chastel et maison forte de Champrenault.
Item le chastel et maison forte de Gresigny Item le chasteaul maison forte
de Marcellois, que tenois Jehan d'Auxy à cause de damoiselle Claudine dit la
Baulme sa femme. Item le fied du chasteaul, maison fort, seigneurie et
appartenance de Chaumont-le-Bois que tenoit Claude Descombe à cause des
enfans de Claude de Montigny.
Le 23 novembre 1583, dénombrement du quart de la terre et seigneurie de
Saffres par François de Cléron, écuyer, fils et héritier de feu Arvier de
Cléron son père. Elle consiste en une tour carrée étant dans le donjon du
château ; item environ un tiers du château, bâtiments etc, et toute justice.
En 1592 le château est pillé par les Ligueurs. Terrier de Saffres, rédigé en
1634 pour Messire Vincent Robelin, chevalier, conseiller du roi : "chasteau,
bassecour, pourpris et maison forte, aisance et appartenances dudit seigneur
de Saffres ensemble les bois, fours, pressoirs et vignes moulin.
Premierement le donjon et chastel dudit Saffres, revestu de plusieurs tours,
notament de la grosse tour estant au millieu dudit donjon, et une grosse
tour quarrée bastie à ment pour servir d'entrée dudit donjon, contenant
ledit donjon deux journaux et un quart, revestu de fossés à fond de cuve.
Les basse-cour dudit chasteau à l'entrée de laquelle il y avoit aultre fois
ung pavillon pour entrer en icelle, lequel est a present ruyné, trois
granges joignant l'une l'autre du costé d'orient, batye à ment avec deux
maisons aussi bastie à ment pour le logement des metaillers et une petite
granges, un colombier. Déclaration des fiefs de danger : Marcellois,
Fontette et Gissey. Plus ledit Vigolet a dict et declaré qu'il y a une
chappelle au chasteau dudit Saffres, pour la fondation de laquelle les
seigneurs dudit Saffres par contract de ladite fondation de l'an deulx cent
et quatre ont donné pour la dotation de ladite chappelle de deixme des
terres franches, à raison de 20 gerbes l'une".
Marché passé en 1665 par Denis Languet, procureur général au parlement,
baron de Saffres, pour l'enlèvement d'une motte de terre dans l'enclos du
château. En 1678, délivrance par les habitants de Saffres des réparations à
faire à la porte de la basse-cour et au pont dormant du château, réparation
mise à leur charge comme retrayants. Le 4 avril 1700, dénombrement de
Guillaume Languet Robelin, seigneur de Rochefort-sur-Armançon, baron de
Saffre. "Premièrement consiste ladite terre et seigneurie de Saffres au
châtel et maison forte dudit Saffres, revestu de fossés avec pont-levis,
auquel chastel les habitants des villages et paroisses de Saffres... sont
retrayant et sujet au guet et garde en temps de guerre et éminent peril, et
aux menus emparements d'icelui en temps de paix... Item a cause dudit
chastel de Saffres sont mouvant de fief dudit seigneur de Saffres... Item la
terre et seigneurie de Chaumont-le-Bois appartenant au sieur de la Feuillée,
ensemble les arrières fiefs mouvant dudit Chaumont-le-Bois, savoir la tour
de Venarey et la tour Buro, qui sont arrière fief de Saffres. Item la terre
et seigneurie de Gissey-sous-Flavigny Item la terre et seigneurie d'Eguilly
ensemble les arrières fiefs mouvant d'Eguilly : Grandchamps, la Motte
d'Echannay. Item la terre et seigneurie de Champrenault. Item la terre et
seigneurie de Grésigny. Item les fiefs de Mousson et de Balaon". En 1702,
autorisation aux habitants de Saffres et Uncey, retrayants du château de
Saffres, à s'imposer la somme de 250 livres pour le curage des fossés et la
répartation du pont dormant de la basse-cour. En 1763, marché de démolition
de la tour carrée du château.
Au fond d'une courte vallée d'un affluent de la Brenne, au sud du bourg
principal du village appelé la Rue Haute, ce château, que les sources nous
révèlent bien imposant jusqu'au XVIe siècle, a laissé des vestiges assez
décevants. En 1836 (cadastre), il n'en reste plus que quatre bâtiments aux
quatre coins d'une plate-forme soulignée par un fossé au sud-est.
Aujourd'hui, seul subsiste le bâtiment principal : c'est a une ruine en
restauration, dont l'élément le plus caractéristique est une façade moderne
à un étage carré, tournée vers le sud, flanquée de part et d'autre de deux
tours rondes de même hauteur, vraisemblablement plus anciennes. La façade
est celle d'un bâtiment de plan rectangulaire allongé, dont manquent le toit
et les planchers, et vraisemblablement contemporain de ses cheminées en
marbre du XVIIIe siècle. La tour qui flanque la façade à l'ouest a un plan
en fer à cheval ; la partie demi-circulaire est percée de larges fenêtres
modernes, mais on distingue encore deux canonnières à fente de visée qui ont
été obturées par la construction de la façade méridionale. La gorge de la
tour est occupée par une cage d'escalier dont les linteaux sont sculptés
d'accolades. La tour orientale est un peu plus large que la première ; elle
est aussi munie d'une canonnière, et son plan en fer à cheval est incliné
d'environ 30° par rapport à la façade. Plus au nord, un puissant mur,
parallèle au bâtiment moderne, semble fermer une grange accolée au château.
Il reprend vraisemblablement des bâtiments plus anciens. L'ensemble du
château semble avoir été bâti à l'extrémité septentrionale d'une plate-forme
carrée dont les limites se devinent encore au nord, mais dont l'éventuel
fossé sud aurait totalement disparu. (1)
château de
Saffres 21350 Saffres, belle ruine en cours de restauration !
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