|
La paroisse de
Villard relevait de la châtellenie de Dun en 1477, ainsi qu'en 1643 et 1686,
puis de celle de Crozant en 1751. La justice du lieu appartenait à M. de
Châteauclos avant le 18e siècle, puis en 1773, la paroisse a été divisée en
trois fiefs dont les seigneurs étaient le Marquis de Persan, le sieur Bardon
et le sieur Tardy de la Jaunière. Il existait à Villard un prieuré-cure dont
la date de fondation est inconnue. Dans les dernières décennies du XVIe
siècle, l'église et le prieuré de Villard ont été brûlés par les armées du
duc de Deux-Ponts. Au XVIIe siècle, le patron collateur du prieuré était
alors le Prévôt de Saint-Vaury, qui y nommait les prieures en 1688, 1691,
1707, puis l'aquilaire du chapitre Saint-Martial après l'union de cette
prévôté. Outre l'église, le prieuré-cure possédait divers bâtiments (maison,
grange, écurie), un jardin, mais aussi des terres disséminées dans les
hameaux de la paroisse. La grange aurait été détruite et le reste des
bâtiments étaient déjà à cette époque en mauvais état. Il semble que les
bâtiments se soient dégradés au XVIIIe siècle puisqu'ils ne faisaient pas
partie de ceux désignés pour être vendus comme Biens Nationaux après la
Révolution. Au Pont de l'Enfer, trois mottes castrales sont encore visibles.
Séparées par des fossés, elles étaient encadrées de part et d'autre par une
plate-forme et l'ensemble était cerné d'un chemin de ronde. La présence de
deux châteaux est également attestée à Villard: le château de Lavaud le
Vieux, aujourd'hui Lavaud, apparaît sur la carte de Cassini tandis que la
première mention du château du Terrail apparaît au XVIe siècle. Les seuls
vestiges du château de Lavaud sont aujourd'hui une ferme présentant
plusieurs remplois dont un linteau armorié et daté. Le château du Terrail
conserve toujours une ancienne tour de défense, utilisée aujourd'hui comme
pigeonnier.
Le plus ancien seigneur connu du château du Terrail est Maximilien de Renu,
chevalier d'Aubusson, Le Terrail, Les Vauxfouines et autres places. En 1521,
Pierre de Chamborant était seigneur du Terrail, des Portes et de Jouillac.
Le domaine était aussi à une époque plus récente une dépendance du château
de Jouillat. En 1858, le Terrail était habité par Jean Monot, instituteur à
l'école de Villard. Situé le long de la route départementale 5, le château
du Terrail est un bâtiment de grande dimension comportant un logis, une
maison de métayers, plusieurs granges-étables, un hangar et une remise
agricoles. En face du logis se dresse une ancienne tour de défense. Le logis
est un bâtiment de plan rectangulaire construit sur cave et s'élevant sur
deux niveaux plus un étage sous toit. Bâti en moellon de granite et de
schiste, il présente sept travées en façade. L'appareil est enduit, ne
laissant apparaître que les pierres de taille des chaînages d'angles et des
encadrements. Toutes les ouvertures, à l'exception de la porte d'entrée du
logis, présentent des encadrements harpés en pierre de taille (granite) avec
des linteaux en arc segmentaire (granite). Le toit à croupe en ardoise,
surmonté de deux souches de cheminée en brique, est ouvert sur le pan
sud-est par quatre lucarnes à guitare en bois couvertes en ardoise et
sommées d'un épi de faîtage métallique. La porte d'entrée du logis, sur la
façade sud-est, présente des encadrements harpés chanfreinés avec un linteau
droit également chanfreiné. Le pignon nord-est compte deux travées sur deux
niveaux. Sous les deux fenêtres du rez-de-chaussée, une petite ouverture
avec encadrements monolithes (granite) donne dans la cave. Face au logis (au
sud), se dresse une ancienne tour de défense, utilisée aujourd'hui comme
pigeonnier. De plan circulaire, elle est bâtie en moellon de granite
partiellement enduit et s'élève sur trois niveaux. Son toit en poivrière
retroussé est couvert en ardoise et surmonté d'un épi de faîtage ouvragé en
zinc. La tour mesure quatre mètres de haut pour un diamètre de 2,50 mètres.
Au rez-de-chaussée, elle présente une ouverture avec encadrements harpés et
linteau plein cintre en pierre de taille. Au second niveau, la tour est
ouverte sur l'extérieur par une porte en bois avec encadrements en bois et
par une baie avec encadrements harpés et linteau en arc segmentaire en
pierre de taille. Au dernier niveau, l'unique ouverture, de petite
dimension, comporte des encadrements en bois et une tablette d'envol pour
les pigeons.
Contre la tour, au sud, est accolé ce qui semble être un poulailler ou une
remise. Il s'agit d´un petit bâtiment de plan carré, bâti en moellon de
granite et de schiste et couvert d'un toit à un pan en ardoise. Il présente
une ouverture sur chacune de ses trois façades, avec jambages en brique et
linteau en bois. Accolé au pignon sud-ouest du logis, se trouve un ensemble
constitué d'une maison de métayers et de deux granges-étables. Cet ensemble,
situé sous une même ligne faîtière (plus basse que celle du logis), est
couvert d'un toit à longs pans en ardoise et marqué par des chaînages
d'angle en pierre de taille. La maison de métayers comporte un étage sous
toit. Elle présente en façade une porte et une fenêtre avec encadrements en
bois tandis que l'étage sous toit est ouvert sur le pan sud-est par une
lucarne à guitare pendante identique à celles du logis (lucarne en bois
couverte en ardoise et surmontée d'un épi de faîtage métallique). Les
granges-étables, partiellement enduites, présentent deux portes de granges
alternant avec six portes d'étables (chaque porte de grange est encadrée par
deux portes d'étables). Les deux portes de granges sont surmontées d'un
linteau rustique en bois mais seule la porte sud-ouest comporte des
encadrements harpés en pierre de taille (granite). Quatre des six portes
d'étables présentent des jambages harpés en pierre de taille et des linteaux
en claveaux en arc segmentaire en granite. Les deux autres portes d'étable
(une au sud-ouest et une au nord-est), probablement reprises, présentent
quant à elles des encadrements en bois et en ciment. Contre le pignon
sud-ouest des granges-étables, une charreterie en brique et essentage de
bois a été bâtie et couverte d'un toit à un pan en tuile mécanique.
Perpendiculairement à cet ensemble, au sud-ouest, se trouve une dépendance,
probablement des écuries. De plan rectangulaire, elle compte un
rez-de-chaussée et un étage sous toit. Couverte d'un toit à longs pans en
ardoise, elle est bâtie en moellon de granite partiellement enduit et
marquée par des chaînages d'angle en pierre de taille. Elle présente sur sa
façade sud-est trois portes d'écuries avec encadrements en bois. Le pignon
sud présente quant à lui trois ouvertures avec encadrements en bois: deux
baies au rez-de-chaussée et une porte à l'étage. Un hangar, de facture
récente, est placé perpendiculairement à cette dépendance. (1)
château du Terrail 23800 Villard, propriété privée, ne se visite pas,
visible de l'extérieur.
Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents
concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous
constatez une erreur, contactez nous. Nous remercions
chaleureusement Monsieur Bernard Drarvé pour les photos qu'il nous a
adressées afin d'illustrer cet historique.
A voir sur cette page "châteaux
de la Creuse" tous les châteaux répertoriés à ce jour
dans ce département. |
|