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Miséré tire son nom de l’occupation romaine et de
Misérius, son propriétaire. Au Moyen Age Miséré devint le siège d’un fief
relevant de la seigneurie de Bougouin dont il faisait partie. Dès lors il
suivit la lignée des seigneurs de la châtellenie, aux mains de la famille de
Vivonne, dont le plus ancien membre connu est Savary de Vivonne, capitaine
souverain du Poitou et de la Saintonge, vivant au début du XIIIe siècle. Son
fils Hugues lui succéda et assura sa descendance jusqu’au milieu du XVIIe
siècle. Au siècle précédent, l’un d’eux, René de Vivonne, chevalier,
seigneur de Bougouin, Epannes, Beaulieu, Miséré, etc., avait épousé en 1552
Françoise de Volvire avec qui il eut cinq enfants. C'est à eux qu'il
transmit ses biens et Miséré échut finalement à Marie de Vivonne, mariée à
Claude Gillier, chevalier, seigneur de la Villedieu. Le fief de Miséré passa
ainsi dans la famille Gillier, et son seigneur suivant fut Antoine Gillier,
chevalier, seigneur de Miséré, baron de Mauzé. Marié en 1650 avec Elizabeth
d’Aitz, il en eut deux filles, Elizabeth et Catherine. Ils avaient embrassé
la religion huguenote et furent l’objet de persécutions qui leur firent
signer leur abjuration à Mauzé en 1686. Madame de Miséré et sa fille
Elizabeth préférèrent quitter la France et, après avoir vendu une partie de
leurs biens, elles se réfugièrent à Nimègue où elles vécurent dans une
grande misère. Il est probable qu'après leur départ les biens leur restant
furent confisqués et attribués à leur parent François Charles Gillier, comte
de la Villedieu, capitaine au régiment de Mgr le Dauphin, que l’on trouve
qualifié seigneur de Miséré après 1687. François Charles Gillier épousa en
1680 Louise de la Chenaye et mourut à Paris le 2 juillet 1719, date à partir
de laquelle on ne trouve plus de trace de seigneurs de Miséré dans sa
descendance.
Il faut attendre le début du XIXe siècle pour retrouver le domaine aux mains
des demoiselles Frère, de Saint-Maixent, dont l’une, Marie Louise, épousa
Jacques André Devilliers qui, en 1831, possédait Miséré. L’un de ses
descendants, propriétaire à la Crèche, vendit le domaine en 1845 à Joseph
Maichin du château de Cenan (Saint-Pompain), qui fut maire de Niort en 1877.
Noté comme Républicain en 1852, il fut déporté par Napoléon III. C’est très
certainement Joseph Maichin qui fit construire le château de Miséré aux
environs de 1850, tout en conservant les anciens bâtiments qui furent
ensuite utilisés comme communs. En 1875, la propriété est au nom d’Alexandre
Duhait dont la famille semble l’avoir conservée jusqu’en 1914, année où elle
passe à Alexandre Hippeau, puis en 1927 à Octave Coyaud qui la revendit en
1944 à Arsène Reix. Jusqu’à la construction du château, Miséré avait été une
exploitation agricole ne comportant qu’une maison d’habitation et des
servitudes. Avec la nouvelle construction, destinée au propriétaire, un parc
fut planté et une allée reliant le château à la route nationale fut tracée
et bordée de nombreux arbres, abattus il y a 60 ans. (1)
château de Miséré 79260 La Crèche, propriété privée, ne se visite pas.
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