|
Les
tours de Suiré, que l’on dit contemporaines de celles de Salbart, devaient
donc être déjà centenaires quand en 1260 leur seigneur rendit hommage à
Alphonse de Poitiers. Elles relevaient de Sainte-Néomaye, comme l’attestent
plusieurs actes depuis le XVe siècle. Quelques terres de Suiré dépendaient
du château de Saint-Gelais, qui lui fait face de l’autre côté de la vallée.
Ses premiers seigneurs connus furent des Loubeau; les rôles de la taille de
Saint-Gelais mentionnent Jacques de Loubeau, écuyer, seigneur de Suiré,
exempté de cet impôt de 1641 à 1649, ainsi que sa sœur Marie et son frère
Moïse qui lui succéda. Le prénom biblique de ce dernier donnerait à penser
qu’il était né protestant, comme la majorité des nobles du Moyen-Poitou au
début du XVIIe siècle; or il fut parrain en l’église de Saint-Gelais en
1661; de plus il fut maintenu noble en 1667 lors de l’inspection commandée
par Louis XIV et dont un des buts était la conversion de la noblesse
protestante: il était donc reconnu catholique. Son blason portait d'argent à
la bande de gueules. Une dalle funéraire dans la chapelle de Suiré en
l’église de Saint-Gelais fait savoir que Moïse de Loubeau fut "bienfaiteur
de cette église et le père des pauvres", et qu'il mourut à 74 ans en 1670.
Lui succéda Gabriel de Villedon, le père de Jeanne Marie dont il avait été
parrain, avec la marquise de Saint-Gelais, en 1661. Ce dernier portait
d'argent à trois fasces ondées de gueules. Sa femme Marie Anne de Bosquevert,
décédée à 43 ans en 1677, est inhumée dans le chœur de l’église.
Maintenu noble comme catholique en 1667, Gabriel de Villedon témoigna de
l’abjuration de protestants à Saint-Gelais en 1681, lors de la première
dragonnade. Il se remaria avec Marie Fleurance Fouquet et mourut en 1683.
Le nouveau seigneur de Suiré fut Gédéon d’Auzy, dont le prénom d’Ancien
Testament révèle les croyances: d’ailleurs sa famille fut dragonnée en 1685
et lui-même fut emprisonné comme protestant obstiné en 1700, au château de
Nantes, et libéré sous caution en 1701 pour le baptême (catholique) de son
fils Gédéon Pierre. Il avait épousé en 1691 Céleste Chevaleau de Boisragon,
elle-même convertie en 1686. La sincérité de leurs abjurations paraissant
douteuse, ils furent l’objet d’une surveillance constante car on craignait
qu’ils ne s’exilent en des pays protestants, comme l’avaient fait certains
de leurs parents. Tous deux furent enterrés (en 1734 et 1742 d’après les
dalles) dans leur chapelle de l’église. Louis Gédéon d’Auzy devint donc
seigneur de Suiré en 1742; après lui vint son fils Auguste Gédéon, qui fut
officier des mousquetaires du roi et dont la fille, Charlotte Agathe, épousa
Antoine de Clervaux. Des Clervaux, la seigneurie passa à la famille de
Lastic-Saint-Jal, puis à la famille de Bony, qui habite toujours Suiré. Des
parchemins vénérables attestent que depuis le Moyen Age le seigneur de Suiré
partageait avec celui de la Carte la propriété du moulin de Chalusson,
distant de quelques centaines de mètres. Ainsi Suiré maintenait autrefois
dans cette charmante portion de la vallée de la Sèvre un havre de paix
contre les pillards qui remontaient l’eau, et favorisait l’approvisionnement
en farine et poisson: Chalusson, Suiré, de beaux lieux d’abondance et de
sécurité. (1)
château de Suiré 79410 Saint-Gelais, propriété privée, ne se visite pas,
visible de la rue.
Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents
concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous
constatez une erreur, contactez nous. Propriétaire de cet édifice, vous
pouvez enrichir notre base de données en nous adressant des photos pour
illustrer cette page, merci.
A voir sur cette page "châteaux
des Deux-Sèvres" tous les châteaux recensés à ce jour
dans ce département. |
|