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Le château de Péré-la-Mothe (à ne pas confondre avec
celui, voisin, de Péré-en-Forêt) est la seule demeure de caractère visible à
l’ouest de l’autoroute A10 entre Niort et Bordeaux. Précédé d’un pavillon en
forme de pigeonnier, juché sur un tertre et entouré de douves profondes avec
cascade d’eau courante, possédant un parc d’agrément boisé de 20 hectares
qui se prolonge au-delà avec 100 hectares de terres agricoles, ce domaine
est l’exemple typique des grandes demeures campagnardes de l’ Ancien Régime
et de l’Empire, en Bas-Poitou et en Vendée, dont la simplicité
architecturale se détachant sur un fond de verdure rappelle les Malouines.
Depuis 1721, d’abord en location puis en toute propriété depuis 1770, cette
terre noble, avec droits de justice à l’époque, n’a cessé d’appartenir à la
même famille, les Bastard de Crisnay-Péré, dont neuf générations de père en
fils s’y sont succédées jusqu’à ce Jour inclus. Les anciens propriétaires en
furent Jacques de Fouchier, par son mariage en 1550 avec Marie de Grenoillon,
qui souscrivit le 2 février 1529 le dixième de ses revenus pour payer la
rançon de François 1er; Arthur, son fils, qui acheta le 23 septembre 1593
pour 2382 écus "l'hôtel et maison noble" de cette seigneurie; de 1594 à
1631, dame Anne de Chasteigner, épouse de Henri de Ranques, enterrée dans le
parc du château le 14 octobre 1674; son fils Hector Henri de Ranques dont la
petite-fille, épouse de Charles Douzy de Montaillon, céda la propriété à
Louis Isaac Bastard de Crisnay avec tous les droits honorifiques qui y
étaient attachés.
Le logis principal de cette demeure est flanqué de deux ailes dont une
chapelle qui renferme la pierre tombale de Louis Isaac (1712-1787), fermier
général du duché-pairie de Rohan-Rohan, seigneur de Péré, Prissé, Crisnay,
Belleville-la-Comtesse, les Chariasses, la Chassotière, Dœuil, etc.,
possesseur d’une immense fortune terrienne dans le sud des Deux-Sèvres. La
construction actuelle à l'emplacement d’une annexe de l’ancien château dont
il ne reste que deux tourelles est l’œuvre de sa belle-fille, Marie Louise
Aymé de la Chevrelière (1772-1829), fille du président du Tribunal de Melle,
sœur du lieutenant général baron de la Chevrelière, aide de camp de Murat,
roi de Naples et du baron Aymé, conseiller d’Etat, époux de Mlle d’André,
fille d'un ministre de Louis XVIII. Le travail s’échelonna entre 1806 et
1818. On doit y signaler comme particulièrement original un grand escalier
principal en bois de noyer qui peut-être mériterait un classement : il est
comme neuf après presque 200 ans et, par sa conception toute simple
d’apparence, étonne architectes et ébénistes. L’intérieur de cette demeure,
très accueillant, a été rénové avec tout le confort moderne et décoré avec
goût par la maîtresse de maison actuelle, Odile de Montarby, épouse de Henri
Bastard de Crisnay. A signaler enfin dans le parc boisé attenant une
fabrique en forme d’isba au bord d’un étang et, par ailleurs, des tumulus
néolithiques de grandes dimensions, cités dans de nombreux ouvrages, et sur
lesquels le ministre de la Culture a commencé à entreprendre des fouilles
prometteuses. (1)
château de Péré La Mothe 79360
Prissé-La-Charrière, propriété privée, ne se visite pas.
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