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Château de a Durbelière à Saint-Aubin-de-Baubigné
 
 

   Le château de la Durbelière situé à Saint-Aubin-de-Baubigné est certainement le plus connu au nord-ouest des Deux-Sèvres. Son nom se rattache à la famille du Vergier de la Rochejaquelein et plus particulièrement à Monsieur Henri, généralissime de l'Armée Catholique et Royale pendant les Guerres de Vendée qui ensanglantèrent cette région en 1793-94. Le domaine de la Durbelière appartenait déjà depuis deux siècles à la famille de Rorthais quand elle fit construire le premier château au XVe siècle. C’était un bâtiment rectangulaire massif avec une tour polygonale. En 1602, Renée de Rorthais se maria avec Pierre de Meulles, chevalier, seigneur du Fresne-Chabot et de la Forêt-Montpensier. Avec les de Meulles, la Durbelière va perdre son caractère austère et encore médiéval pour adopter les modes du début du XVIIe siècle. Une aile est ajoutée au premier bâtiment. De grandes fenêtres sont ouvertes, une double balustrade vient orner la façade et les douves sont recreusées. La date 1621 est alors gravée au-dessus de la porte du château. Une partie des bâtiments de l’enceinte qui formaient les communs fut construite dix ans plus tard. Pierre de Meulles et Renée eurent un fils, Louis, qui après un premier mariage avec Madeleine de Girard convola en secondes noces avec Marie Anne du Vergier en 1673.

Le 7 janvier 1675, une sentence du Présidial de Poitiers prononçait la séparation des biens entre Louis de Meulles et Marie Anne du Vergier: Louis devait à son épouse la somme de 125575 livres. En 1679, pour éponger ses dettes, il céda à sa femme les seigneuries du Fresne-Chabot et de la Durbelière. Quelques mois avant sa mort, Marie Anne du Vergier instituait son neveu Armand Philippe, marquis de la Rochejaquelein comme héritier universel. Ainsi échut la Durbelière à la famille du Vergier de la Rochejaquelein. Mais hélas, la fin du XVIIIe siècle et la Révolution ne devaient laisser de la Durbelière que des ruines. Pourtant, au printemps 1793, c’est encore dans un splendide château que les paysans du Bocage en révolte contre la république viennent chercher le jeune Henri de la Rochejaquelein (petit-fils d'Armand Philippe) pour le placer à leur tête. Celui-ci prend le commandement d’une armée en sabots qui se distingue à maintes reprises jusqu’à l’été contre les Bleus. Mais les succès cèdent le pas aux défaites et le 4 juillet 1793, le général républicain Westermann qui a envahi le Bocage ordonne à ses troupes de marcher sur la Durbelière et de brûler le château. Si cet incendie doit peu endommager les bâtiments, les suivants (cinq au total selon la marquise de la Rochejaquelein) ne laissent plus que des pans de murs. Monsieur Henri va succomber quant à lui lors d’un accrochage avec les Bleus le 28 janvier 1794. La Durbelière ne fut jamais restaurée.

Avant de pénétrer à la Durbelière, le visiteur doit suivre une longue allée qui débouche sur un grand mur d’enceinte percé en son centre d’un magnifique porche encadré par deux pilastres à chapiteau dorique. A côté, une porte piétonne est surmontée de deux écussons gravés dans le granit aux armes des familles de Rorthais et de Meulles ainsi que de la date 1631. Deux petites échauguettes dont les parties supérieures ont disparu flanquent les extrémités de cette enceinte. En passant sous le porche et en entrant dans la cour, le visiteur ne peut qu’admirer derrière lui et à sa gauche de longs bâtiments à l’architecture simple et recouverts de tuiles, maisons d’habitation des fermiers, granges, écuries adossées au mur d’enceinte et faisant corps avec lui. Les dépendances à gauche se terminent par une belle galerie d’environ 50 mètres de longueur dont la façade est composée de colonnes de granit supportant la charpente. La cour forme un grand quadrilatère au fond duquel se dressent, fragiles et fortement chargées de mémoire, les ruines encore imposantes du château. Celui-ci est entouré complètement de douves qui s’élargissent au nord pour former un étang. Au temps de sa splendeur, la demeure se présentait sous la forme d’un rectangle avec deux ailes en retour. La façade était orientée à l’est. A chacun des quatre angles s’élevait un pavillon carré à deux étages; la partie centrale n’en possédait qu’un seul. Unique témoin du château primitif, une tour octogonale était adossée à l’aile sud. Aujourd’hui, les ruines ne permettent guère de restituer l’éclat passé de la Durbelière.

Des quatre pavillons, l'un a été arasé et des trois autres, il ne reste que des pans de murs laissant découvrir quelques cheminées et les trous qui recevaient autrefois les poutres des planchers. Par contre, la tour octogonale avec son escalier en vis se dresse toujours au centre, partie la plus ancienne du château, comme pour défier le temps, témoin de tous les instants de la vie des hommes qui ont foulé cette terre de la Durbelière. La façade, en avant de laquelle une des deux balustrades longe encore la douve est, conserve à droite un pan de mur percé de quatre grandes ouvertures et au centre la porte d’entrée du château. Cette dernière, en plein cintre, est encadrée de chaque côté par une colonne cannelée portant chapiteau dorique et surmontée des armes de la famille du Vergier de la Rochejaquelein. Deux petits ponts dallés traversent les douves face aux portes du logis. Vers l’ouest, le château donne sur un pré qui fut certainement un jardin d’agrément au fond duquel un bel étang laisse une futaie se miroiter dans ses eaux dormantes. La Durbelière présente un visage paisible, mais ses ruines qui connurent les affres de l’incendie à plusieurs reprises ont bien du mal à tenir debout. Petit à petit et malgré les consolidations opérées par le dernier marquis de la Rochejaquelein en 1886, les pierres se disjoignent, les murs se fissurent puis tombent. Deux siècles après la mort de Monsieur Henri, la Durbelière n’en finit pas d’agoniser. (1)

Éléments protégés MH: les vestiges du château et l'ensemble des communs, la fuye, le sol et les murs de clôture, les douves du château et l'étang : classement par arrêté du 8 janvier.

château de la Durbelière 79700 Saint-Aubin-de-Baubigné, tel. 05 49 65 10 27, visite des extérieurs.

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   Extrait de Châteaux, Manoirs et Logis des Deux-Sèvres, en vente sur http://patrimoines-et-medias.pagesperso-orange.fr

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