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Surplombant la vallée de l’Autize, le château des
Moulières marque un jalon important dans l’évolution architecturale du
Bas-Poitou sous le règne de Louis XIII. Dès le XVe siècle, la terre des
Moulières est mentionnée mais de cette première construction, seuls les
communs subsistent. La propriété passe entre les mains des Chabot, des
Revost, des Baudéan-Parabère, commanditaires du château actuel, puis en 1718
à Jacques Thibault de la Carte et enfin de 1834 à 1969 à la famille Brach.
S’inspirant des modèles parisiens, le "plan désarticulé" est constitué d’un
corps central avec pavillons d’angles en légère saillie et de deux autres
pavillons isolés, placés en avant-corps. Ces derniers abritent la chapelle
et probablement le logement du portier. Comparables aux deux pavillons
encore visibles à la Mothe-Saint-Héray, ils en adoptent les mêmes
caractéristiques, le même chaînage harpé et sont surmontés d’un même comble
à l’impériale. Rappelant avec discrétion et une grande économie de moyens
l’aile du grand parti sur plan quadrilatère avec ailes en retour plus
basses, utilisé pendant toute la Renaissance, le choix de pavillons détachés
souligne la modernité de la construction et la volonté d’élever "une maison
noble aux champs". Le corps de logis principal, côté cour, a perdu de sa
sobriété par l’adjonction de deux contreforts au XIXe siècle.
Les élévations sur trois niveaux, côté cour, quatre niveaux, côté rivière,
reprennent la formule du "rustique français" où chaque travée est encadrée
de chaînages de pierres constituant des motifs autonomes et plastiques. Les
façades tentent de retrouver une polychromie grâce au jeu pittoresque des
chaînages, avec un appareil en pierre dissimulé sous un enduit rose. Un soin
particulier a été apporté aux portes d’entrée qui créent un axe central fort
joignant les deux façades en droite ligne et sans changer de niveau, procédé
qui se répandra au XVIIIe siècle. Ces portes s’ouvrent également sur un long
vestibule monumental voûté qui a entraîné le rejet des escaliers aux
extrémités de celui-ci. Cette nouveauté dans la recherche de distributions
plus groupées a été mise en œuvre à partir des réalisations de Le Vau, en
particulier au Raincy. Par quel biais le château poitevin a-t-il pu se faire
l’écho des grandes constructions du XVIIe siècle, la question reste posée.
Autre énigme, le nom de l’architecte qui est inconnu. Élément majeur de la
façade, côté rivière, l’escalier monumental, à balustres carrées en poire et
doubles rampes avec repos intermédiaires, épouse les accidents de la roche
sur laquelle est construit le château. Précédé par les châteaux de
Saint-Loup-sur-Thouet, la Mothe-Saint-Héray ou encore la Meilleraye, les
Moulières marquent néanmoins un jalon important, une nouvelle phase, celle
où les modèles "nationaux" commencent à s’imposer en Bas-Poitou, région
encore très marquée par les Guerres de Religion qui ont suivi les
réalisations des d’Estissac. (1)
Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château et des 2
pavillons d'entrée, les terrasses et les douves: inscription par arrêté du
29 mars 1971.
château des Moulières 79160 Saint-Pompain, propriété privée, ne se visite
pas.
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