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Le château de Saint-Gelais a été construit
au cours de la première moitié du XVIe siècle, en deux étapes, par Charles V
de Saint-Gelais. Son emplacement avait été choisi, semble-t-il, en contrebas
d’un premier château, fortifié, dont l’existence remontait au commencement
de la Maison de Saint-Gelais avec Hugues de Lusignan, fils de Rodolphe. Ce
dernier en effet, en 1109, fonda un prieuré qu'il dédia au deuxième
successeur de saint Hilaire à l’évêché de Poitiers vers la fin du IVe
siècle; il fit aussi de ce Saint-Gelais son fief et son nom, qu'il passa à
ses descendants. Le château actuel présente un corps de bâtiment d’un étage
percé de fenêtres à meneaux et surmonté de trois grandes lucarnes également
à meneaux, dont l’une porte encore la croix des Lusignan. Sa construction a
été entreprise vers 1550. Celle de la tour hexagonale renfermant l’escalier
en vis remonte aux années 1530, de même que celle de la première aile en
retour d’équerre, aujourd’hui disparue, dont il subsiste une pièce, de
l’autre côté de la tour, en prolongement du logis. L'ensemble, qui est
classé parmi les monuments historiques, s’apparente par son style décoratif
davantage aux châteaux de la Renaissance de la Loire qu’à ceux du Poitou. Au
faîte du pignon sud, la coupe et la corbeille attestent l’appartenance des
seigneurs de Saint-Gelais à la religion réformée.
Au XVIe siècle en effet, tandis que les branches cadettes, restées
catholiques, s’illustraient dans les lettres (Octavien, Mellin de
Saint-Gelais) ou la diplomatie (Louis de Laussac), le chef de la branche
aînée suivait Henri de Navarre, dont il fut le lieutenant général en Poitou:
Louis de Saint-Gelais avait pour compagnon d’armes son voisin et ami Agrippa
d’Aubigné. C’est en arrivant au château de Saint-Gelais qu’un jour de 1577,
Agrippa "mesme avant descendre de cheval vit par une fenestre Suzanne de
Lezay, de la maison de Vivonne, de l’amour de laquelle il fut picqué". Avec
la marquise Marie Jeanne, qui fut amie de Fontenelle et tint salon
littéraire à Paris, Saint-Gelais passa aux Plessis-Châtillon, puis aux
Narbonne-Pelet; après la Révolution, il fut restitué à leurs héritiers, les
Voyer d’Argenson, qui le vendirent à la famille Gaignard, de Niort, en 1808.
Raoul Gaignard, peintre et sculpteur, fit reconstruire en 1883 l’aile la
plus ancienne, aujourd’hui disparue. On pourrait évoquer à Saint-Gelais le
héros qui défendit quatre mois durant, pendant l’hiver de 1574, le nid de
ses ancêtres, Lusignan contre l’armée catholique, ce Louis "grand cœur à qui
commandent plus le devoir et l’honneur que de tous les tyrans l’effroyable
puissance"; on pourrait y déclamer Les Tragiques de son ami d’Aubigné,
n'était la sérénité qui règne en cette demeure aux dimensions humaines. (1)
Éléments protégés MH: les façades et les toitures, l'escalier à vis de la
tour, les cinq cheminées anciennes dont quatre au rez-de-chaussée et une au
premier étage, les plafonds à la française : classement par arrêté du 29
décembre 1978.
château de Saint Gelais, rue du Bourgneuf, 79410 Saint-Gelais, propriété
privée, ne se visite pas, visible de l'extérieur.
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