châteaux de France
       Accueil        châteaux Val de Loire        châteaux pour réceptions        châteaux à l'abandon        Contact        Liens
 
 
 
Château de la Mole à Eygurande-et-Gardedeuil
 
 

      Les premières mentions écrites des paroisses d’Eygurande et de Gardedeuil datent du XIe siècle et proviennent du Cartulaire de l’abbaye de Baigne ("Eccl. Sancti Stephani de Ayguiranda"; "Sanctus Leonardus de Gardadel ", 1099). L’église d’Eygurande avait en effet été donnée au monastère charentais par l’évêque de Périgueux Renaud de Thiviers (1081-1099), lorsqu’il vint consacrer celle de Gardedeuil, à la fin du XIe siècle. L’orthographe "Eyguranda" apparaît dans les sources à partir de 1365. Quant à l'église de Gardedeuil, la légende locale rapporte qu'elle aurait été élevée sur un tertre isolé pour commémorer l’une des stations effectuées lors du rapatriement de la dépouille de saint Louis depuis Tunis. En 1304, l'archevêque Bertrand de Goth y "envoye ses visiteurs" tandis qu'il se rend au prieuré de Parcoul. Au XVIe siècle, elle est attestée comme "prieuré de Gardadels". Un texte de 1477 évoque une borne marquant la frontière entre les seigneuries de Fronsac, Montpon et Saint-Aulaye, au lieu dit "Champmartin", indiquant le point de convergence des provinces d’Angoumois, de Périgord et de Guyenne. La carte de Belleyme montre que les deux anciennes paroisses étaient plus vastes que le territoire communal actuel. En 1792, Gardedeuil est rattaché à la commune limitrophe de Saint-Barthélémy-de-Bellegarde, puis à celle d'Eygurande par ordonnance royale du 21 septembre 1827.

Ancien "fief" de la famille des Moulinier sous l'Ancien Régime, selon le Dictionnaire des châteaux du Périgord, le domaine de la Mole est au XVIIIe siècle à la tête d'un ensemble forestier, agricole et viticole dont dépendaient une dizaine de métairies. Toujours selon cet ouvrage, les Collot d'Arbois ont succédé aux Moulinier mais à une époque indéterminée. Le corps central de la demeure pourrait témoigner d'une construction du XVIIIe siècle. Après les campagnes de déboisement de la seconde moitié du XVIIIe siècle, la famille Collot contribue à régénérer et aménager les forêts de la propriété à partir des années 1840. Ainsi, de vastes futaies de chênes se substituent aux anciennes étendues de taillis. Les propriétaires agrandissent également le domaine en rassemblant 800 hectares. Le grand incendie mentionné dans les journaux en juin 1861 dévaste toutefois 300 hectares de bois et de taillis "situés dans les dépendances des villages de La Molle, Gardedeuil, Chauvet, Chanteloup et Janiveau, et appartenant à M. Collot, maire de la commune", et fut probablement à l'origine de nouvelles campagnes de reboisement. Il fut le commanditaire de la reconstruction des ailes du château. Quant au château de la Mole, le plan cadastral napoléonien montre une emprise identique à l'actuelle et qu'il est environné de quatre bâtiments agricoles parmi lesquels le grenier à grains et le chai attenant, ainsi que la grange-étable. Un dessin réalisé depuis le sud-est apporte des indications sur son état dans la première moitié du XIXe siècle: il représente l'élévation antérieure, rythmée par sept travées; l'étage y est surmonté d'un surcroît percé de baies en demi-cercle et une toiture à longs pans et croupes couvre l'ensemble.

Frédéric Gaillardon hérite de la propriété en 1889. Le domaine de la Mole est alors l'un des plus vastes du plateau de la Double, sa surface avoisinant les 1 200 hectares, répartis sur la commune d'Eygurande-et-Gardedeuil et les villages limitrophes de Saint-Michel l’Écluse et de Servanches. En 1904, la propriété est achetée par Édouard Laporte-Bisquit, représentant la quatrième génération d'une grande famille de producteurs de cognac installée à Jarnac, dont il assure le prestige de Hong-Kong à Mexico. Celui-ci poursuit les activités de son prédécesseur à Eygurande-et-Gardedeuil, dont il fut aussi le maire. Il s'investit particulièrement dans l'entreprise d'amélioration de l'exploitation forestière et agricole et de modernisation des techniques, prenant conseil auprès de spécialistes. Souhaitant développer l'activité viticole, il augmente la superficie de son vignoble et se dote d'un chai relativement moderne pour l'époque, mis à la disposition des douze à treize métayers que compte alors le domaine. Un wagonnet sur rails est installé dans l'étable qui accueille quarante vaches dans les années 1920, transportant le fumier à l'extérieur. Édouard Laporte-Bisquit fait également l'acquisition d'un système sur rails placé sous la charpente, doté d'une fourche électrique à contrepoids appelée déchargeuse, qui sert au transport du foin en vrac jusqu'au fenil à deux niveaux. Sur le cadastre de 1959, le grenier à grains et le chai existent toujours mais les deux autres bâtiments figurant sur le cadastre napoléonien ont disparu. De nouvelles bâtisses se tiennent alors autour de la cour de ferme, parmi lesquelles, au nord, les écuries et un corps de logis. Aujourd'hui, le domaine appartient à la famille de Laurière. L'ancienne écurie sert de garage et de remise.

Implantée sur une colline environnée d'étangs, la propriété de la Mole domine le vallon traversé par le ruisseau de la Petite Duche, une trentaine de mètres en contrebas, à l'est. La partie orientale de la propriété est couverte par la forêt; une longue percée dans les bois offre toutefois, depuis la cour du corps de logis, une perspective sur le vallon. Le domaine comprend un château, implanté dans le prolongement de la voie qui mène au hameau de Gardedeuil à un kilomètre à l'ouest, ainsi qu'un corps de ferme dont les bâtiments s'organisent autour d'une cour, au nord-est. Le château, construit en pierre de taille, présente un corps de bâtiment central encadré par deux ailes de même profondeur. L'étage carré est couronné par une corniche dans la partie centrale, tandis que les pavillons des ailes comportent un attique percé de lucarnes passantes et de baies aveugles. L'élévation principale est rythmée par neuf travées, alors que la façade postérieure comprend seulement cinq travées. Des pilastres jumelés habillent les angles des ailes. Les toitures à longs pans et croupes sont protégées par de la tuile en écaille. Parmi les principaux bâtiments agricoles, se succèdent, d'ouest en est, le grenier à grains jouxtant le chai, les écuries et la grange-étable. Ces deux derniers bâtiments sont construits en brique. (1)

château de la Mole 24700 Eygurande-et-Gardedeuil, tel. 06 60 63 10 37, propose la location de gîtes.


Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous constatez une erreur, contactez nous. Propriétaire de cet édifice, vous pouvez enrichir notre base de données en nous adressant des photos pour illustrer cette page, merci.

A voir sur cette page "châteaux en Dordogne" tous les châteaux répertoriés à ce jour dans ce département.

 
 
 
 
   

source de la photo par satellite: https://www.google.fr/maps

     
 
 


(1)
  source de l'historique : https://inventaire.nouvelle-aquitaine.fr/dossier/chateau/53eba6c1-45b6-4e4b-aabc-c5eceb8f09c2

Sur ce site, tous les châteaux, châteaux forts, manoirs, maisons-fortes, ruines et vestiges importants, chateau hôtel-restaurant, chateaux avec chambres d'hôtes, gîtes, et les châteaux avec salles pour réceptions, vous trouverez la liste de tous les départements en page d'Accueil, mais également une page réservée aux châteaux à l'abandon, en péril, et les châteaux du val de Loire nous avons recensés aussi les châteaux dans les pays francophones, Suisse, Belgique et Grand Duché du Luxembourg voir châteaux Étrangers, et également les châteaux dans des bourgs classés parmi les plus beaux villages de France.

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique
Nos sources proviennent à 60% de la base Mérimée, culture.gouv.fr/culture/inventaire/patrimoine, que nous remercions vivement
Copyright ©chateauxdefrance@orange.fr     Tous droits réservés.