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La plus ancienne mention de la paroisse du Pizou remonte à 1107 (Sanctus
Martinus Pisonis). En 1150, l'évêque de Périgueux Guillaume d'Auberoche
donne à l'abbaye de la Sauve-Majeure (diocèse de Bordeaux) "ecclesiam Sancti
Martini de Pison qui est sita iuxta fluvium Hela". En 1169, le pape Célestin
III renouvelle la protection déjà accordée au prieuré par le pape Lucius.
L'archevêque Bertrand de Goth y "envoye ses visiteurs" en 1304, alors qu'il
se rend au prieuré de Jalmoutier (près de Saint-Aulaye, actuelle commune de
Saint-Vincent). La paroisse était comprise, comme toutes celles de l’actuel
canton de Montpon-Ménestérol, dans l’archiprêtré englobant 41 paroisses du
plateau de la Double, qui prit le nom de Vanxains au XIVe siècle. En 1566,
lors des guerres de Religion, les protestants incendient le Pizou avant de
mettre à sac l'abbaye de Vauclaire. Plusieurs verreries y ont développé leur
activité à partir du XVIe siècle, le plateau de la Double aux terres
sablonneuses et forestières permettant d'en fournir toutes les matières
premières (silice, bois, fougères donnant les cendres de soude). En 1576
existait une verrerie au lieu-dit Nabineau, que possédait le gentilhomme
Arnaud Grenier. La carte de Belleyme, réalisée dans la seconde moitié du
XVIIIe siècle, montre une nette séparation entre Saint-Antoine-sur-l'Isle et
le Pizou.
Le château originel du Désert aurait été brûlé à la fin du XVe siècle.
C'était le fief de maîtres verriers, les Belhade du Désert, puis propriété
des Chaussade de Jolimont. Le château actuel a été construit au début du
XVIIIe siècle. La carte de Belleyme indique la présence de vignes sur le
domaine. Le couvert forestier y était sans doute plus important entre les
XVIIIe et XIXe siècles. Le plan cadastral de 1844 montre que des dépendances
étaient adossées au sud de l'aile ouest du château. La demeure connaît des
aménagements dans les années 1920, tels que la construction d'une rotonde
polygonale, au centre de la façade postérieure et la transformation des
dépendances. Elles ont depuis été reconstruites à l'ouest de cette aile, au
début du XXe siècle. Le propriétaire en fit alors une usine, transformée en
scierie dans les années 1960.
Cet édifice orienté vers le sud, présente un bâtiment central de plan
rectangulaire allongé doté d'une rotonde polygonale au nord. Il est encadré
par des pavillons et par deux ailes en retour d'équerre sur la cour.
L'ensemble du corps de bâtiment construit en pierre de taille comporte un
étage carré. Seule la rotonde, enduite, semble bâtie en moellons;
l'encadrement de ses fenêtres latérales et sa façade septentrionale percée
de triplets de baies sont toutefois en pierre de taille. La façade
méridionale du bâtiment principal compte neuf travées, dont deux au sein de
chaque pavillon. Elle se caractérise par un avant-corps central formé d'une
travée surmontée d'un fronton triangulaire. Celui-ci est muni d'un pilastre
axial couronné d'une tête de lion sculptée ; la cimaise est ornée d'éléments
circulaires aux motifs floraux. Les baies à arc segmentaire sont munies de
chambranles moulurés. Le corps central est couvert d'un toit à longs pans
protégé par de la tuile creuse tandis que les pavillons sont couverts de
tuile en écaille et ornés d'une crête et d'épis de faîtage. Des toits à
longs pans en tuile creuse se tiennent sur les ailes. L'aile orientale
abritait à l'origine la grange et l'écurie. (1)
château du Désert, 631 Route du Désert, 24700 Le Pizou, tel. 05 53 82 38 49
ou 07 87 69 01 64, propose la location de chambres d'hôtes.
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