châteaux de France
       Accueil        châteaux Val de Loire        châteaux pour réceptions        châteaux à l'abandon        Contact        Liens
 
 
 
Château de Rauzan (Gironde)
 
 

 La seigneurie de Rauzan, qui faisait partie du diocèse de Bazas, paraît remonter à une assez haute antiquité; cependant, il n'en est fait mention dans l'histoire qu'à partir de la seconde moitié du XIIIe siècle. A cette époque, elle appartenait à Hélie Rudel. Vers 1282, son fils, Guillaume-Amanieu, obtint du roi dAngleterre Édouard II le bailliage de la ville de Sauveterre, dont la construction n'était pas encore achevée. En 1313, Guillaume Raimond de Gensac, seigneur de Rauzan et de Pujols, à la tête de quatre vingt cavaliers suivis de deux cents hommes de pied, parcourait les environs de sa seigneurie, assiégeant les places qu'il jugeait renfermer une riche proie. Lorsqu'il les avait prises, il partageait le butin avec ses hommes d'armes. Il se saisit pendant une nuit d'une forteresse du duché de Guienne. Édouard II, roi d'Angleterre, s'en plaignit à Philippe le Bel. Mais que pouvait l'autorité des rois de France ou d'Angleterre contre des seigneurs puissants et aventuriers, qui n'étaient fidèles à leur souverain que tout autant qu'ils trouvaient un certain avantage à cette fidélité; qui, pour le moindre mécontentement, abandonnaient un parti pour embrasser la cause d'un autre; dont l'intérêt était le seul guide, et qui ne vivaient que de la guerre. A cette époque, les seigneurs de Rauzan jouissaient d'un droit assez curieux: c'était celui de branche de cyprès, que chaque navire quittant le port de Bordeaux était obligé de payer. Une branche de cyprès, cueillie sur la côte du Cypressat, commune de Cenon-la-Bastide, et délivrée au capitaine du navire, équivalait à un laisser-passer. Pour cela, il payait 18 ardits: 12 revenaient au seigneur de Rauzan, les 6 autres étaient perçus pour le roi, au palais de l'Ombrière, par le comptable de Bordeaux. Ce droit qui devait remonter au moins jusqu'en 1282, se percevait encore au XVIIIe siècle avant la Révolution.
Il est probable qu'au commencement du XIVe siècle, Guillaume Amanîeu, seigneur de Rauzan, avait de la peine à faire respecter ses arbres, et qu'il demanda, pour protéger ses employés, la permission de construire une forteresse (domum fortem) dans un lieu appelé au Cypressat (Sipressa), dans la commune de Cenon (de Senone). Cette permission lui fut accordée, le 13 juin 1331, par Édouard III, roi d'Angleterre. En 1337, le seigneur de Rauzan s'étant distingué dans la guerre qu'Édouard soutenait contre le roi de France, fut loué par son souverain le roi d'Angleterre. Celui-ci cependant, en 1341, révoqua la concession qu'il lui avait faite des châteaux de Rauzan et de Pujols, pour les rendre à Guillaume Raimond de Durfort, au préjudice duquel ils lui avaient été concédés. En 1346, le comte de Derby, commandant les forces anglaises dans la Guienne, avait divisé son armée en trois corps; il s'était mis à la tête du troisième, dans lequel figurait un seigneur de Rauzan, qui en 1355 passa en Angleterre pour demander du secours contre les Français; il suivit le prince de Galles en Languedoc, il assista à la bataille de Poitiers, et au départ du prince Noir pour l'Angleterre, il fut un des seigneurs chargés de la garde de la Guienne. Le 4 avril 1364, Guillaume Raimond, seigneur de Rauzan, était à Angoulême et rendait hommage au prince de Galles; il accompagna ce prince en Espagne, au secours de Pierre le Cruel. En 1377, le duc d'Anjou et Bertrand du Guesclin assiégeaient Bergerac; ne pouvant prendre la ville avec les engins qu'ils possédaient, ils expédièrent à La Réole une troupe d'élite chargée de ramener de cette ville un engin appelé truie. Thomas Felton, qui tenait la campagne dans les environs de Bergerac, rencontra cette troupe près d'Eymet; il fut battu et pris avec les seigneurs de Duras, de Mucidan, de Langoiran, et Guillaume Aramon de Madaillan, seigneur de Rauzan, qui étaient sous ses ordres.
On rendit cependant la liberté aux Gascons, à la condition qu'ils ne porteraient plus les armes contre la France. Le seigneur de Rauzan, qui obtint la même année la concession de la terre de Blaignac, avait fourni pendant cette guerre trente hommes d'armes pour lesquels il reçut 150 francs. Mais peu de temps après, les seigneurs de Duras et de Rauzan faussèrent leur serment et vinrent à Bordeaux offrir leurs services aux Anglais. Le château de Rauzan, assiégé par les Français, ne tarda pas à être pris. Ce Guillaume Aramon avait épousé la sœur de Florimont, sire de Lesparre, qui, n'ayant pas d'enfant mâle, fit son testament le 25 février 1393, et institua pour son héritier général et universel, Guillaume Amanieu de Madaillan, son neveu, à la charge de porter le nom et les armes de Lesparre. Amanieu, qui avait été maire de Bordeaux en 1404, n'eut de Jeanne d'Armagnac, son épouse, qu'une fille qui mourut en bas âge. Peu après son mariage, il suivit pendant quelque temps le parti du comte d'Armagnac contre Jean, comte de Foix; il fut fait prisonnier et obligé de payer pour sa rançon une forte somme, dont il devait encore une bonne partie un an avant sa mort, qui arriva en 1415. Jeanne d'Armagnac, après le décès de son mari, projetait de donner sa fille au sire d'Albret, qui tenait pour le roi de France. Henri V, à cette occasion, fit saisir le château de Lesparre. Il s'en suivit un procès, et Jeanne se démit, moyennant une certaine somme, de ses seigneuries de Lesparre, de Rauzan et de Pujols, qui rentrèrent dans le domaine du roi d'Angleterre en 1417. Vingt ans plus tard, en 1437, Henry VI, roi d'Angleterre, concéda à Bernard Angevin, entre autres, la seigneurie de Rauzan, et l'année suivante celle de Pujols. En 1438, il lui permit de faire une enquête pour rechercher les droits attachés à ces terres; en 1440, ces donations lui furent définitivement confirmées; en 1444, nouvelles concessions des mêmes châteaux, terres et seigneuries.
En 1445, le roi lui octroya la faveur de pouvoir disposer comme il l'entendrait des seigneuries qui lui étaient accordées, et de plus il l'anoblit, lui et ses enfants légitimes. (Rex concessit Bernardo Angevin consiliario Aquitaniœ, castra, terras et dominia de Roasano, de Puyols, de Blazimont, in Basadois, cum pertinentiis, sibi et hœredibus suis, ut sibi placuerit dividere secumdum dispositionem dicti Bernardi, et Psum nobililavit ac procreatos suos in legitimo matrimonio cum libertatibus, privilegiis, mmunitatibus, juribus, et insignis, hominibus nobilibus debitis et consuetis, et in signum hujusmodi nobilitalis dedit arma hic depictaj). Ces armes sont d'azur à un lion d'or armé et lampassé de gueules, environné de dix fleurs d'argent appelées angevines. En 1446 et 1451, de nouvelles lettres lui assurèrent la jouissance de Rauzan et de Pujqls. En 1451, il fut, avec Pierre, archevêque de Bordeaux, les seigneurs de Montferrand, de Duras, de La Brède et-de Lansac, député par les Anglais et les Bordelais auprès de Dunois pour s'entendre avec lui sur la reddition de Bordeaux, Il promit fidélité à Charles VII, et fut cependant de ceux qui fomentèrent la révolte de la Guienne après le départ de Dunois. Il assistait à la bataille de Castillon, et parvint, après la défaite de son parti, à se réfugier dans cette ville. Il se trouvait à Bordeaux lorsque la ville fut assiégée par Charles VII. Il se soumit sans doute de nouveau, et Henry VI, mécontent de la conduite de son ancien favori, accorda les possessions d'Angevin à Jean Moulon; mais le règne des Anglais était fini, et Bernard, toujours du côté du plus fort, demeura maître de ses châteaux, terres et seigneuries.
Un des fils de ce favori, Jacques Angevin, eut de sa femme Marguerite de Montferrand une fille appelée Jeanne, qui fut mariée en 1478 à Jean de Durfort, seigneur de Duras, de Blauquefort et de Villandraut. Les Durfort conservèrent la seigneurie de Rauzan jusqu'en 1793. En 1819, M. Louis Henri de Chastellux épousa Claire-Philippine-Benjaminede Durfort-Duras, seconde fille d'Amédée Bretagne-Malo de Durfort-Duras et de Mademoiselle Claire de Coëtnempreji de Kersaint. A l'occasion de ce mariage, le roi Louis XVIII créa M. de Chastellux duc de Rauzan, l'autorisant à écarteler ses armes de celles des Durfort-Duras. On peut se convaincre, par l'aperçu historique qui précède, que la seigneurie de Rauzan était une des plus considérables de la Guienne, et le château un des plus forts de cette province; c'est maintenant la plus belle ruine de l'arrondissement de Libourne, et son donjon peut aller de pair avec ce que les constructeurs du moyen âge nous ont laissé de plus imposant. Je n'ai trouvé nulle part la date de la construction du château. Ce n'est donc que par analogie, et après une étude approfondie de son ensemble et de ses détails, qu'il sera possible de connaître son âge, à quelques années près.
Le château de Rauzan est construit sur un petit promontoire qui s'avance dans un vallon, au fond duquel coule le ruisseau de Lausade. Sa forme est celle d'un polygone ovale très irrégulier, précédé d'une basse-cour qui paraît avoir été à peu près carrée, isolée du plateau par un large fossé dans lequel on a depuis construit des maisons. La basse-cour est séparée, par un second fossé semi-circulaire et taillé dans le roc, d'une bastille également semi-circulaire. Une profonde coupure, dont le fond est au niveau d'une terrasse ou de lices qui font le tour du pied des remparts de l'est à l'ouest, en passant par le nord, sépare la bastille du château. Un talus assez raide et fort élevé descend de ces lices jusqu'au fond du vallon, et rendait inattaquable ce côté de la forteresse, d'autant mieux qu'au sommet du talus devait, suivant l'usage, s'élever un vallum garni de palissades ou d'un mur crénelé. Abstraction faite des constructions, la forme de ce plan est fort ancienne; le promontoire, facile à isoler au moyen d'une simple coupure dans le roc, a dû attirer l'attention à une époque fort reculée. Plus tard, lorsqu'on a voulu donner plus d'importance au château, on a creusé un second fossé destiné à isoler un poste avance en avant de la porte. Enfin, et peut-être en même temps, on a établi la basse-cour carrée, qui pouvait arrêter longtemps les assaillants du seul côté par où le château était accessible. Cependant, les constructions les plus anciennes ne paraissent pas antérieures au commencement du XIVe siècle, ainsi qu'il est facile de le voir en les analysant... (1)

Éléments protégés MH: le château : classement par liste de 1862. Le mur d'enceinte de la basse-cour : inscription par arrêté du 31 décembre 1993. (2)

château de Rauzan 33420 Rauzan, tel. 05 57 84 03 88, ouvert au public toute l’année en visites libres, fermé les lundis et aux vacances scolaires de Noël. Visites guidées avec chasse au trésor en famille sur réservation.

Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous constatez une erreur, contactez nous. Nous remercions chaleureusement Madame Cathy du site
http://lescreasdepatchie3340.centerblog.net/, pour les photos qu'elle nous a adressées pour illustrer cette page.
A voir sur cette page "châteaux de Gironde" tous les châteaux répertoriés à ce jour dans ce département.

 
 
 
 
château de Rauzan château-fort de Rauzan château de Rauzan château-fort de Rauzan 
 
château de Rauzan château-fort de Rauzan château de Rauzan 
 
château-fort de Rauzan château de Rauzan château de Rauzan 
 
 
 


(1)           La Guienne militaire: histoire et description des villes fortifiées, forteresses et châteaux construits dans le pays pendant la domination anglaise. Tome premier, par Léo Drouyn (1816-1896) Éditeur: Didron (Paris). Date d'édition: 1865
(2)
              source :  https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/

Sur ce site, tous les châteaux, châteaux forts, manoirs, maisons-fortes, ruines et vestiges importants, chateau hôtel-restaurant, chateaux avec chambres d'hôtes, gîtes, et les châteaux avec salles pour réceptions, vous trouverez la liste de tous les départements en page d'Accueil, mais également une page réservée aux châteaux à l'abandon, en péril, et les châteaux du val de Loire nous avons recensés aussi les châteaux dans les pays francophones, Suisse, Belgique et Grand Duché du Luxembourg voir châteaux Étrangers, et également les châteaux dans des bourgs classés parmi les plus beaux villages de France.

 
 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique
Nos sources proviennent à 60% de la base Mérimée, culture.gouv.fr/culture/inventaire/patrimoine, que nous remercions vivement
Copyright ©chateauxdefrance@orange.fr     Tous droits réservés.