châteaux de France
       Accueil        châteaux Val de Loire        châteaux pour réceptions        châteaux à l'abandon        Contact        Liens
 
 
 
Château de Bisqueytan à Saint-Quentin-de-Baron
 
 

  Ce n'est qu'à partir du commencement du XIVe siècle qu'on trouve le nom du château de Bisqueytan dans l'histoire de la province. Cependant, deux siècles auparavant, ce lieu devait être fortifié, puisque la chapelle, construite en style roman, se relie aux murs qui l'avoisinent. Il est même assez probable que le périmètre du château d'alors n'a pas subi de modification importante. Quoi qu'il en soit, et malgré le semblant de paix qui existait au commencement du XIVe siècle entre la France et l'Angleterre, les seigneurs gascons, avec leur caractère turbulent, leur humeur querelleuse et peut-être aussi leur amour du pillage, ne pouvaient rester en repos; les uns tenaient ouvertement pour Philippe, les autres pour Édouard. Ils guerroyaient donc à leurs risques et périls, bien sûr que leurs chevauchées leur donneraient quelque profit et que tôt ou tard leurs méfaits leur seraient pardonnés. Un d'eux, Guillaume-Raymond de Gensac, seigneur de Rauzan et de Pujols, tenant pour le roi de France, avait à sa solde cinquante cavaliers et deux cents hommes de pied. Une nuit de l'année 1313, il surprit la tour de Bisqueytan appartenant à Arnaud Calcul (Cailhau), bourgeois de Bordeaux, qui en avait confié la garde à Arnaud-Guillaume de Béarn. Le seigneur de Rauzan fit la garnison prisonnière, couvrit de chaînes le capitaine et les hommes qui la composaient, s'empara de tout ce qui était dans le château, arbora sur la forteresse le drapeau de la France, bien décidé ainsi à garder sa prise. Arnaud Cailhau s'en plaignit au roi d'Angleterre, qui, le 10 février de la même année, en écrivit au roi de France pour lui demander satisfaction. Guillaume-Raymond de Gensac fut puni et pardonné bientôt après.
En 1317, Arnaud-Guillaume de Budos possédait le château de Bisqueytan; il le donna en échange à Eyquem-Guillem de La Mote, damoiseau, fils de Gaillard de La Mote de Buch, pour la terre et seigneurie de La Mote d'Ayran, située sur les confins des paroisses de Beautiran et d'Aiguemortes. Eyquem-Guillemde La Mote le possédait encore en 1327. En 1390, il appartenait à noble homme sieur de Castéja, puis à Bertrand de Mandosse, qui le vendit en 1476 à Jean de Pins ou de Piis, commandeur de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem. Il avait la commanderie de Cadarsac, près de Libourne. D'après la tradition, il aurait reconstruit ou restauré le château. Par son testament daté du 3 juillet 1522, Barthélémy de Piis, après avoir recommandé son âme à Notre Seigneur Jésus-Christ, à la Sainte-Vierge, à "Monseigneur sainct Michel et au chœur d'anges et d'archanges, et singulièrement à Monseigneur sainct Quentin, son patron, dont il était paroissien, et Monseigneur sainct Loys, duquel il y a auctel en la chapelle dudit lieu de Bisqueytan, et généralement à tous les benoists saincts et sainctes du paradis", élit sa sépulture devant le grand autel de l'église de Saint-Quentin, où son père, sa mère et ses autres parents ont été ensevelis. Il ordonne qu'on prenne de ses biens mille francs bordelais pour faire célébrer, dans l'église de Saint-Quentin, cent messes distribuées ainsi: trois messes basses en l'honneur de la Sainte-Trinité, cinq messes basses en l'honneur de Notre-Dame, neuf messes basses en l'honneur des neuf ordres d'Anges, douze messes basses en l'honneur des douze Apôtres, onze messes en l'honneur des onze mille Vierges, et enfin soixante messes le jour de sa sépulture. Il veut que les prêtres qui célébreront ces messes soient nourris et reçoivent dix ardits; que ceux qui suivront son enterrement aient à boire et à manger, gras ou maigre, suivant le jour de sa sépulture. Les frais occasionnés par ces générosités ne doivent pas être pris sur la somme de mille francs bordelais.
Il ordonne en outre de célébrer à plusieurs reprises, dans l'église de Saint-Quentin, soixante messes par jour, et de payer dix ardits pour chaque messe; puis pour les anniversaires, trois messes basses dans la chapelle de Bisqueytan, fondée en l'honneur "dudict sainct monseigneur sainct Ladro". Il demande encore une certaine quantité d'autres messes, soit dans la chapelle du château, soit dans l'église paroissiale, et laisse au recteur ou vicaire perpétuel de Saint-Quentin une vigne près de l'église. Il ordonne qu'une chapelle soit fondée dans cette église en l'honneur de Notre-Dame, que cinquante francs bordelais soient donnés pour la réparation de l'église de Saint-Martin de Cambes, où est situé le bien noble de Piis, afin que des messes soient dites dans cette église, et que lés paroissiens soient tenus de prier Dieu pour son âme et les âmes de ceux pour lesquels il est tenu de prier. Plus loin, il ajoute: "Item, veulx et ordonne que sur ladite somme de mille francs bourdelois, seront mariées sept pauvres filles de bon renom et de nos attenances ou paroissiens de ladite église Saint-Quentin, et qu'il soit baillé et pris en la faveur desdites filles la somme de dix francs bourdelois". Cette somme leur sera donnée le jour de leur noce. En outre de ces dix francs, il fait un legs particulier à Jeanne Meunière, fille de Jean Meunier, demeurant au lieu de Bisqueytan. Ce legs consiste en "une robbe de drap de couleur bonne et honneste et une coste de drap escardis, lesquelles luy seront données le jour de la solempnité de ses nopces". Il nomme ensuite chacun des membres de sa famille: Jean de Piis, régent de La Sauve; Charles de Piis, prêtre; autre Jean de Piis, seigneur de Grissac (peut-être Génissac); Benoît de Piis, seigneur de Saugeon, près Saint-Caprais; puis sa femme Jeanne de Vaquey, fille de Martin Vaquey, seigneur de Sallebœuf, pour la tranquillité et le bonheur futur de laquelle il prend toutes les précautions désirables. Enfin, en terminant, il recommande "que les armes et arbalestres et aultres bastons desfensables qui seront au temps de son décès en la maison de Bisqueytan soyent et demeurent en icelle, que lesdits héritiers ne les puissent transporter en aultre lieu et place quelconque, ains veult qu'ils demeurent en ladite maison de Bisqueytan pour la deffence et garde d'icelle". Vers 1560, la terre de Bisqueytan passa dans la famille de Pontac, qui l'a conservée pendant cent cinquante ans environ. Sur la liste des membres de la noblesse en 1789, on trouve Françoise de Cursol, veuve de Gaufreteau, dame de Bellefontaine et de Bisqueytan. Les restes du vieux château ainsi que les terres qui en dépendent appartenaient au milieu du XIXe siècle à M. le baron de Montesquieu, qui habitait le château de La Brède.

Description du château de Bisqueytan au XIXe siècle:

Le château de Bisqueytan prend la forme triangulaire du promontoire rocheux sur lequel il est bâti. Une coupure peu large et peu profonde, taillée dans le roc, l'isole du plateau terminé par le promontoire qui lui sert d'assiette. Toute la partie orientale est bâtie un peu en arrière du bord des rochers formant une vaste corniche naturelle. Au nord-est et au nord, les murs affleurent le bord de la roche taillée artificiellement à pic. Le château se divise en deux parties bien distinctes: une cour basse entourée de constructions, dont un angle est occupé par la chapelle, et une cour haute, de quatre mètres environ plus élevée, qui l'avoisine, et où devait se trouver autrefois le donjon. Cette cour, qui sert de jardin aux fermiers de Bisqueytan, est faite en grande partie avec des terres rapportées: c'est peut-être une ancienne motte servant d'assiette au donjon roman contemporain de la chapelle. En faisant le tour extérieur du château, on s'aperçoit vite que les murs ne sont pas d'une date très reculée; ils sont en effet de la fin du XVe siècle, et l'on doit admettre comme juste la tradition qui attribue la reconstruction de cette forteresse à Jean de Piis. Des mâchicoulis faisaient le tour des remparts, dont les angles étaient munis d'échauguettes en saillie sur des consoles ou des culs-de-lampe; on en trouve des restes sur toute la courtine sud ouest, ou existe encore le chemin de ronde: celui de là cour est à peu près au niveau du sol de cette cour. Certaines parties paraissent de la seconde moitié du XVIe siècle: ce sont, en outre de quelques détails, les deux tours; elles ont été ajoutées aux anciennes défenses pour protéger les courtines et battre en enfilade la vallée et la coupure; les deux portes, toutes deux en plein-cintre, avec pont-levis et suivies d'un corps de garde actuellement ruiné; l'escalier qui servait aussi de tour, et dont les meurtrières et embrasures battaient la porte principale, la basse-cour et une poterne. Ces réparations ont été faites pendant les guerres de religion.
On trouve cependant encore, dans la courtine orientale, un fragment de muraille et un contrefort plat qui paraissent contemporains de la chapelle. Les appartements construits au XVe siècle ont été en partie démolis, et leur couronnement a complètement disparu. La porte de ceux du nord, cachée par l'escalier, est surmontée d'une contre-courbe encadrant un écusson sculpté, écartelé des armes de Piis et de Foix, qui sont, pour les Piis, d'azur à trois pommes de pin d'or, et les Foix, d'or à trois pals de gueules. Les mêmes armes se retrouvent sous la contre-courbe d'une fenêtre située vers l'orient; seulement, ici on a chargé les armes de Piis de cinq pommes de pin, 3 et 2, au lieu de trois pommes seulement, 2 et 1. "La maison de Pinos, en Espagne, a porté: tantôt d'azur à six pommes de pin d'or, tantôt d'or à trois pommes de pin de sinople, ombrées du fond à la bordure de gueules". Au nord, on voit aussi une fenêtre portant sur son linteau un écusson fruste, de chaque côté duquel pendent deux pommes de pin. Les cheminées, les fenêtres et les portes ont été faites avec un certain luxe; mais les sculptures qui les ornent sont assez mal dessinées; il reste encore une assez grande quantité de boiseries anciennes, mais elles n'offrent qu'un médiocre intérêt. Le périmètre de la forteresse romane devait être à peu près le même que celui du château de Jean de Piis. La porte paraît avoir été placée au même endroit. Un soubassement circulaire, maintenant à fleur de terre, donne à penser que le couloir était fermé près de la basse-cour: c'était d'ailleurs un système employé par les ingénieurs du moyen âge que celui d'accumuler les obstacles près des portes. Alors, comme à présent, devait exister une cour intérieure entourée de constructions dominées par une tour qui n'existe plus aujourd'hui. De cette ancienne forteresse, il ne reste que la chapelle, qui, sauf son couronnement, est à peu près entière.
Son plan se compose d'une nef large et courte, suivie à l'orient d'une abside demi-circulaire. Elle ne paraît pas avoir été voûtée, mais simplement recouverte d'un lambris. Un long pilastre servant de lit à une colonne à demi engagée sépare la nef de l'abside: ses bases et chapiteaux ont disparu. La chapelle est éclairée par trois petites fenêtres romanes; ce sont les deux de la nef les plus rapprochées de l'abside; elles s'ouvrent à une grande élévation; l'autre, tout à fait à l'orient, au-dessus de l'autel, est à une hauteur moindre. La seconde fenêtre de l'abside m'a paru comparativement moderne et copiée sur les précédentes. Une porte ouverte près du pilastre méridional, et l'autre fenêtre du même côté, sont ogivales et paraissent appartenir au XIVe siècle. L'autel et le retable sont de la fin du XVe siècle. La porte est romane et s'ouvre dans le soubassement d'un avant-corps encadré par deux contreforts plats. Elle est formée de deux archivoltes en plein-cintre retombant sur des colonnes à demi engagées dans les pieds-droits. L'archivolte supérieure est ornée de tores peu saillants; la plus petite n'a pas de moulures. Les chapiteaux des quatre colonnes sont frustes et à peu près méconnaissables; ceux du nord étaient couverts de palmettes, ceux du sud de personnages. J'ai cru y reconnaître Daniel dans la fosse aux lions. La porte romane avait une troisième archivolte sous les deux précédentes; elle a été remplacée par une décoration assez laide du XVe siècle. Les vantaux de cette époque sont encore en place. Le puits, large et profond, creusé dans le roc vif, est placé contre la façade de la chapelle, entre l'avant-corps et le contrefort de l'angle sud-ouest. Si l'on en croit la tradition et la terre qui résonne quand on frappe du pied, un souterrain dont l'issue est fort loin dans la campagne partirait du château, traverserait le chemin, le vallon du nord, au milieu duquel existe une belle source, et passerait sous les rochers du bord opposé, sur lesquels s'élève un beau colombier, bâti probablement lui aussi par Jean de Piis.
Si l'on voulait faire une excursion dans les environs de Bisqueytan, on trouverait, à Fourens, un château sans caractère, ancienne demeure de la famille de Pontac, et près duquel existe la chapelle de Sainte-Remède. Ce sanctuaire a été bâti au XVIe siècle, sur une fontaine consacrée, et près d'un bois où fut trouvée, suivant la légende, une Vierge miraculeuse actuellement déposée dans l'église de Nérigean. Ce petit sanctuaire, de 5m50 de long sur 5m20 de large, se compose de deux étages. Dans le bas était le bassin de la fontaine, comblé maintenant et depuis peu de temps, pour détourner la source, et, au-dessus, la chapelle recouverte d'une voûte à nervures prismatiques. A 150 mètres environ à l'est de cette chapelle, on en trouverait une autre qui paraît remonter à la même époque. En se rendant à la métairie du Bois, on apercevrait, sur le plateau, à cinquante mètres environ à l'ouest de cette métairie, une pierre levée haute et large de 1m50. Le métayer pourrait raconter comment, en défrichant le bois au milieu duquel s'élevait la pierre, il a déterré près d'elle, et sous de vieilles souches de chêne, des ossements humains; il conduirait, près de là, sur le bord d'un petit vallon, en face d'un orifice étroit servant d'entrée à une vaste caverne, où, en 1814, à l'arrivée des Anglais, les femmes des environs et leurs enfants se cachèrent avec ce qu'elles avaient de plus précieux. Il dirait qu'au milieu de la grotte passe un ruisseau d'eau limpide; il raconterait au temps jadis, comment une fée vola un enfant, le nourrit, puis le rendit à la mère. Depuis cette époque, cette caverne a pris le nom de la Grotte des Fées. Combien d'autres merveilles ne renferme pas ce coin poétique de l'Entre-deux-Mers, dont une des églises les plus curieuses est celle de Saint-Quentin, chef-lieu de la paroisse dans laquelle s'élève le château de Bisqueytan!

L'église de Saint-Quentin mériterait une monographie détaillée, qui ne peut entrer dans un ouvrage spécialement destiné à faire connaître les monuments militaires et non les édifices religieux. Aussi me contenterai-je de n'en donner qu'un aperçu. Le plan peut se diviser en deux portions bien distinctes: une nef composée de deux travées, avec un bas-côté qui en a trois, y compris le chœur. Ces portions sont du commencement du XVIe siècle, et sont dues peut-être à la générosité de Barthélemy de Piis, dont le testament a été analysé plus haut. Ce qui le ferait supposer, alors même que le testament n'existerait pas, c'est un écusson sculpté sur le chevet du bas-côté et écartelé des armes de Piis et de Foix, comme celui de la porte du château. La nef remplace une nef romane, ainsi qu'on peut le voir par les fragments encore en place de l'ancienne porte occidentale. Ce qu'il y a surtout de remarquable dans l'église de Saint-Quentin, c'est l'abside, composée d'un chœur voûté en berceau et d'un sanctuaire en cul-de-four. Généralement le chœur des églises de campagne de la Gironde ne se compose que d'une travée: celui-ci en a deux, et de plus le plan du premier étage de ce chœur diffère considérablement du soubassement. Cette différence de plan donne beaucoup de mouvement aux lignes architecturales de l'intérieur de l'édifice. Pour le soubassement, des contreforts intérieurs, inégaux de largeur et de saillie, servent de lit à une colonne engagée, couronnée d'un tailloir sans chapiteau, ou plutôt d'un bandeau qui fait le tour de l'abside. De chaque côté des pilastres et contre les parois du chœur s'élèvent, à la même hauteur que les précédentes, d'autres colonnes couronnées par le même bandeau. Sur le sommet des pilastres du soubassement et un peu en recul, ce qui donne au premier étage plus de largeur apparente qu'au rez-de-chaussée, reposent les bases d'un faisceau de trois colonnes accouplées, sur lesquelles retombent les arcs doubleaux de la voûte, qui, n'ayant pas trouvé dans ce dernier mur une résistance suffisante, l'ont poussé en dehors, ont pris en s'affaissant la forme très accusée d'anse de panier ainsi que la voûte elle-même, et ont, de cette façon, élargi la nef dans sa partie supérieure. Cet affaissement doit être très ancien et n'a pas nécessité l'emploi de contreforts postérieurs.
Le chœur offre à l'extérieur autant de bizarreries qu'à l'intérieur; ainsi toutes les colonnettes du premier étage ne surmontent pas celles du soubassement; et comme il fallait leur donner un semblant de point d'appui, on les a montées sur un cul-de-lampe couvert de sculptures. Une arcature en plein-cintre règne au premier étage. Le sanctuaire ne manque pas d'une certaine grandeur architecturale. Il est d'une régularité parfaite; les colonnes du premier étage retombent bien sur celles du soubassement, ou plutôt c'est la même colonne qui descend jusqu'au sol et qui est divisée par un anneau à la hauteur du bandeau qui fait le tour de l'abside. Ces colonnes sont surmontées d'une arcature composée de sept arcs en plein-cintre, couronnés par une riche corniche qui forme, dans le chœur, le tailloir des chapiteaux. Dans le sanctuaire, on trouve encore une bizarrerie de construction: c'est que le premier étage est à faces droites, tandis que le soubassement est semi-circulaire; de plus, il y a sept faces à l'intérieur et neuf à l'extérieur. La sculpture de l'église de Saint-Quentin est extrêmement curieuse: les chapiteaux, les cordons, les corniches, les tailloirs, les corbeaux, sont couverts de feuillages, d'enroulements, d'entrelacs, d'animaux et de personnages. Le bandeau qui à l'extérieur sépare le premier étage du soubassement, prend autour des trois colonnes orientales l'aspect d'un véritable chapiteau, sans astragale il est vrai. Sur l'un d'eux est un bœuf et un lion; sur le suivant, trois faisceaux de pommes de pin; sur le troisième, deux rangs de feuilles d'acanthe dans le genre de celles que l'on trouve sur les chapiteaux gallo-romains. Entre le premier et le second chapiteau, le bandeau est couvert de deux bâtons horizontaux entourés de bandelettes terminées par deux fleurons en forme de feuilles d'acanthe. Entre les deux colonnes orientales existe un curieux bas-relief, complété par le cordon qui les relie. Cette sculpture, renfermée dans un cadre oblong, est malheureusement mutilée dans le milieu où l'on a percé un soupirail pour éclairer le derrière de l'autel; ce qui, par contre, a quelque peu obscurci l'interprétation du sujet qu'il représente.
Je laisse de côté les sujets fantastiques, bizarres, obscènes, monstrueux; les personnages, les animaux, les sirènes, les femmes faisant des tours de force; les barriques, les feuillages de toutes les formes qui couvrent les médaillons et les chapiteaux de l'intérieur de cette remarquable abside, pour passer en revue les sculptures de l'intérieur, plus remarquables et plus curieuses encore que celles du dehors. Sur les tailloirs des pilastres et des colonnes du soubassement, on remarque un dragon enroulant la queue d'un oiseau qui enroule la queue d'un autre oiseau, et ainsi de suite; puis des lions contournés se mordant réciproquement la patte. Ailleurs un homme tient un livre écrit et paraît crier très fort, c'est un prophète; un monstre dévore la tête de deux oiseaux, un autre mange les mains de deux hommes, etc., etc. Sur les chapiteaux du premier étage, on trouve un centaure contourné qui décoche une flèche; Daniel dans la fosse aux lions, et le prophète Habacuc qui lui porte à manger; un groupe de personnages qui se disputent et se battent. Sur un chapiteau, on voit les différentes scènes du sacrifice d'Abraham. Le baptême de Notre Seigneur se voit sur un autre chapiteau; plus loin, saint Michel terrasse le dragon, et Samson déchire la gueule du lion. Dans le sanctuaire, même richesse de sculptures: les corniches, les cordons, les chapiteaux en sont entièrement couverts. Toute la sculpture de cette église ressemble considérablement à celle de La Sauve. Il est une chose digne de remarque, c'est qu'outre le symbolisme qu'on peut découvrir dans toutes les sculptures de cette église qui ne sont pas purement historiques ou légendaires, on peut encore en retrouver dans son plan. Ainsi, dans le sanctuaire, on remarque à l'intérieur sept arcades et au dehors neuf faces. On trouve le même nombre de sept et de neuf de chaque côté du chœur, sept colonnes pour le soubassement et neuf pour le premier étage: celles-ci divisées en trois groupes de trois chacune. Les fenêtres sont au nombre de sept, trois pour le sanctuaire et quatre pour le chœur: trois, sept et neuf sont des nombres mystiques. L'église de Saint-Quentin d'ailleurs ne se recommande pas par son aspect extérieur: un orgueilleux clocher pointu n'attire pas les regards de la foule; mais l'amateur, l'artiste ou l'archéologue, qui ne se laissent pas séduire par le bruit et la toilette, trouvent dans ce modeste monument de nombreux sujets d'attrayantes études. (1)

Éléments protégés MH: le château, le pigeonnier, les restes du moulin, les vestiges d'établissements antérieurs et abris sous roche: inscription par arrêté du 4 novembre 1996. (2)

château de Bisqueytan 33750 Saint-Quentin-de-Baron, propriété privée, ne se visite pas.

Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous constatez une erreur, contactez nous. Propriétaire de cet édifice, vous pouvez enrichir notre base de données en nous adressant un historique détaillé et des photos pour illustrer cette page, merci.

A voir sur cette page "châteaux de Gironde" tous les châteaux répertoriés à ce jour dans ce département.

 
 
 
 
   

source de la photo par satellite: https://www.google.fr/maps

 
 


(1)           La Guienne militaire: histoire et description des villes fortifiées, forteresses et châteaux construits dans le pays pendant la domination anglaise. Tome premier, par Léo Drouyn (1816-1896) Éditeur: Didron (Paris). Date d'édition: 1865
(2)
              source :  https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/


Sur ce site, tous les châteaux, châteaux forts, manoirs, maisons-fortes, ruines et vestiges importants, chateau hôtel-restaurant, chateaux avec chambres d'hôtes, gîtes, et les châteaux avec salles pour réceptions, vous trouverez la liste de tous les départements en page d'Accueil, mais également une page réservée aux châteaux à l'abandon, en péril, et les châteaux du val de Loire nous avons recensés aussi les châteaux dans les pays francophones, Suisse, Belgique et Grand Duché du Luxembourg voir châteaux Étrangers, et également les châteaux dans des bourgs classés parmi les plus beaux villages de France.

 
 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique
Nos sources proviennent à 60% de la base Mérimée, culture.gouv.fr/culture/inventaire/patrimoine, que nous remercions vivement
Copyright ©chateauxdefrance@orange.fr     Tous droits réservés.