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Châteaux des Allinges (vieux et neuf )
 
 

      Au centre du Chablais, dans la ravissante plaine qui s'étend entre le lac et les montagnes de Draillant et d'Hermone, s'élève une colline haute d'environ 500 pieds, longue de trois-quarts de lieue, et courant de l'est au sud-ouest. Son sommet, découpé en festons, paraît vu d'en bas, partagé en trois parties principales, ayant chacune leur dénomination particulière: A droite, la pointe de la Maladière; au milieu, celle des Seblots ou des Vuardes; à gauche, détachée des autres par une découpure plus large et plus profonde, la butte des châteaux. Les deux premières, entièrement boisées, n'offrent rien de remarquable à l'œil du voyageur; la troisième, au contraire, nous montre dans toute son étendue de majestueuses ruines, au milieu desquelles s'élève un clocher et des constructions modernes. Ces ruines et cette tour sont les débris de l'antique forteresse des Allinges. Au temps des Burgondes (Ve siècle), la colline fut réservée pour le pâturage, et elle en reçut le nom d'Allinge, qui dans la langue germanique signifie pâturages communs. Ils groupèrent leurs habitations dans le voisinage. Sur le versant oriental, ils créèrent un petit burgum, et pour se mettre à l'abri d'un coup de main, ils élevèrent au sommet du rocher qui le domine des retranchements et des fortifications. Telle fut, croyons nous, l'origine du bourg-vieux d'Allinges, aujourd'hui château-vieux, aussi bien que celle du château d'Allinges-Vieux (castrum Alingii veteris), château qui a été reconstruit dès lors et dont il reste encore de nombreux vestiges. Cette bourgade s'agrandit rapidement et devint bientôt très considérable. Les Burgondes en firent le chef-lieu d'un pagus ou district, démembré du pagus genevois. Ce nouveau pagus comprenait tout le Chablais moderne et fut appelé district d'Allinges (Pagus Allingiensis). Vers la même époque prirent naissance, autour de la colline, ces hameaux qui portent encore de nos jours les noms teutoniques de Commelinge, Mesinge, Corsinge et la villa d'Allinge, qui devint le centre religieux des nouveaux colons.

Le royaume fondé par les Burgondes ne dura guère plus d'un siècle. Les plus célèbres de leurs rois furent Gondebaud et Sigismond, son fils. Au premier, nous devons le recueil des lois gombettes; le second dota richement l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune et mérita, par ses vertus et sa mort tragique, la double auréole de saint et de martyr: vaincu par les fils de Clovis, il fut précipité dans un puits avec sa femme et ses enfants, le 1er mai 524. Gondemar succéda à Sigismond son frère; mais il fut attaqué à son tour par les Francs, qui s'emparèrent de ses Etats et se les partagèrent entr'eux (534). Le pays demeura sous la domination des Francs jusqu'en 879. Sous les dynastes Rodolphiens, Allinges va acquérir une grande importance. Le fondateur de cette dynastie avait laissé le trône, en mourant, à Rodolphe II, son fils. Ce prince (912-937) voyant ses Etats traversés tour à tour par les bandes des Sarrasins et des Hongrois, comprit la nécessité d'élever des châteaux forts, qui serviraient d'abri à ses peuples et de barrière aux envahisseurs. Il fit rebâtir le château-vieux, où l'on voit encore plusieurs pans de murs à petites pierres carrées posées sur le plat comme les grains d'un épi couché, ou placées obliquement comme les mailles d'un filet, disposition fort usitée à l'époque rodolphienne. Puis, à l'extrémité méridionale du même plateau, sur un rocher, séparé du château-vieux par une distance de 130 pas, il éleva une forteresse nouvelle, au sud de laquelle s'établirent de nouvelles habitations, une nouvelle bourgade, qui prit le nom de bourg d'Alinge-le-Neuf (burgum Alingii novi). Bien des fois, depuis lors, le castel neuf ou d'Allinge-Neuf a été réparé ou augmenté; mais il nous reste quelques traces de l'œuvre primitive, entr'autres la chapelle. Cette forteresse, assise sur un rocher taillé à pic de deux côtés, était accessible par le sud-ouest; on multiplia sur ce point les ouvrages avancés. L'assiégeant rencontrait d'abord le burgum avec son enceinte de murailles et ses maisons échelonnées en amphithéâtre sur la pente des Crêtets, et surmontées de tourelles ou guérites, où se plaçaient les vedettes (gaitæ, echargaitæ), chargées de guetter l'ennemi et d'en signaler l'approche, au son du cor.

Après le burgum, venait la première enceinte du château; elle était composée d'une ligne de murailles hautes et épaisses, surmontées de créneaux, de mâchicoulis, et fortifiées vers le milieu par une grosse tour carrée, flanquée de tourelles à ses angles. A l'extrémité de cette ligne, à droite, la porte se découpait en cintre: elle était fermée par d'énormes bras d'airain; une chemise de fer la préservait de l'incendie, et derrière elle, était suspendue la herse (rastellus), prête à tomber et à barrer le passage. On parvenait à la porte, soit à l'entrée du pont-levis, qui y donnait accès, par un chemin oblique, bordé à droite par un précipice, et dominé à gauche par le rocher sur lequel étaient bâties des tours avancées et la grosse tour dont nous venons de parler. Abrités par ces remparts derrière lesquels ils circulaient librement, au moyen de galeries ou coursières pratiquées dans l'intérieur des murs, les assiégés pouvaient faire pleuvoir sur les assaillants les traits d'arbalètes, les pierres, l'eau bouillante et le bitume enflammé. La première enceinte étant franchie, l'ennemi devait s'engager dans un chemin montant, encaissé, exposé aux projectiles lancés de droite et de gauche du haut des murs ou des maisons qui le dominaient. Au bout de 80 pas, il trouvait une nouvelle ligne de défenses; et enfin, sur sa droite, au sommet du plateau, c'est-à-dire sur l'esplanade qui surplombe le vallon d'Orcier, se dressaient des murailles hautes, épaisses, garnies de meurtrières, flanquées de tours, qui constituaient le corps principal de la forteresse, et au centre desquelles s'élevait le donjon, résidence du châtelain et le dernier refuge des assiégés. De nombreux habitants vinrent se grouper autour de la nouvelle forteresse: ils y trouvaient à la fois un refuge en temps de guerre et des libertés fort étendues, octroyées aux défenseurs du nouveau burgum. Grâce à cette immigration continuelle, Allinges devint, au Xe siècle, le centre le plus important du Chablais; et, vers cette même époque, les Évêques de Genève y établirent un doyen rural, qui tenait le premier rang dans les séances du clergé réuni en synode, et qui avait juridiction sur plus de cinquante églises.

La dynastie rodolphienne eut une existence éphémère; Rodolphe III (993-1032), quatrième et dernier roi, se voyant près de mourir sans postérité, céda ses États à Conrad le Salique, empereur d'Allemagne. Oddo, comte de Champagne et neveu de Rodolphe, se croyant lésé, entraînant dans son parti le comte de Genevois, l'archevêque de Lyon et plusieurs autres Princes, il réclama l'héritage de son oncle. Mais le comte Upert ou Humbert, demeuré fidèle à la cause de l'empereur, assemble une armée d'Italiens, bat le comte de Champagne sur les rives du Rhône et reçoit en récompense, des mains de Conrad (1037), le Chablais et le Bas-Valais, et suivant des conjectures bien probables, la Val d'Aoste, une partie de la Savoie et la Maurienne, d'où le titre de Comtes de Maurienne que prirent ses successeurs, avant de prendre celui de Comtes de Savoie. Odon, fils d'Humbert, acquit le marquisat de Suze par son mariage avec Adélaïde, héritière de ce pays, et le second fils d'Odon, Amédée, obtint de l'empereur Henri IV une province fertile de la Bourgogne, qu'on croit être le Bugey; enfin, un siècle et demi plus tard, le comte Thomas et l'un de ses fils ajoutèrent le pays de Vaud à leurs domaines. Ainsi, peu à peu, la Maison de Savoie s'agrandissait et reconstituait à son profit le second royaume de Bourgogne. En 1203, le comte Thomas fait inhibition à son châtelain d'Allinges de molester l'abbé d'Abondance; ce prince possédait donc une partie des Allinges; c'est-à-dire le Château-Neuf, car à la même époque, Alinge-Vieux appartenait aux sires de Faucigny. Comment ces deux châteaux, réunis primitivement sous le sceptre des Rodolphiens, avaient-ils été séparés? Comment se trouvaient-ils maintenant entre des mains ennemies? Nul document contemporain n'est encore venu éclaircir ce doute, et le champ reste ouvert aux conjectures. Au XIXe siècle s'est éteinte en Savoie une famille illustre qui, par son ancienneté, pouvait marcher de pair avec les familles princières, et qui, par ses alliances et les services rendus à la patrie, a toujours gardé le premier rang parmi la noblesse du Chablais: c'est la famille d'Allinges.

La famille d'Allinges était déjà riche et puissante au temps des rois de Bourgogne: Conrad le Pacifique fit avec elle des échanges, et Rodolphe III lui fit donation de plusieurs terres en Valais. Elle avait sa demeure au château des Allinges, et son tombeau dans l'église du village; car, en 1073, Aymon d'Allinges, époux de Constance de Ternier, faisant son testament dans le château d'Allinges, déclare vouloir être inhumé dans l'église du dit lieu. Elle avait des propriétés dans cette commune: ainsi l'on voit, vers 1246, Pierre d'Allinge, sénéchal, donner à la chartreuse de Vallon deux mesures de vin, à prendre chaque année dans sa vigne appelée Lochy et située sous Allinges. Elle y possédait même une maison forte, pour laquelle Hugues et Rodolphe d'Allinges, en 1417, prêtent hommage au duc de Savoie. Enfin, elle y exerçait une certaine juridiction, et les membres de cette famille se qualifiaient seigneurs d'Allinges. Mais posséda-t-elle jamais les châteaux ou l'un des deux châteaux forts bâtis sur la colline? Tel est le problème à résoudre. A cette question, M. Amédée de Foras, qui a étudié à fond l'histoire de cette famille et qui lui a consacré dans son Armorial et Nobiliaire un article magistral, répond par la négative. En admettant l'opinion de l'auteur du Nobiliaire, on est porté à conclure que le château-neuf fut donné à la maison de Savoie en même temps que le Chablais par l'empereur Conrad et que le château-vieux fut donné aux barons de Faucigny avec la province de ce nom. Une autre hypothèse qui paraît plus vraisemblable est appuyée par des chroniqueurs sérieux, tels que Besson et Ménabréa et soulève moins d'objections. Admettons que les nobles d'Allinges aient reçu des rois rodolphiens la garde des deux châteaux. A l'époque du démembrement du royaume de Bourgogne, les châtelains, imitant l'exemple des barons et des comtes, se constituèrent les maîtres du dépôt qui leur avait été confié; et plus tard, les châteaux ayant, par suite de partages, passé à deux branches de la même famille, l'une vendit le castel vieux aux barons de Faucigny, et l'autre, ayant eu le château neuf en partage, le céda, de gré ou de force, à la maison de Savoie.

Quoi qu'il en soit, dès le commencement du XIIIe siècle, et bien avant sans doute, les sires de Faucigny possédaient Allinge-Vieux et y entretenaient un commandant sous le titre de sénéchal. Ils s'y rendaient quelquefois avec une brillante suite de seigneurs; une charte de l'an 1221 nous montre Aimon II, sire de Faucigny, assis sous l'orme qui ombrageait la place d'Allinges, et signant, en présence de ses nobles vassaux Rodolphe de Lucinge, Willelme de Boëge et autres, l'acte par lequel il cédait à la chartreuse de Vallon, son casal appelé Rion. Des donations faites à la chartreuse de Vallon par Aimon II de Faucigny de 1209 à 1246. En même temps qu'Allinge-Vieux appartenait aux sires de Faucigny, Allinge-le-Neuf était entre les mains des princes de Savoie, et nous voyons en 1203 et 1225, le comte Thomas donner des ordres à son châtelain d'Allinge. Lorsque Thomas mourut (1233), Amed IV, son fils aîné, ceignit la couronne et reçut de l'empereur Frédéric le titre de duc de Chablais (1238). Les autres enfants reçurent des terres en apanage: Thomas obtint quelque chose au-delà des Alpes, Pierre et Philippe eurent des châteaux dans le Dauphiné et le Bugey, Aymon eut pour sa part le pays compris entre le Grand Saint Bernard, le Léman et l'Arve, c'est-à-dire le Valais et le Chablais. Mais Aymon, atteint de la lèpre, mourut en 1242, et Pierre, qui avait déjà gouverné le Chablais pendant la maladie de son frère, se fit adjuger une partie de cette province et s'empara du reste. Pierre fut dès lors maître du château d'Allinge-Neuf, qu'il possédait en 1250, et qu'il remit en gage, le 10juin de cette année, à Philippe, son frère, élu de Lyon. Trois ans plus tard, Aymon, sire de Faucigny, mourait et Pierre qui avait épousé Agnès sa fille et son héritière devint maître de cette province et du château vieux qui en dépendait; c'est ainsi que les deux châteaux se trouvèrent réunis sous le sceptre de ce personnage illustre qui devint comte de Savoie, fit construire les fortifications d'Evian, donna à l'une de ses portes le nom d'Allinges, restaura le château de Chillon et mérita par son courage et ses exploits le surnom glorieux de petit Charlemagne.

Pierre mourut le 16 mai 1268, laissant le comté de Savoie à son frère Philippe, et les châteaux d'Allinges, de Versoix et de Féternes à sa femme Agnès. Restée maîtresse du Faucigny par la mort de son époux, Agnès suivit de près ce dernier dans la tombe (11 août 1268) et laissant pour héritière universelle sa fille Béatrix, mariée à Guigues VII, dauphin du Viennois. A la nouvelle de sa mort, Philippe de Savoie, frère et successeur de Pierre, se déclara maître du Faucigny; Béatrix de Villars, sœur d'Agnès, oubliant la cession qu'elle avait faite de ses droits à celle-ci, réclama la baronnie de son père; et le dauphin Guigues, se fondant sur le testament d'Agnès, qui avait institué sa femme Béatrix héritière universelle, s'adjugea cette province et demanda même une moitié de la ville de Thonon, qu'il accusait Philippe de lui avoir enlevée en temps de trêve, soutenant que cette partie de la capitale du Chablais avait appartenu à la maison de Faucigny. Sans attendre que le corps d'Agnès fût refroidi, Guigues s'empara à main armée du Faucigny et du château d'Allinges-Vieux. Se voyant ainsi frustrés par un tiers, Philippe et Béatrix de Villars firent alliance entre eux. Le comte promit aide à Béatrix pour recouvrer sa part héréditaire du Faucigny; Béatrix, de son côté, s'engagea à rembourser les dépenses et à faire hommage au comte des terres qu'ils pourraient reconquérir (12 août 1268). La guerre fut aussitôt commencée, puis interrompue par une trêve conclue à Sciez, le 21 janvier 1269. Après deux ans de négociations, un arrangement arbitral intervint. Béatrix de Villars renonça à ses prétentions sur l'héritage d'Agnès et reçut le château d'Hermance, celui d'Aubonne et quelques fiefs dans le pays de Vaud; le Faucigny et Alinge-le-Vieux appartint à la Dauphine (3 août 1271). Dès lors les Dauphins conservèrent Alinge-le-Vieil jusqu'en 1355. Ils y placèrent un châtelain qui avait juridiction sur le Lyaud, Armoy, Trossier, Maugny, Brecorens, Perrignier, Brenthonne, etc, et qui percevait les revenus des mestralies d'Alinge-Vieux et du Lyaud avec ceux des moulins de Chignes. Les Dauphins attachèrent une grande importance à la possession de ce fort par lequel ils avaient un pied au centre du Chablais; aussi n'oublièrent-ils point d'entretenir et de réparer ses puissantes murailles, dont la plus grande partie a résisté jusqu'ici à toutes les causes de destruction.

L'arrangement arbitral, conclu le 3 août 1271, fut suivi d'une paix assez longue: les comptes des châtelains d'Allinge-Neuf ne mentionnent, durant les dix années qui suivent, que des réparations peu importantes au fort et la construction de deux engins de guerre. Mais, en 1282, le comte Philippe étant engagé dans une guerre contre Rodolphe de Hapsbourg, nouveau roi des Romains, Amédée, comte de Genevois, voulut mettre à profit cette occasion favorable de relever la fortune politique de sa maison et conclut à Versoix, le 2 juin 1282, avec Béatrix de Faucigny, son fils Jean, dauphin de Viennois et Robert, évêque de Genève, une alliance offensive et défensive. Devant l'imminence du danger, le comte de Savoie fit renouveler les portes de son château, construire une tourelle du côté d'Allinge le-Vieux et trois guérites sur la porte du donjon; la garnison, qui était composée de cinq clients (savoir: MM. Guillaume d'Oyseler et son fils, Guillaume de Cossonay, Etienne Pinard et Amed Cordier de Villeneuve), et de deux vedettes, fut augmentée, au début de septembre, de cinq arbalétriers qui y demeurèrent jusqu'après Toussaint et qui percevaient un sol, soit environ deux francs par jour. Enfin le châtelain fit l'inspection et dressa l'inventaire des harnais, munitions et machines de guerre que renfermait le castel. Une péripétie imprévue vint détourner l'orage qui menaçait le comte de Savoie: le jeune dauphin mourut le 24 septembre 1282. Cet évènement rompit la coalition récemment formée; l'évêque de Genève se rapprocha du comte Philippe, le nouveau dauphin ne voulut point courir le sort des armes et le châtelain d'Allinge renvoya ses auxiliaires. Philippe eut pour successeur son neveu, Amé V, surnommé le Grand "tant pour ses hauts et chevaleureux faicts qu'à raison de sa hauteur et beauté corporelle". L'avènement de ce comte fut le signal de la reprise des hostilités. Le onze septembre 1285, Amé de Genève et Béatrix renouvellent à Châtillon-sur-Cluses, l'alliance qu'ils avaient précédemment conclue à Versoix.

Aussitôt la guerre commence et continue avec des chances diverses. Amé V s'empara de Genève (1285); mais dans l'automne de l'année suivante, le comte de Genevois envahit le Chablais et porta ses ravages jusqu'à Thonon et au-delà de la Drance. Le châtelain d'Allinges ne reste pas inactif. Il augmente les fortifications de son castel, envoie des garnisons importantes garder la maison d'Aymon de Langin et le château de Ballaison et va porter l'incendie aux environs de Genève et dans la villa de Cologny (1286). Enfin, au printemps suivant, il assiste à Genève au siège du château de l'Ile, dont la prise amena le traité d'Annemasse (18 et 20 novembre 1287). Mais ces princes avaient des intérêts trop différents et ils étaient trop voisins pour demeurer longtemps en paix. Les traités n'étaient que de simples armistices et, chaque année, les courses et les incendies recommençaient au moindre prétexte. Enfin, de temps à autre, les deux forts d'Allinges luttent corps à corps et vomissent l'un contre l'autre des carreaux d'arbalète, des charges de cailloux et des masses de rochers: les toits du château neuf en éprouvent de grands dommages et sont en certains endroits presque anéantis. Epuisés par ces luttes incessantes et cédant aux sollicitations de leurs amis, les combattants se décidèrent à mettre bas les armes. Par un traité passé à Voiron le 26 mai 1293, Béatrix, dame de Faucigny, fit donation entre vifs à son cousin Amédée, comte de Savoie, des châteaux et terres de Faucigny, Bonne, Monthoux, Alinge-Vieux, etc, et des fiefs de Châteaufort, Ravorée et Nernier, que le comte lui restitua à titre d'inféodation et pour la possession desquels celle-ci lui prêta hommage. Les dynastes de Cossonay et Prangins, qui avaient aidé le Dauphin, se virent enlever le château de Nyon, et le comte de Genevois, craignant le sort de ses alliés, se déclara vassal d'Amed V et promit de lui être fidèle comme à son seigneur (10 décembre 1293). Amé, victorieux des ses voisins, vint dans la forêt de Ripaille se livrer aux plaisirs de la chasse et s'en alla plus tard guerroyer en Flandre (1297).

La paix cependant n'était qu'apparente et en prévision d'une guerre prochaine, le dauphin Humbert, Béatrix de Faucigny, sa tante, Léonette, dame de Gex et Guillaume de Joinville, chevalier, passèrent un traité d'alliance offensive et défensive (2 avril 1298). Puis les adversaires remirent la décision de leurs différends à l'arbitrage de Charles de Valois, qui alors traversait les Alpes, pour se rendre en Italie. Charles ordonna provisoirement une trêve; mais à peine fut-il au-delà des monts que les hostilités recommencèrent et furent signalées par la prise et reprise du château de Monthoux. Toutefois, la lutte se passait loin des Allinges; le châtelain Jean Renard profita de ce temps de calme pour réparer ou augmenter les fortifications de son château et l'approvisionner de nouvelles machines de guerre. En 1302, il fait construire de grandes machines à ses ingénieurs. Un traité de paix ayant été conclu le 7 mai 1304, le fils d'Amed V, Edouard, âgé de vingt ans, conduisit des troupes au secours du roi de France et se distingua à Mons-en-Puelle. Le comte de Genevois et le baron de Faucigny profitent de son absence. Pendant deux mois, du 11 mars au 9 mai 1305, le château-Vieux vomit sur le château-Neuf des carcasses pleines de matières inflammables, boulets de pierres et quartiers de rocs qui brisent les toits. Le Château-Neuf riposte de même: un voiturier avec un char à bœufs charrie des projectiles, etc. Las enfin de ces guerres incessantes, Amédée, la grande Dauphine et le Dauphin Hugues, sur les conseils du nouveau comte de Genevois, Guillaume, conclurent la paix à Montmélian, le 16 août 1308. Par ce traité, Hugues et Béatrix renoncèrent à toutes prétentions sur le Comté de Savoie du chef du défunt comte Pierre; de plus, Hugues promit de faire hommage à Amédée V pour les châteaux de Bonne, de Monthoux, d'Alinge-Vieux, de Lullin, etc, avec leurs mandements et juridiction, ainsi que pour les fiefs de Rovorée, de Nernier, de Gex, etc; et pour consolider la paix, il épousa à Bonneville, le 8 septembre de l'année suivante, l'aînée des filles du Comte de Savoie et de sa seconde femme Marie. D'autre part, Amédée conclut avec le comte de Genevois une alliance perpétuelle (23 octobre 1308).

Durant cette période de tranquillité, un évènement très important se passa. Par acte du 30 mars 1349, Humbert II fit donation entre vifs, pure et irrévocable de ses Etats à Charles, petit-fils de Philippe de Valois, roi de France, et ensuite roi lui-même sous le nom de Charles V. Le nouveau Dauphin et le Comte-Vert, qui avait succédé à Aimon son père, n'avaient point des inclinations pacifiques; ils ne tardèrent pas à se brouiller au sujet de certains fiefs situés en Bugey. Il y eut déjà quelques hostilités en 1351, et le châtelain d'Allinge-Neuf nous apprend que, durant tout le mois de septembre, il augmenta sa garnison de dix cavaliers, destinés à protéger les sujets du Comte, menacés par les soldats d'Alinge-Vieux, et à leur permettre de labourer et d'ensemencer leurs champs. A la fin, le roi de France s'interposa entre les parties belligérantes, et après plusieurs négociations, fut conclu le traité du 5 janvier 1355, qui mit pour jamais un terme a ces querelles funestes. Ce traité attaqua le mal dans sa cause; le Comte-Vert abandonna au Dauphin atout ce qu'il possédait entre l'Isère, le Rhône et le Guiers, et par conséquent le Viennois; d'autre part, le Dauphin relâcha au Comte la suzeraineté de Gex, celle de Genève, plusieurs châteaux du Bugey et enfin la baronnie de Faucigny, dans laquelle étaient compris Allinge-Vieux et sa châtellenie. Des délégués du roi de France vinrent, dans le courant de juillet, au château d'Allinge-Vieux et en firent la remise authentique de la part du Dauphin au Comte de Savoie. Les deux châteaux d'Allinge appartinrent dès lors au même seigneur, et les deux châtellenies furent fondues en une seule et confiées à un seul châtelain ou gouverneur. Peu après, Amédée VI rachetait le pays de Vaud et le Valromey, qui avaient été donnés en apanage à des membres de la famille. Ainsi disparut la source de ces guerres interminables qui, pendant près d'un siècle, désolèrent le Chablais et les pays frontières. La forteresse des Allinges, embrassant le château neuf et le château vieux, gagnait en importance et semblait appelée à jouer désormais un rôle considérable dans les fastes militaires de la Savoie. C'est le contraire qui arriva, et les causes en sont multiples.

La peste de 1352 faillit dépeupler Allinges et réduisit sa population à une dizaine de familles. Thonon, par contre, en devenant la résidence des princes de la Maison de Savoie en temps de paix, va grandir et devenir la capitale de la province. L'invention de la poudre et des armes à longue portée rendra bientôt inutiles les fortifications d'Allinges faites suivant l'ancien système. En 1367, Amed VI par crainte des bandes armées, dites les grandes compagnies, qui parcouraient alors la France, ordonna de fortifier Gex, Versoix, Genève et, dans le courant de décembre 1375, il de envoya des commissaires visiter les Allinges. Ce valeureux prince mourut de peste en Italie, le 2 mars 1383, laissant à Bonne de Bourbon, son épouse, les châteaux, villes et seigneuries d'Evian, Féterne, Thonon, Ripaille, Hermance et Allinges, avec l'usufruit et l'administration générale de ses Etats. Amed VII avait vingt trois ans: son âge, ses grandes qualités, sa valeur promettaient un règne aussi long et aussi glorieux que celui de son père. Bientôt les Vallaisans et le marquis de Saluces furent contraints d'accepter sa loi; Nice, Vintimille, Barcelonnette et ses vallée se donnèrent librement à lui (1389); mais la mort vint le ravir au milieu de ses victoires le 31 octobre 1391, laissant un fils. Amed VIII, le nouveau duc (1416-1440), fixa sa résidence habituelle à Thonon. La mort de son épouse, Marie de Bourgogne,et la conspiration de Galois de Suze, augmenta en lui le mépris des grandeurs et des vanités du monde, fortifièrent son désir d'embrasser la vie solitaire. Il mourut le 7 janvier 1451. Le règne d'Amédée VIII est suivi d'un siècle entier de décadence. Louis, son fils et son héritier (1440-1465), était faible et indolent autant que son épouse Anne de Chypre était fière et hautaine. A Louis succéda Amédée IX (1465-1472), né au château de Thonon, prince pieux, ami des pauvres, mais qu'une maladie cruelle empêcha de gouverner par lui même et força de laisser la direction des affaires à la duchesse Yolande, son épouse. Après lui, quatre enfants et un vieillard occupent successivement le trône (1472-1504), savoir: Philibert 1er, Charles 1er, ravi trop tôt à l'amour de son peuple, Charles II, Philippe II sans Terre et Philibert le Beau, son fils, dont le règne court ne laissa à la patrie que des regrets amers.

Charles III (1504-1553) succéda à Philibert le Beau, son frère, à l'âge de dix huit ans. De grands fléaux signalèrent le commencement de ce règne et semblèrent en annoncer les malheurs. Des ouragans, des intempéries cruelles détruisirent, en 1503, la récolte du blé et du vin; à la famine vinrent s'ajouter les tremblements de terre et la peste. Pour comble de malheur, les Bernois, qui venaient d'embrasser la religion nouvelle inaugurée par Luther, l'introduisirent à Genève. Puis ils prirent possession du beau pays du Chablais jusu'à la Dranse, et l'on vit flotter leur drapeau sur le donjon des Allinges, et rançonnèrent toutes les villes, terres et villages. Rentré en possession de Thonon et des Allinges en août 1567, le duc de Savoie y établit gouverneur Etienne de Compois-Féterne; mais, trois ans plus tard, il sépara la seigneurie d'Allinge des châtellenie, mandement et juridiction de Thonon, et l'érigea en un comté, qui fut composé de dix paroisses et de trente neuf villages. François Melchior de Saint-Jeoire, baron d'Hermance, était gouverneur du Chablais et des Allinges. C'était un cavaler chevaleresque, dévoué, plein d'énergie et d'audace. Le duc Savoie avait en lui la plus grande confiance et il s'en montra digne. Retiré dans son château avec une centaine d'Italiens, il en fortifia les points faibles, fit abattre les maisons du bourg d'Allinge-Neuf derrière lesquelles l'ennemi aurait pu s'abriter, et fit si bonne garde, que jamais les Genevois n'osèrent approcher de la citadelle. Mais le gouverneur du Chablais se rendant sans méfiance des Allinges à Thonon, fut attaqué par des soldats genevois qui le font prisonnier et le conduisent à Genève. Le noble captif fut, pendant six mois, honorablement logé à l'Hôtel de Ville. Il paya sa rançon et fut ainsi libéré au mois de février de l'année 1592. Il retourna aux Allinges, où il eut le bonheur de recevoir Saint François de Sales et où il mourut le 20 novembre 1595. Pendant que les Genevois envahissaient une troisième fois le Chablais, Henri IV abjurait le protestantisme dans l'église de Saint Denis, les Ligueurs concluent avec lui une trêve, dans laquelle le duc de Savoie et Genève demandent et obtiennent d'être compris.

La guerre avait repris entre le Roi de France et le duc, auquel le premier réclamait le marquisat de Saluces. En quelques mois, la Savoie fut conquise. Le gouverneur de la forteresse des Allinges était Pierre Jérôme de Lambert, baron de Ternier, successeur du célèbre baron d'Hermance. Outre la garnison proprement dite, il y avait alors aux châteaux des Allinges plusieurs gentilshommes du Chablais, qui, à l'approche de l'armée française, avaient quitté leurs manoirs et s'étaient venus enfermer dans la forteresse, s'exposant ainsi à la vengeance des Français, qui s'emparèrent de leurs biens et pillèrent leurs maisons. Sommé une première fois de se rendre par le sieur de Bursin, Lambert répondit par un refus énergique. Mais le gouverneur du fort de Sainte-Catherine ayant signé, le 6 décembre, les articles de soumission qu'on lui présentait, Henri IV écrivait à Lambert, ce jour-là même, une nouvelle lettre lui rappelant la reddition de Montmélian et de Sainte-Catherine, il ajoute. Lambert, voyant qu'en effet il lui serait impossible de résister aux efforts réunis de la France, se tint pour bien avisé et signa le 12 décembre 1598, les conditions de la capitulation. Il s'engagea à sortir le 18 décembre s'il ne survenait dans l'intervalle aucune paix ou trêve entre les deux Princes. Le 19 décembre, les Français prirent possession du fort des Allinges, et le drapeau blanc de Henri IV flotta sur le donjon. Lorsqu'il se vit dépouillé de toutes ses places fortes, le duc de Savoie se résigna à demander la paix, qui fut signée à Lyon le 17 janvier 1601, et à céder à la France la Bresse, le Bugey, le Valromey et le pays de Gex, en échange du marquisat de Saluces. Rentré en possession du Chablais, Charles-Emmanuel en confia le gouvernement à Claude de Rie, marquis de Dogliani, et il établit aux Allinges un châtelain, à qui fut laissée l'administration de la justice et un gouverneur militaire. Le premier de ces gouverneurs fut Maurice de Brotty, colonel de chevau-légers; le second fut Jean-Louis de Bonivard (1603-1621).

La garnison comptait en 1619 soixante hommes de guerre, dont la plupart étaient mariés et parmi lesquels figuraient des personnages de haute lignée. Le 12 mai 1630, Louis XIII pénètre en Savoie à la tète de vingt mille hommes: Chambéry, Annecy, Rumilly sont pris en quelques jours; le fort d'Allinges ouvre ses portes et reste occupé par les Français jusqu'au mois de juin de l'année suivante. En 1690, sous le règne de Victor-Amédée II, les Français envahirent de nouveau le pays; ils entrèrent le 20 août dans le Chablais, s'emparèrent, sans coup férir, du fort des Allinges et y logèrent une forte garnison. Les exactions, les vols et les meurtres commis par ces soldats devinrent si nombreux, que les villes de Thonon et d'Evian se cotisèrent pour offrir des sommes d'argent au gouverneur qui y commandait. Le traité de Turin, du 9 août 1696, rendit la Savoie à son souverain; mais Louis XIV s'en empara de nouveau en octobre 1703 et la garda jusqu'après le traité d'Utrecht en 1713. "La forteresse des Allinges ayant été détruite quelque temps auparavant par ordre du duc, si l'on en croit Dessaix, les troupes d'occupation séjournèrent à Thonon et à Evian". Ici se posent les questions suivantes: quand et par qui furent démolis les châteaux d'Allinges? Malgré d'actives recherches, on n'a pu encore trouver la date de cette démolition, et chose incroyable, ni M. le comte de Foras, ni Joseph Dessaix, ni M. Rollier, ni M. Glover, ni aucun de nos historiens ou chroniqueurs ne l'ont connue. Dessaix place la destruction des Allin ges dans les premières années du XVIIIe siècle; mais il n'ose donner une date précise; M. Rollier, dans son Tableau synoptique semble adopter la date de 1756. Dans la famille de M. l'avocat Ramel, dont le bisaïeul fut le dernier médecin du fort, on croit que ce fut en 1725. Dérireux d'éclaircir cette question, nous avons demandé aux archives de Turin les comptes des gouverneurs d'Allinges au XVIIe siècle; on n'a pas su me les trouver; nous avons interrogé MM. les directeurs sur cette date, ils ont dit qu'ils l'ignoraient; puis nous avons même depuis écrit une lettre à ce sujet, elle est demeurée sans réponse.

Voici donc ce que nous pouvons indiquer de plus précis: avant la première invasion de Louis XIV, le duc de Savoie ne pensait point à démolir la forteresse des Allinges, car il y faisait faire d'importantes réparations. L'an 1679, il chargeait deux maîtres charpentiers, Pierre de la Frasse et J.-F. Mutillioz, de refaire tout à neuf: " le rateau de l'entrée du dit fort iceluy de hauteur et largeur de dix pieds ensemble toute la closture au-devant du pont-levy qui enferme la consigne; le pont-levy, pour la construction duquel il convient deux douzaines de plateaux en bois de chesne de huit pieds; de faire au bas-fort six logis de soldats". Le tout devait être fait pour la saint Jean-Baptiste prochaine, et moyennant le prix de 920 florins, en même temps, il chargeait deux maçons, Jean Galay de Thonon et Jean Garin d'Allinges de refaire quelques toises de murailles à l'entrée et au donjon. Pourtant dès cette époque la garnison a dû être diminuée, car il n'en est plus fait mention dans les registres de la paroisse. Quelques années plus tard, les Français y tinrent (1690-1696) une garnison nombreuse. Enfin, l'on trouve encore comme gouverneurs ou commandants des Allinges Ignace le Jeune en 1700 et Jacques-Marie de Draillant en 1701. C'est la dernière mention que nous trouvons de soldats demeurant aux châteaux. On pense donc que le fort a été abandonné peu après. Mais quel est l'auteur de cette destruction? Est-ce Victor-Amédée II, qui l'aurait démoli parce qu'il était devenu difficile à défendre et coûteux à entretenir? Ne seraient-ce point au contraire les Français qui l'auraient démantelé lors de leur invasion en 1703, comme ils démantelèrent Montmélian deux ans plus tard? on l'ignore. Quoi qu'il en soit, on se contenta de faire sauter au moyen de la poudre les principaux travaux de défense, savoir les tours et les donjons, et l'on abandonna le reste à l'action destructive du temps et des orages. Aujourd'hui on contemple encore avec étonnement ces larges et solides murailles, qui s'étendent sur toute la crête de la colline et qui témoignent de la puissance du colosse, qui se dressait autrefois superbe et terrible sur ces hauteurs. (1)

Éléments protégés MH: le domaine avec tous les éléments maçonnés s'y trouvant, soient pour Château-Neuf, l'ensemble des parcelles qui comprennent notamment l'enceinte castrale, les deux barbacanes défendant les accès au sud-ouest, la chapelle castrale et les anciens logis adjacents (actuellement occupés par les missionnaires de Saint-François-de-Sales), la grange et ses caves voûtées situées au sud-ouest de la chapelle, l'emprise de l'ancien bourg castral occupant la moitié sud-ouest de l'enceinte où sont visibles des aménagements liés à l'habitat ou aux fonctions agricoles ; la parcelle comprenant les accès anciens et actuels à Château-Neuf ; pour Château-Vieux, l'ensemble des parcelles qui comprennent notamment l'enceinte castrale dans son ensemble comprenant l'enceinte haute et l'enceinte du bourg avec ses dispositifs d'accès (portes, poternes) et ses tours, les vestiges de la tour maîtresse, les vestiges de bâtiment situés dans la cour haute du château, les vestiges de la chapelle castrale, les ruines des bâtiments du bourg castral : classement par arrêté du 24 mai 2011. (2)

château neuf et vieux 74200 Allinges, tel. 04 50 72 01 30, ouvert au public toute l'année de 8h à 21h, visites guidées en été. Les travaux de sauvegarde du site, abandonné et livré au pillage, ont été réalisés par L’ASCA, Association pour la Sauvegarde des Châteaux des Allinges, créée en 1972...

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 château des Allinges

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(1)       Les Châteaux et la chapelle des Allinges par l'abbé Jean-François Gonthier: imprimerie de J. Niérat - Annecy (1881)
(2)  
     source :  https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/

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