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Situé sur la terre
seigneuriale de Monthorin, dépendant de la baronnie de Fougères, le château
de Monthorin a été construit par Gilles Ruellan, seigneur du Tiercent, au
XVIIe siècle sur l'emplacement d'un ancien manoir. Acquis sous le Premier
Empire par le général de la Riboisière, le château est agrandi par
l'adjonction de deux ailes en retour d'équerre flanquées de tourelles
polygonales, et l'intérieur fut entièrement remanié. Le jardin et le parc
sont alors aménagés. Orain écrit que le château de Monthorin, ancien manoir
seigneurial, "est construit en brique et en granit, dans le style Louis XIII".
L'ancienne chapelle de Monthorin n'existe plus. Le sanctuaire actuel a été
construit en forme de temple grec dans la première moitié du XIXe siècle,
après 1812, dans un style néo-classique par la comtesse de La Riboisière
afin d'y déposer le coeur de son époux et celui de son fils, morts à la
guerre. Honoré de la Riboisière, également enterré dans la chapelle au XIXe
siècle, était ancien député, pair de France, sénateur et président du
Conseil Général d'Ille-et-Vilaine. Quant aux parties agricoles, elles
portent pour l'une d'entre elle la date 1885. Une usine de bonneterie est
créée en 1920 à Wizernes (Pas-de-Calais) par Caroline Lesaffre. En 1964,
afin d'élargir sa clientèle, une succursale vient s'implanter à
Louvigné-du-Désert, sur le site du château de Monthorin, qui fut également
un ancien couvent.
Le château abrite alors une partie des bureaux, le logis patronal et le
stockage des matières premières. Les ateliers de l'usine sont installés dans
les anciennes écuries, avant un agrandissement avec la construction d'un
nouvel ensemble plus récent à l'arrière du site. En 1964, la capacité de
production est de deux cent cinquante mille articles par an au minimum, ce
chiffre n'étant cependant pas atteint par la société par manque de
personnel: la production est alors de cent quatre vingt mille pièces, en
laine, fibre synthétique ou coton. En 1971, les Tricotages de l'AA sont
spécialisés dans la confection de pulls, gilets et robes en lainage: séries
enfants, fillettes, femmes et hommes. La laine confectionnée provient du
Nord, de Castres (81) et de l'Est. En 1971, l'usine de bonneterie produit
trois cent soixante mille pièces par an qui débouchent à 100 % sur le marché
français hors Bretagne. En 1971, le matériel de production se compose de
quatorze métiers à tisser circulaires et rectilignes, de huit
raseuses-surjeteuses, de neuf remailleuses, d'une machine à boutonnières,
d'une rabatteuse, d'une machine à traiter et de trois presses à repassage.
En 1964, l'usine emploie soixante-sept personnes, puis deux cent quarante
huit en 1971...
De plan rectangulaire, le château de Monthorin est de style Louis XIII. Il
est construit dans les même matériaux que les bâtiments de dépendance: en
brique avec encadrements des baies, bandeaux, chaînes d'angles et motifs en
pierre. Il présente un plan en U formé d'un corps de bâtiment longitudinal
flanqué d'un avant-corps central et encadré de deux ailes en retour
d'équerre avec tour carrée demi-hors-oeuvre dans l'angle, couverte d'un toit
en pavillon. A un étage carré et un étage de comble percé d'oculi, ce
château est couvert d'un toit à croupes en ardoises. L'ensemble est situé
dans un cadre verdoyant. L'entrée, marquée par un grand portail en fer forgé
encadré de deux piliers en granite, est flanquée de la conciergerie, petit
bâtiment de plan centré polygonal, construit en brique avec chaînes d'angles
et encadrements des baies en pierres de taille en granite. Les différents
pans du bâtiment sont percés alternativement de portes-fenêtres et d'oculi.
La conciergerie, à un étage de comble, est couverte d'un toit à l'impériale
en ardoise posée en écaille. Un fronton curviligne, supporté par deux
colonnes, surmonte la porte d'entrée. Les ateliers de fabrication, anciennes
écuries, se situent dans un très long bâtiment construit en brique et
composé de trois corps au même droit. Ce bâtiment présente un
rez-de-chaussée et un étage de comble couvert d'un toit à longs pans en
ardoise. Les chaînes d'angles, les encadrements des baies, un cordon régnant
sur l'ensemble de la façade, ainsi que le niveau de soubassement sont en
pierre de taille en granite gris. Le corps de bâtiment central, percé
d'arcades, est flanqué de deux corps latéraux percés chacun d'un triplet:
une porte en plein cintre encadrée de fenêtres (également en plein cintre)
surmontées d'une plate-bande. Les ateliers plus récents, situés à l'arrière
du château, sont construits en parpaing de béton recouvert d'un essentage de
tôle. (1)
Éléments protégés MH : la chapelle funéraire : inscription par arrêté du 11
mars 1936. Les façades et les toitures du château et des communs du XIXe
siècle et le parc : inscription par arrêté du 19 novembre 1992.
château de Monthorin 35420 Louvigné-du-Désert, visite des extérieurs, le
"gardien" pas accueillant se prend pour le propriétaire des lieux !
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