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Le domaine d'Artois
était une ancienne seigneurie qui appartenait dès le Moyen Age aux seigneurs
du même nom. La seigneurie d'Artois possédait un droit de haute justice et
jouissait également de droits seigneuriaux sur l'église
Saint-Pierre-ès-Liens de Mordelles, au même titre que les seigneurs de la
Haichois, de la Grigonnaye ou de la Motte. Les seigneurs d'Artois
possédaient également un enfeu installé dans l'ancienne église paroissiale
de Mordelles et les armes de la famille ornaient certains des vitraux de
l'édifice aujourd'hui disparu. Au XVe siècle, la propriété du domaine passa
par alliance aux le Vayer qui vendirent vers 1490 le manoir de la Rivière et
sa seigneurie d'Artois à la famille Gougeon. Au milieu du XVIe siècle, le
domaine revint par alliance à la famille de la Porte dont certains des
membres furent conseillers au Parlement de Bretagne. René de la Porte, issu
du mariage de Jean de la Porte et d'Emmanuelle le Meneust de Bréquigny,
hérita du domaine et fit construire le logis actuel durant la seconde moitié
du XVIIe siècle sur les plans de l'architecte P. Lecompte. La seigneurie
d'Artois fut érigée en vicomté en 1679 et le domaine appartenait alors à la
famille de Rousselet, suite au mariage entre Marie-Anne-Renée de la Porte,
dame d'Artois, et François-Louis de Rousselet, marquis de Châteaurenault,
chevalier des ordres du Roi, vice-amiral et maréchal de France. Ce sont les
constructeurs de l'actuel château. A partir du milieu du XVIIIe siècle, le
domaine d'Artois appartenu successivement aux Comtes d'Estaing, à la famille
Visdelou de la Villethéart, de Rochemure et enfin aux Bourgeois du Marais
qui possèdent le château depuis 1898. Dans la nuit du 29 au 30 janvier 1939
un incendie se déclenche dans le château, engendrant de nombreuses
destructions dans l'aile ouest qui abritait alors la cuisine, le salon, la
bibliothèque avec ses trente mille ouvrages et plusieurs chambres à coucher.
L'ensemble du domaine d'Artois comprenant le logis et le bâtiment des
communs en retour, la chapelle Sainte-Christine, l'ancien moulin, les
communs à l'ouest du château, l'orangerie, les murs d'enceinte, les douves,
la motte castrale située sur la commune de Talensac, est inscrit au titre
des Monuments historiques.
Le château d'Artois se situe à l'ouest de la commune de Mordelles, sur la
rive orientale du Meu au creux d'une boucle que dessine la rivière sinueuse
aux berges bordées d'arbres. Le domaine prend place sur un site d'occupation
ancienne, comme en témoigne la motte castrale encore conservée de l'autre
côté du Meu sur la commune de Talensac au lieu-dit "Le Mont". L'actuel
château d’Artois est une construction non fortifiée de la seconde moitié du
XVIIe siècle à l’emplacement d'un ancien manoir appelé "La Rivière", siège
de la seigneurie d'Artois. Un aveu du 5 mai 1556 nous renseigne sur
l'organisation primitive du domaine. La terre se composait alors des
"manoir, motte ancienne, douves et pont-levis, colombier, rabines, bois et
pourpris de la Rivière". La construction moderne du château d'Artois et de
ses dépendances (ailes de communs, douves, moulin, orangerie et chapelle)
daterait de 1675. Le logis est composé d'un corps central à deux étages
carrés et un étage de comble, flanqué de deux ailes saillantes. Le bâtiment
est couvert d'un toit à croupes et à coyau. La façade principale du corps
central aspectée au sud et la façade antérieure présentent chacune quatre
travées. Sur la façade méridionale, l'une d'elles comprend la porte d'entrée
dont l'encadrement en pierre calcaire est surmonté d'un fronton triangulaire
sur lequel est gravé la date de 1645. Les ailes latérales ne présentent
qu'une seule travée sur leur façade nord et sud. La façade est de l'aile
orientale présente quant à elle deux travées. L'ensemble des murs du corps
de logis sont maçonnés en moellons de schiste et enduits. Les encadrements
des ouvertures sont harpés en pierre de taille de granite au rez-de-chaussée
et en pierre calcaire pour celles des niveaux supérieurs. Les façades sont
composées selon la même ordonnance : bandeaux horizontaux entre chaque
niveau, corniche denticulée sous le toit, fenêtres des étages carrés
couronnées d'un larmier. L'étage de comble est éclairé par des lucarnes à
fronton triangulaire.
Vers l'ouest et perpendiculairement au corps de logis principal, une aile de
communs est construite. Cet élégant bâtiment de plan rectangulaire constitue
probablement un vestige de l'ancien manoir de La Rivière habilement intégré
à la composition d'ensemble du nouveau château. Constitué d'un
rez-de-chaussée et d'un étage carré, ce bâtiment présente comme le logis un
corps central flanqué de deux ailes plus hautes mais à l'alignement. Les
façades présentent des travées régulières. Le toit à pan brisés des communs
est percé de lucarnes à fronton triangulaire ou arrondi maçonné en pierre
calcaire. Les piédroits de la lucarne aveugle à fronton arrondi qui surmonte
la porte d'entrée de la façade orientale sont épaulés de volutes. Située au
sud est de l'assiette du château, la chapelle est construite sur une petite
colline, entre deux boqueteaux. Consacrée à Sainte-Christine, elle est
orientée à l'ouest et le chœur est surmonté d'un clocheton. Reconstruite
dans la première moitié du XIXe siècle, elle accueille encore aujourd'hui
les sépultures des propriétaires d'Artois. Le château d'Artois a conservé
son orangerie. Il s'agit d'un petit bâtiment rectangulaire couvert d'un toit
à croupes et léger coyau. La façade sud est percée de quatre fenêtres d'une
grande hauteur en arc brisé et d'une porte centrale en plein cintre
surmontée d'une lucarne à fronton triangulaire. Le domaine d'Artois comprend
également un moulin. Construit en moellons de schiste, le bâtiment est
installé perpendiculairement au tracé du Meu. Autrefois, un autre moulin
était installé sur la rive gauche du biais, prouvant le droit pour la
seigneurie d'Artois d'établir deux installations de ce type en cet endroit
de la rivière.
Éléments protégés MH : l'ensemble du domaine comprenant : le logis et le
bâtiment des communs en retour ; la chapelle Sainte-Christine ; l'ancien
moulin ; les communs à l'ouest du château ; l'orangerie ; les murs
d'enceinte ; les douves ; la motte castrale située sur la commune de
Talensac et le sol d'assiette : inscription par arrêté du 21 mai 2014. (1)
château d'Artois 35310 Mordelles, propriété privée, ne se visite pas.
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