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La propriété est le siège d'une seigneurie
de haute justice au Moyen Age qui passa entre la fin du XIVe siècle et le
milieu du XVIIe siècle par alliance et succession aux mains de plusieurs
familles. La famille Huchet seigneurs de Pléhédel la vendirent à la famille
de Farcy en 1647. C'est cette même famille qui possède encore aujourd'hui le
château. Ancienne famille Huguenote et originaire de Normandie, elle s’est
implanté dès le XVIIe siècle, par ses différentes branches (Pontfarcy,
Villedubois, Saint-Laurent, Cuillé, Roseray), dans l'ouest de la France,
notamment en Mayenne et en Bretagne. Le château, siège de la branche de la
Villedubois au sein de la famille de Farcy, est constitué d'un ensemble de
bâtiments (logis, chapelle, colombier, communs, dépendances agricoles),
construits pour l'essentiel aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le corps de logis
principal se présente sous la forme d'un long bâtiment d’apparence homogène
mais qui relève de l'unification au XIXe siècle de plusieurs parties
édifiées entre le Moyen Age et le XVIIe siècle. Le cadastre napoléonien de
1829 indique que ce grand corps de logis rectangulaire était autrefois
flanqué de deux ailles perpendiculaires. L'ensemble délimitait une cour
principale ouverte vers le nord, elle-même précédée d'une avant-cour bordée
de dépendances, de deux pavillons d'entrée et d'un colombier. Un grand
jardin potager de forme carrée, probablement clos de murs et dénommé "le
jardin" était implanté au sud du corps de logis. A cette époque l'accès au
château se faisait depuis le nord par le franchissement d'une douve et d'un
portail monumental. Comme l'indique le cadastre napoléonien de 1829, un
réseau hydrographique important ceinturait l'assiette du château avec la
présence de nombreux fossés en eau et d'un vivier de grandes dimensions. Ce
rapport à la maîtrise de l'eau est également souligné par une grande avenue
plantée d'arbres qui permettait de relier le château au moulin de Chouan (du
nom de la famille propriétaire du domaine au XIVe siècle) établi à 500
mètres au nord-ouest le long de la rivière de la Vaunoise.
Une importante phase de restructuration du domaine intervient durant le
Second Empire. Elle se traduit d'abord par la création d'un grand parc à
l'Anglaise à la place des anciens jardins. Totalement redessinée, l'ambiance
paysagère autour du château fait indéniablement référence aux travaux des
architectes-paysagistes Denis et Eugène Bühler qui jouissent à cette époque
d'une gloire considérable à Rennes et en Bretagne au travers de leurs
projets de parcs paysagers publics ou privés. L'ancien jardin potager,
installé initialement au sud du corps de logis, est déplacé vers l'ouest et
enclos de hauts murs en terre fermés par un portail. L'emprise du parc reste
relativement la même et l'ancien réseau hydrographique est partiellement
conservé afin d'alimenter un étang en lieu et place de l'ancien vivier. La
recomposition du domaine de la Villedubois se manifeste également par le
changement d'orientation de la façade principale du corps de logis,
désormais orienté vers le sud. L'accès principal se fait désormais par le
sud-est en lien avec la création d'une nouvelle route départementale reliant
Mordelles à L'Hermitage. L'aile ouest est alors amputée d'une partie de ses
bâtiments et de nouveaux communs en terre sont construits à l'emplacement de
l'ancienne aile orientale du château. A cela s'ajoute la construction de
nouvelles dépendances agricoles à l'ouest du château autour d'une
basse-cour. Au tournant des XIXe et XXe siècles, un pavillon est construit
d'après les plans de l'architecte rennais Frédéric Jobbé-Duval à
l'articulation du logis et de l'aile orientale transformée en communs. Cette
construction est largement inspirée du pavillon de l'Hôtel de Cuillé édifié
à Rennes par le même architecte pour une branche de la famille de Farcy. Par
sa hauteur et ses modénatures en façade, le pavillon dévoile une certaine
volonté d'anoblissement de l'architecture existante du château. Dès lors, le
domaine n'a plus connu d’interventions importantes et conserve sa
physionomie issue des grands travaux du XIXe siècle.
Le corps de logis, long d'une cinquantaine de mètres, se compose d'un
rez-de-chaussée et d'un étage carré plus comble. La façade principale
aspectée au sud présente un ensemble de onze travées régulières. Les murs du
logis sont élevés selon des modes constructifs variés et constitués
principalement de maçonnerie en moellon enduit, de maçonnerie en terre crue
(bauge) et de pan de bois ourdi de terre pour ceux de l'étage carré. La
disposition particulière de certaines ouvertures de la façade sud sont de
potentiels indices quant aux dispositions architecturales du manoir
primitif. Le logis manorial pouvait se présenter sous la forme d'une salle
basse sous charpente éclairée par de hautes fenêtres comme celles présentes
à droite de la porte d'entrée. Cette salle était probablement flanquée d'une
chambre en demi-étage surmontant une cave à l'image de la différence de
niveau des trois dernières travées à l'est du corps de logis. La présence
sur l'aile ouest entre l'étage carré et le comble d'éléments de construction
en pan de bois (sablière basse, entretoises, sablière haute, abouts de
poutre) peuvent correspondre à une récupération et un remploi d'éléments
datant du XVIe siècle et provenant du manoir primitif édifié au Moyen Age.
Néanmoins une certaine unité de style se dégage de cette accumulation de
bâtiments construits entre le Moyen Age et le XVIIe siècle par des apports
architecturaux réalisés au XIXe siècle.
L'utilisation de fausses pierres de taille permet d'imiter les pierres
taillées dans le tuffeau qui encadrent les ouvertures les plus anciennes et
les contrevents à jalousie participent à créer cette unité d'ensemble. De
plus, les fenêtres du rez-de-chaussée remaniées à la même époque sont très
basses afin de profiter au maximum de l'exposition vers le sud et de la vue
sur le jardin La façade septentrionale du corps de logis conserve des
fenêtres de la première moitié ou du milieu du XVIIIe siècle avec des petits
carreaux en verre soufflé. Les murs de l'étage carré sont élevés en pan de
bois hourdi de terre avec un enduit de finition à la chaux. Des dessins
tracés sur cet enduit qui imitent des encadrements en pierre de taille
autour des ouvertures sont encore discernables. Comme pour la façade
principale, il y a la volonté de ne pas montrer le caractère rustique des
matériaux employés, même s'ils sont locaux et traditionnels. A
l'articulation du corps de logis principal et de l'aile ouest de communs,
est construit un pavillon de style néo-Renaissance au tournant des XIXe et
XXe siècles. La face ouest du pavillon concentre l'essentiel du décor en
façade. Au dessus de la porte fenêtre un entablement composé d'une
architrave, d'une frise et d'une corniche marque la séparation entre l’étage
carré et le comble couvert d'un toit en pavillon. De part et d'autre de la
baie, des chutes feuillagée complète l'ornementation en façade. Des consoles
galbées et feuillagées viennent également souligner les différents niveaux.
Au rez-de-chaussée une porte en plein cintre du début du XVIIe siècle avec
son encadrement en pierre de taille a été intégré à cette extension du début
du XXe siècle. Par son plan simple et rectangulaire, les pièces du
rez-de-chaussée sont disposées en enfilades et se commandent entre elles
depuis le hall d'entrée traversant du nord au sud.
Depuis le hall et en direction de l'extrémité ouest du corps de logis, se
succèdent une salle à manger, une bibliothèque installée dans une ancienne
chambre basse avec alcôve du milieu du XVIIIe siècle, un probable ancien
oratoire protestant transformé en bar et un salon appelé "la salle de
chasse". Cette dernière pièce conserve un plafond peint du XVIIe siècle où
figurent sur les poutres coffrées les armoiries de la famille de Farcy "d'or
fretté d'azur de six pièces, au chef de gueules", des visages féminins et
des ornements aux motifs végétaux. L'est du rez-de-chaussée est occupé par
un grand salon qui occupe toute la largeur du corps de logis. Cette pièce
pourrait correspondre à l'ancienne salle basse sous charpente du manoir
primitif construit au Moyen Age. Si les cheminées de l’ensemble des pièces
du rez-de-chaussée semblent dater du XIXe siècle, les sobres boiseries qui
ornent les murs peuvent remonter quant à elles aux XVIIe et XVIIIe siècles.
L'accès au premier étage se fait par deux escaliers positionnés aux deux
extrémités du corps de logis. Celui à l'est est le plus ancien et il est de
type rampe sur rampe à deux volées droites et balustre en triple poire. A
l'ouest, il s'agit d'un escalier tournant de style Empire débouchant sur un
palier orné de colonnes en bois de style dorique. Les deux escaliers
conduisent à un couloir de distribution qui longe toute la façade nord du
logis et qui donne accès à plusieurs chambres ainsi qu'au pavillon
Jobbé-Duval. Ce dernier accueille bibliothèque servant de cabinet de travail
au propriétaire actuel. Dotée d'un plafond peint néo-XVIIe siècle rappelant
celui de la "salle de chasse", cette pièce occupe une place importante dans
le château car elle permet, au travers de ses deux grandes fenêtres placées
en vis-à-vis, d'avoir à la fois une vision sur la basse-cour de
l'exploitation agricole en même temps que sur le parc paysager. Le comble
conserve un usage de grenier accessible depuis l'étage carré par un petit
escalier. Il est couvert d'une charpente ancienne (milieu du XVIIe siècle)
avec à certains endroits un système savant de mise en œuvre. De nombreux
remplois d'éléments de charpente, ainsi que plusieurs remaniements
ponctuels, laissent entrevoir des interventions multiples qui rendent
complexe le travail de datation.
La chapelle du château de la Villedubois est mentionnée dans une déclaration
de Michel de Farcy en 1678. Dans son Pouillé historique de l'archevêché de
Rennes, Guillotin de Corson mentionne qu'elle fut reconstruite au XVIIIe
siècle et consacrée Auguste de Farcy de Cuillé alors évêque de Quimper. Elle
dispose d'un plan rectangulaire avec un chevet à trois pans couronné d'un
lanterneau à deux niveaux. La façade ouest de la chapelle conserve un beau
portail de style baroque en tuffeau de Loire frappé aux armes de la famille
de Farcy. Le portail est caractéristique des ateliers lavallois qui
travaillent à Rennes à la même époque. Des modillons très soignés en bois
viennent compléter le décor extérieur. A l'intérieur, les murs sont enduits
en faux appareil et un autel en pierre inséré dans un coffrage en bois
précède un retable ne pierre calcaire néo-XVIIe siècle. Dans la sacristie se
trouve une armoire en bois de châtaignier qui porte la date de 1758. A l'est
du corps de logis principal, une basse cour est encadrée par plusieurs
bâtiments à usage de communs et de dépendance agricole. A l'ouest de la
basse cour, une rangée de communs forme l'aile orientale du château entre le
pavillon Jobbé-Duval et la chapelle. Ce bâtiment de plan allongé se compose
d'un rez-de-chaussée et d'un comble servant de grenier accessible par deux
gerbières. Les murs sont maçonnés en terre selon la technique de la bauge et
couverts d'un toit à deux versants et coyau. L'ensemble des ouvertures du
rez-de-chaussée présentent un encadrement en brique. Au nord de la basse
cour est construit une grange en terre percée d'une large porte sur sa
façade principale. Cette dépendance agricole vient s'accoler au colombier
circulaire en terre utilisé au XIXe siècle comme cave à cidre par les
ouvriers agricoles du château. Ce dernier constitue un bel exemple de
colombier en bauge selon une technique de mise en œuvre ancienne qui
consiste à disposer des mottes de terre crue en arête de poisson. Un
lanternon couronne le bâtiment. Plus à l'est, un dernier alignement fait à
la fois de communs et de dépendances agricoles complète cet ensemble. Les
bâtiments qui le compose sont construits également en terre avec
l'utilisation de la brique pour les chaînage d'angle et l'encadrement des
ouvertures. Une cheminée rappelle la présence d'un ancien four à pain
aujourd'hui disparu.
Éléments protégés MH : le château, à savoir le logis en totalité, la
chapelle en totalité, l'aile des anciens communs pour ses façades et
toitures, les communs XIXe siècle (bâtiment principal, colombier et grange
attenante, mur de l'ancienne serre) pour leurs façades et toitures, la
basse-cour pour son sol d'assiette, le jardin potager en totalité, le lavoir
pour ses façades et toitures et son bassin, le parc paysager avec ses
avenues, allées, douves et pièce d'eau : inscription par arrêté du 10
juillet 2014. (1)
château de la Ville-du-Bois 35310
Mordelles, tel. 06 26 37 30 54, propose la location de chambres d'hôtes.
Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents
concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous
constatez une erreur, contactez nous. Nous remercions chaleureusement
le propriétaire de la Ville-du-Bois pour les photos qu'il nous a adressées
afin d'illustrer cette page.
A voir sur cette page "châteaux
Ille-et-Vilaine" tous les châteaux répertoriés à ce
jour dans ce département. |
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