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La paroisse de Saint-Coulomb, du nom d'un moine
irlandais du 6e siècle qui aurait, selon une légende, débarqué sur ses
rivages, est attestée depuis le milieu du XIe siècle, simultanément à la
fondation de la seigneurie Duguesclin. Au lieu du même nom, sur un îlot
rocheux, un aïeul du célèbre connétable de France, bâtit une première
forteresse au XIIe siècle, abandonnée au profit d'un nouveau château-fort au
Plessis Bertrand à partir de 1259. L'architecture conserve les traces de ces
occupations anciennes ; les forteresses pré citées, mais aussi plusieurs
croix de chemin datant de l'époque médiévale ou encore le moulin à eau du
Lupin attesté depuis 1181. Plus près de nous, ce sont les gentilhommières
qui retiennent l'attention car les réussites commerciales des marchands
malouins à partir du XVe siècle, jusqu'au XVIIe siècle, passant par la
"course" au XVIIIe siècle, vont être partiellement réinvesties. D'abord dans
l'acquisition de manoirs, leur transformation, puis l'édification de
nouvelles "maisons des champs" appelées malouinières. Après Saint-Malo,
Saint-Coulomb est la commune qui en conserve le plus grand nombre. C'est une
des caractéristiques de son patrimoine.
Entre la mer et la terre s'étendent des campagnes pélagiennes, frontières
indécises des deux éléments comme l'écrivit Châteaubriand. Pourtant la
demeure du Lupin, construite en 1692 par les Robiou dans un tel site, reste,
avec ses jardins, isolée de la mer toute proche. Son plan général définit le
programme architectural architectural de la "malouinière" au sens actuel du
terme : cour et jardin séparés par l'alignement du corps de logis central
prolongé de deux ailes basses. Grands toits et cheminées accentuent les
masses architecturales. Jardins et intérieurs actuels datent du début de ce
siècle. En contrebas du site, le moulin à marée du Lupin est attesté par les
archives. Au centre de la façade du château, un panneau de bossages en table
met l'accent sur la travée axiale : ce traitement vigoureux de l'élévation
rappelle les projets de Vauban pour les fortifications de Saint-Malo. De
part et d'autre de l'entrée, la présence insistante de la chapelle et du
colombier révèle la difficulté d'intégrer à la maison des champs des
éléments architecturaux proprement nobiliaires. Construit en 1692 sans doute
par la famille Robiou propriétaire en 1709. Les intérieurs et les jardins
actuels datent des restaurations du début du XXe siècle. Le Lupin peut être
considéré comme l'archétype de la malouinière au sens actuel du terme : un
logis prolongé par des ailes basses séparant cour et jardin ; le traitement
vigoureux de la façade soulignée par des bossages verticaux et un bandeau
horizontal ; les grands toits et les cheminées accentuant les masses
architecturales.
Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; la cour d'entrée :
inscription par arrêté du 24 juillet 1944. (1)
château du Lupin 35350 Saint-Coulomb, propriété privée, ne se visite pas.
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