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Lors de la réformation de 1450, le château
appartient à Pierre Lombart; en 1513, il est aux mains de la même famille.
En 1560, il est à Jeanne de La Grée, femme de René de Kerboudel; en 1612 il
passe aux Dollier, puis par alliance aux de Guischardy seigneurs de Martigné,
avocats au Parlement de Rennes et y résidant, qui édifièrent le château
actuel et le possédèrent jusqu'à la Révolution. Le château et ses
dépendances situés sur la rive gauche de la Vilaine ne sont séparés de
celle-ci que par une vaste prairie. Ils sont bordés au nord par un bois. Le
château se compose du logis, d'une écurie, d'un bâtiment de remise et
fournil, disposés sur les trois côtés d'une vaste cour, fermée à l'est par
un mur d'enceinte lui-même percé d'un portail. Au sud-ouest de la cour se
trouve un pigeonnier de plan circulaire et au nord-est un pavillon des lieux
de nécessités. Au nord de la prairie l'orangerie. Au sud de l'ensemble les
bâtiments de la ferme. L'allée, qui depuis le portail du mur de clôture se
dirige vers l'est, conduit à un petit bâtiment de ferme, situé à
l'emplacement de la chapelle Saint-Yves, chapelle dépendante du château. Le
gros-oeuvre du logis est en maçonnerie de schistes enduits. Encadrements des
baies appareillés en grès, parfois en granite; lucarnes en tuffeau. Toiture
en ardoises.
Ce logis est un bâtiment de plan rectangulaire allongé, auquel est accolé au
sud un corps de bâtiment, présentant en coupe un étage carré et un comble..
Les élévation antérieure ouest ordonnancée et symétrique, par rapport à un
axe marqué au rez-de-chaussée par la porte fenêtre. Le corps de bâtiment
accolé au sud est en léger retrait par rapport au nu du mur, il est ouvert
d'une fenêtre (porte murée). L'élévation Est sur cour est ordonnancée mais
non symétrique. Les baies du rez-de-chaussée sont en arc segmentaire, celles
du premier étage rectangulaires. Dans la travée centrale, la fenêtre du
premier étage a un encadrement mouluré de deux cavets; anneaux de grille.
Toit à longs pans à croupes en ardoise, charpente ancienne. A l'intérieur,
au rez-de-chaussée, l'espace intérieur du corps principal est divisé en cinq
pièces en enfilade dont l'une est occupée par la cage d'escalier et une
petite bibliothèque aux murs à lambris de hauteur (XIXe siècle). La cuisine
est située dans le corps de bâtiment au sud. Escalier à balustrade en fonte.
Dans le salon, cheminée de marbre, lambris de hauteur, la salle à manger
possède des lambris identique à ceux du salon, cheminée incorporée dans le
lambris. Au premier étage l'organisation des pièces a été modifiée.
L'écurie de plan rectangulaire allongé est divisée en quatre pièces. Les
deux pièces d'écurie (à droite) ont conservé leurs stalles et communiquent
par une porte (vantail à panneaux moulurés). Le pigeonnier est de plan
circulaire, les boulins sont disposés en quinconce construits en schiste et
briques. Coupole appareillée en tas de charge en dalles de schiste. On
accède à l'intérieur du pigeonnier par une porte rectangulaire dont les
piédroits présentent des éléments remployés. L'orangerie est un petit
bâtiment de plan carré, composé de deux pièces.
En conclusion, la tradition rapporte que le premier manoir de Port-de-Roche
serait l'actuelle ferme. L'ensemble du château actuel a conservé sa
composition d'ensemble d'origine et à ce titre est un exemple parfait de
l'organisation des bâtiments dans une grande demeure campagnarde de la fin
du XVIIe siècle et du début du XVIIIe siècle. Le logis n'est pas daté et a
subi maints remaniements intérieurs, cependant, la cheminée de la lingerie,
tout à fait comparable aux cheminées rennaises datant de la reconstruction
de 1720, peut aider à situer la construction du logis, dans les premières
années du XVIIIe siècle, avec des remplois d'éléments plus anciens (baies du
premier étage, élévation sur cour). On a donc ici l'exemple d'une
construction homogène à signaler, tant par sa composition générale, que par
la qualité de l'utilisation des divers matériaux (tuffeau en particulier) et
par le décor de certains éléments (lucarnes, corniches, portail). Le
pigeonnier remarquablement conservé est sommé d'un rarissime campanile. (1)
château de Port de Roche 35390 Sainte-Anne-sur-Vilaine, propriété privée, ne
se visite pas.
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