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Au VIII siècle, le castrum
d’Argenton fut construit sur un éperon naturel dominant la vallée de la
Creuse, près d’un gué emprunté par une route importante, ancienne voie
romaine allant d'Orléans à Limoges. Le duc d’Aquitaine Waifre, qui avait
pénétré en Berry et avait pris Bourges, le démantela, ainsi que d’autres
places fortes, après la reprise de Bourges par Pépin le Bref en 762. En 766,
Pépin s’empara d’Argenton et répara le château. Une nouvelle campagne opposa
Pépin à Waifre en 768, à l'issue de laquelle l’Aquitaine revint aux
carolingiens. On ne sait rien de précis sur l’allure de la forteresse du
haut Moyen Âge. Les vestiges en place du "vieil chastel" remontent à la fin
du XIIe siècle. À la base de l’éperon, un large et profond fossé, peut-être
plus ancien, isolait le château sur sa pointe rocheuse. Il était entouré
d’une épaisse muraille, flanquée de tours circulaires. La formation de la
ville d’Argenton s’est faite en plusieurs étapes. La Vieille-ville se
trouvait sur la rive droite de la Creuse, à l’emplacement d’une nécropole
gallo-romaine du IIIe siècle, au lieu de franchissement par un gué et un
pont d’une voie gallo-romaine très importante. La première église du vicus
d’Argenton, dédiée à saint Étienne fut bâtie à cet endroit, à l’époque
mérovingienne, sur un bâtiment gallo-romain dont on a retrouvé une mosaïque.
L’agglomération mérovingienne et carolingienne se développa autour de
l’église paroissiale. Elle perdit peu à peu son importance après la
construction du château sur l’autre rive.
Une agglomération se forma au pied du château, la Ville-haute. Plusieurs
institutions importantes y étaient regroupées, et à la fin du Moyen Âge s’y
serraient l’auditoire, la chapelle Saint-Benoît, le collège, les boucheries,
les marchés aux grains et aux bestiaux, ainsi placés sous la protection
seigneuriale. Mais la zone occupée par la Ville-haute était située sur une
forte pente et très exiguë. L’agglomération grandissant, une nouvelle
traversée de la Creuse eut lieu, et la Ville-basse, où se situe le centre
actuel, fut construite de l’autre côté du pont, bâti au XIe siècle et refait
à de nombreuses reprises depuis, qui joint les deux villes. Le faubourg
Saint-Paul, faubourg de la Ville-basse, se situait entre cette dernière et
l’ancien emplacement du cimetière. Une autre extension de l’habitat eut lieu
au sud du château, où le faubourg de Châteauneuf fut construit avant le
début du XIVe siècle. L'histoire du développement du bourg castral
d’Argenton est complexe ; elle commence par la gémination de
l’agglomération, consécutive au choix du site du château sur la rive gauche,
à l’écart du site primitif autour de l’église Saint-Étienne, et finit par la
formation d’une nébuleuse de cinq ensembles d'habitat, tous placés sous la
domination du château. Située sur un coteau dominant Argenton-sur-Creuse,
La Bazannerie, depuis deux siècles convertie en exploitation agricole, nous
laisse deviner un logis probablement construit vers le XVIe siècle mais
malheureusement aujourd'hui complètement ruiné. La Bazannerie est citée dans
un document de 1547 aux archives départementales de l'Indre. Le corps de
bâtiment en pierre calcaire situé au fond d'une cour comporte une tourelle
d'escalier en ruine. Le toit du bâtiment, à présent crevé par endroits, est
recouvert en tuile plate. La grange, long bâtiment rectangulaire du XVIIIe
siècle, ferme l'un des côtés de la cour. Le vestige le plus important
consiste en la tour porche. Il s'agit d'une tour carrée animée par une
retraite talutée à larmier. Une baie rectangulaire maçonnée interrompt, en
façade, cet élément de saillie. Une porte en plein cintre donne accès à la
cour. À droite de l'entrée, une grande mare indique l'emplacement des
anciens fossés qui entouraient le site. (1)
château de la Bazannerie 36200 Argenton-sur-Creuse, tel.
06 88 79 80 46, une
association tente de le restaurer. Une partie du château tient encore
debout, mais elle menace de s’écrouler. Le propriétaire du château n’a pas
les moyens de lancer des travaux. Pour sauver l’édifice, Dominique Moulin
alerte un maximum de monde sur le devenir du château avec des tableaux de
peinture...
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