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Le château, comme son nom l'indique, est construit
au confluent de deux rivières, le Céphons et le Nahon et, plus exactement,
en bordure du second. À l'origine c'est un fief dépendant de l'ordre du
Temple: dès 1280 nous trouvons comme seigneur Guyard Maloches puis son fils
Gilbert. Par le mariage vers 1350 de Jeanne Maloches avec Jean d'Azay
chevalier seigneur d'Azay-sur-Indre, le fief rentre dans cette très ancienne
famille. Jean d'Azay, est alors capitaine du château de Loches. Il sera
sénéchal du Poitou. C'est un de ses descendants, François d'Azay, qui
construisit l'actuel château au milieu du XVe siècle. Enfin, à la suite du
remariage de la veuve d'Auguste d'Azay Jeanne de Noroy avec Antoine de
Jussac en 1574, Entraigues passa à cette famille. La terre d'Entraigues se
transmit par succession de 1250 à 1682. En 1682, le fief est acquis par
Pierre Gorge de La Porte, seigneur de la Chapelle-Crécy, riche magistrat,
conseiller au parlement de Metz. De son second mariage avec Marguerite d'Estampes-Valencay,
fille du marquis de Valencay, il eut un fils, Pierre Gorge, qui sera fait
duc de Falari par le pape. Ce triste sire, dépravé et prodigue, se maria
deux fois: sa première épouse Louise de Brichanteau de Nangis, est morte en
couches en 1713 "non sans soupçons de violence", elle est peut-être la belle
emmurée d'Entraigues... Sa seconde épouse devint la dernière maftresse du
régent, entre les bras de laquelle il devait rendre l'âme. C'est le fils
aîné Chrétien-François Gorge de Roize, conseiller au Parlement de Paris qui
hérita de la terre d'Entraigues, sans enfant il laissa l'ensemble à sa sœur
Christine-Julie Gorge d'Entraigues, épouse du duc de Charost; puis nous
trouvons Le Prestre de Neubourg, fermier général (acquéreur du château
voisin de La Moustière, au financier Pâris-Duvernet). En 1781, la terre d'Entraigues
(incluant le château de La Moustière), soit 2500 hectares, est acquise par
Alexandre-François Godeau de La Houssaye, secrétaire du roi. La famille
Loiseau-Godeau d'Entraigues vendit la propriété vers 1910. La famille du
Passage en fut propriétaire de 1960 au début du XXIe siècle.
Au cours du XIXe siècle, le château fut remanié. De cette période date en
particulier l'adjonction d'une frise de minuscules modillons décoratifs, au
sommet des murs du corps de bâtiment, et le repercement complet des façades,
c'est également lors de tels travaux, en 1870, que fut découverte "la Belle
emmurée": jeune femme retrouvée emmurée, debout, en habit de cour. Il
pourrait s'agir de Louise de Brichanteau de Nangis, femme du duc de Falari.
Le parc du château est partiellement entouré de douves profondes et
maçonnées, alimentées par la rivière. Elles délimitent une vaste cour où
prend place l'imposante tour-maison. Le corps de logis est un bâtiment carré
à trois niveaux éclairés sur les quatre faces. Il est flanqué de quatre
grosses tours circulaires à deux étages dont une a conservé ses organes de
tir. La partie résidentielle était cantonnée au premier niveau, là ou se
trouvait une chapelle, dédiée à sainte Marguerite. Si les tours sont
coiffées en poivrière, le corps de bâtiment est sommé d'un haut toit en
pavillon rehaussé d'un belvédère carré. Autour du château s'étend un grand
parc dessiné au XIXe siècle par le comte de Choulot, paysagiste de renom.
(1)
château d'Entraigues, rue des Templiers, 36600
Langé, propriété privée, ne se visite pas.
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