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Établi sur la rive gauche de la
Bouzanne, le château de Chabenet frappe immédiatement par son aspect
imposant qui rappelle, en d'autres lieux, celui de Pierrefond dans l'Oise.
Émergeant au-dessus de la rivière d'un vaste bouquet de verdure, ses
nombreuses tours et échauguettes font grande impression, il n'est accessible
que par le village. L'existence du fief de Chabenet est attestée dès le
XIIIe siècle, en la personne de son possesseur d'alors Guy de Brillac,
seigneur d'Argy, de Prunget et de Chabenet, mais son histoire demeure mal
connue, jusqu'à l'acquisition qu'en fit au XVe siècle Josselin des Bois (ou
Dubois), seigneur de Montmorillon, conseiller et chambellan de Louis XI qui
le remania et en fit une formidable forteresse flanquée de quatorze tours,
protégée de douves de huit toises de large, sur trente pieds, au moins, de
profondeur, du côté accessible. Il convenait de franchir deux ponts-levis
pour pénétrer au cœur du château. Chabenet fut frappé de démantèlement en
1635 par Richelieu, d'autant plus volontiers que ses occupants étaient
protestants. Il fallut attendre la deuxième moitié du XIXe siècle pour que
le comte Benjamin de Poix qui en était propriétaire entreprit d'importants
travaux afin de remettre le château de Chabenet en état, d'où certains
aspects qui peuvent rappeler les créations du célèbre architecte
Eugène Viollet-le-Duc. Aujourd'hui huit tours
subsistent, malheureusement la poterne a été très remaniée.
Le château comprenait alors habitation, avec vastes cuisines, salle à manger
et salon comportant une décoration néo-gothique, une trentaine de chambres;
cour d'honneur, cours, jardins avec très importantes serres. Sur cet
emplacement existait en 1292 un simple "hostel appartenant à Raoulx de
Chabanne". C'est vers 1471 que furent effectués les travaux commandés par
Josselin du Bois. Le petit-fils de celui-ci, Jean, condamné par la justice
de Poitiers, demanda refuge à son voisin de Prunget, Aubert de Montjohan,
qui abusa probablement de la situation et, par jeu d'échanges où d'achats
avantageux, devint propriétaire de Chabenet. La fille d'Aubert, épouse de
Jean de Pons, laissa Chabenet à sa fille, veuve de Philippe de
Pierre-Buffière, puis en secondes noces d'Abel de Pierre-Buffière. Son fils
cadet, Charles, ayant épousé Jeanne d'Harambure, reçut de sa mère les terres
de Prunget et de Chabenet le 17 juin 1620. Durant les guerres de Religion,
le château tomba aux mains du maréchal de La Châtre qui tenait pour la
Ligue, les Pierre-Buffière étant protestants. Henri IV ayant pris le château
d'Argenton en mars 1587, Chabenet fut contraint à se rendre. Il devint dès
lors lieu de culte autorisé par l'édit de Nantes. Ce n'est qu'en 1735 que
Madame de Pierre-Buffière, née Couraud, abjura sur son lit de mort. Son
arrière-petite-fille épousa en 1779 Louis-François-Vincent, comte de Poix,
dont le petit-fils restaura le château. À sa mort en 1878, Benjamin de Poix
légua Chabenet à sa nièce Joséphine de Boisé de Courcenay. Celle-ci ayant
pris pour héritiers ses cousins de Nicolaÿ, Chabenet, fut vendu à M. Pierre
Willème, industriel. Il a depuis, changé plusieurs fois de mains. Tout
récemment, Chabenet a bénéficié de très importants travaux de restauration.
(1)
Éléments protégés MH : le château du Chabenet : inscription par arrêté du 28
juin 1927.
château de Chabenet 36800 Le Pont-Chrétien-Chabenet, tel. 02 54 01 57 50,
les locaux sont utilisés aujourd'hui à usage de résidence hôtelière.
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