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La Chesnaye est un ancien fief relevant
primitivement du duché de Montbazon et de la baronnie de Châteauneuf de
Tours. Dès le XIIe siècle une chapelle s’y élevait; bien que très
transformée, elle existe toujours. En 1930 elle était convertie en remise
mais le mur de chevet avait conservé son remplage. Au XVe siècle, la terre
de la Chesnaye appartient à Jean du Puy, écuyer, mais on ignore si un
château s'y élevait déjà. La famille Bohier en devint propriétaire au XVIe
siècle puis le domaine passe, au cours du XVIIe siècle, aux familles Sallier
et Daen. Le fief est réuni le 12 juillet 1781 à celui d'Athée qui relevait
également de Montbazon. Les deux terres sont alors érigées en châtellenie à
foi et hommage simple sous le nom d'Athée-Chesnaie par Jules-Hercule de
Rohan (1726-1788) et son fils Henri-Louis-Marie (1745-1809) tous deux ducs
de Montbazon. Lucien-François Daen, maire d’Athée de 1808 à 1826, devient
propriétaire de la Chesnaye à une date qui reste à préciser et que certains
auteurs situent en 1781. On ignore à quoi ressemblait la première demeure
noble qui s’est élevée à la Chesnaye. Un château a été construit ou remanié
au cours du XVIe siècle. Outre la chapelle associée à une tour carrée en
moellons, à l’est, la partie la plus ancienne du logis semble être la tour
ronde (XVe-XVIe siècles) en moyen appareil de tuffeau édifiée à l’angle
nord-est, couverte en poivrière et dont les mâchicoulis ont été refaits. La
date de construction de l’aile orientée nord-sud n’est pas connue mais sa
façade ouest suggère un agrandissement survenu au cours du XVIIe siècle ou
du XVIIIe siècle, puis un remaniement important au cours du XIXe siècle, en
deux phases. La façade Est a reçu un décor néo-gothique alors que la façade
ouest, reprise après 1860, affiche un décor d'une sobriété plus classique
probablement réalisé à la demande d’Henry Collinet comme le suggèrent les
initiales H et C visibles aux frontons des lucarnes de l'aile ouest. En
1826, au moment où est levé le premier plan cadastral, la Chesnaye
appartient aux héritiers Daën. De 1827 à 1832, le château appartient à
Françoise Daën, épouse du diplomate André Olivier Ernest Sain de Boislecomte
(1799-1882); la matrice du cadastre indique bien une passation en 1832 de
Daën au comte de la Roche-Aymon (maire de 1837 à 1840); ce dernier l’aurait
revendu à M. et Mme Pierre Collinet en 1848. L’aménagement du parc, effectué
avant 1879, est dû à Pierre Collinet qui fait appel au paysagiste Edouard
André pour en dessiner le plan. Une éolienne est installée en 1880.
Les archives de ces grands remaniements n’ont pas été retrouvées; les
architectes en demeurent inconnus. Une nouvelle ferme a également été
construite à la demande de Pierre Collinet en 1882-1883. Il décède en 1885
et son fils Émile Collinet meurt au château en 1896. Madame Collinet mère
meurt en 1897 et son fils Henry hérite de la propriété. Il épouse en 1904
Yvonne de la Pierre de Fremeur. En 1938, la mairie de Clamart (92) envisage
d’acheter le château et les 60 ha du parc pour y installer une colonie de
vacances, sans suite. Le château est acquis en 1939 par Gilbert Lamothe
(neveu de Madame Collinet) et son épouse. Durant la Seconde guerre mondiale,
alors que la ligne de démarcation coupait Athée, un poste de commandement
allemand était installé dans le château. En 1957, les sœurs de la Charité de
Saint-Vincent-de-Paul reçoivent le domaine par donation de M. Gilbert
Lamothe dont la fille Françoise est entrée dans les ordres. Ayant laissé le
château à disposition des sœurs, il fait construire, à l'est de celui-ci, le
bâtiment qui porte son nom dans les années 1957-1960. Le cimetière est
aménagé à partir de 1959. En 1960 la Chesnaye est devenue une maison de
retraite réservée aux sœurs de la Compagnie des filles de la Charité de
Saint-Vincent de Paul. Le bâtiment Sainte Louise de Marillac est construit
en 1962 et le bâtiment Marguerite Naseau peu après. La Chesnaye a obtenu en
2011 le statut d’établissement pour personnes âgées dépendantes,
actuellement géré par l’association Monsieur Vincent.
Le domaine comprend de nombreux bâtiments: outre le grand logis, qui n’est
pas habité, on y trouve une chapelle (transformée en lingerie), un
colombier, une glacière et surtout plusieurs bâtiments construits à partir
de 1960 destinés à la résidence des personnes retraitées. L’actuel bâtiment
de l’aumônerie (ancienne remise de la ferme) totalement remanié, abritait un
chenil, la chasse à courre en forêt d’Amboise étant autrefois prisée. Le
parc accueille également un cimetière dont le plan pensé de manière à
disposer les tombes en cercle autour de la Croix a été dessiné en 1958 par
M. de Lamothe. Le parc comprend 60 hectares plantés de chênes, frênes,
charmes, ifs, tilleuls et acacias principalement; on y trouve également un
séquoia et de grands cèdres. Le château construit sur caves voûtées, en
moellons de calcaire enduits et en pierre de taille de tufeau, présente un
plan en L et comporte deux ailes perpendiculaires à l’angle desquelles se
dresse, à l’est, une haute tour de plan carré. L'élévation ordonnancée des
ailes comprend un étage carré et un étage de comble éclairé par des
lucarnes. L'aile orientée nord-sud est couverte d'un toit à longs pans
brisés et croupes; l'autre d'un toit à longs pans et noues au niveau des
lucarnes. Toutes les toitures sont en ardoise. La tour d'angle a reçu un
spectaculaire décor de style néo-gothique, constitué d’un tympan sculpté
d’arbres sous un dais fleuronné encadré de pinacles, lui-même surmonté d’un
cavalier en armure brandissant un étendard, qui passe pour représenter
Jeanne d’Arc. Toutes les façades ont été reprises dans le style troubadour,
avec de nombreux éléments sculptés placés au niveau des encadrements:
larmiers à retour, culots… les garde-corps ajourés du balcon et de l'étage
de comble sont formés d'arcatures meublées de fleurons. Côté est les
lucarnes à frontons triangulaires à crochets sont ornés de médaillons ou
d'écus. A l’intérieur, l’ameublement néo-gothique de la bibliothèque semble
directement inspiré de la célèbre Abbotsford House de Walter Scott (Écosse).
(1)
château de la Chesnaye 37270 Athée-sur-Cher, tel. 02 47 50 68 20, maison de
retraite.
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