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Les premiers possesseurs de Bizard seraient des Jean de Montigny, patronyme
répandu dans la région et donc difficilement identifiables. Ils sont
qualifiés de seigneurs du Gué-Péan et de Bizard jusqu’à la mort d’un Jean de
Montigny à la bataille de Pavie en 1524. Une succession difficile amène sa
veuve à vendre, d’une part Le Gué-Péan à Nicolas d’Alaman et d’autre part
Bizard à Philibert Tissart. Contrôleur des finances à Nantes, celui-ci
succède à son beau-père, Jean François de Cardonne d’Azay, en 1493, comme
président de la chambre des comptes de Bretagne. Leur fille Anne épouse
François d’Argy, qui vendra la terre de Bizard en 1560 à François de
Lorraine, duc d’Aumale et premier duc de Guise. Ce dernier sera assassiné à
la sortie d'Orléans par le protestant Poltrot de Méré le 24 février 1563.
L’année précédente une situation financière difficile l’avait amené à la
cession de Bizard en remboursement de dettes, à Charles de La Rochefoucauld,
seigneur de Randan et de Bizard, comme il est dit sur son épitaphe dans la
cathédrale de Rouen. Il sera très vite cédé à la famille d’Alaman qui
possédait Le Gué-Péan depuis deux générations. Bizard n’est plus entretenu
et ne sort plus alors des familles qui ont possédé Le Gué-Péan: les
d’Alaman, de La Rochefoucauld, Piques, de La Motte-Villebret, d’Estampes,
Amelot, Lucker et de Cassin. La séparation n’aura lieu qu’au milieu du XXe
siècle après la mort de M. Durand, dit le "marquis de Quéguelin". Les ruines
actuelles du château laissent voir un quadrilatère d’environ quarante mètres
de côté, présentant au nord-est une belle chapelle au chœur largement en
saillie on y distingue les voûtes ogivales à deux travées, qui devait
s’élever à environ huit à dix mètres, une curieuse niche de deux mètres fort
étroite, en pierre de bourré qui semble être de la deuxième moitié du XVIe
siècle, tout comme une ravissante piscine à droite de l’autel. Le logis
principal se développait au nord et à l’ouest de la cour, cette dernière
façade donnant sur un vaste jardin clos dont on voit encore des restes de
murs. Sur l’aile sud on peut voir les soubassements de constructions plus
disparates et enfin à l’est il n’y a qu’un mur qui devait être assez orné de
moulures et de corniches pour séparer la cour noble de la basse cour. Le
docteur Lesueur en a fait un croquis des lieux assez juste vers 1880, il a
dessiné aussi les restes du pigeonnier, disparu depuis, avec sa tour coupée
"en sifflet" à la révolution. (1)
château de Bizard 41400 Monthou-sur-Cher, propriété privée, ne se visite
pas, visible de la route.
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