|
L'ancien fief sans justice de la Tour-Charette est
situé à deux kilomètres de Balbigny, sur la route de Néronde. Une tour
carrée du XVe siècle est actuellement la partie la plus ancienne du château
auquel elle a donné son nom. La demeure primitive datait du XIe siècle.
Entre 1115 et 1118 elle appartenait à Vivion de Charette qui figure, avec
Hugues de Cinget, comme témoin de Guillaume le Gras, dans une transaction
passée par ce dernier avec Guichard de Beaujeu, au sujet du droit de
suzeraineté de Guichard sur la moitié du château et châtellenie de Néronde.
Au siècle suivant, la maison de Charette s’éteignit en la personne d’Arthaude
de Charette qui transmit cette terre à ses deux filles: Agnès et Alix. Agnès
épousa Béraud de Vassalieu, qui rend hommage, en 1289, au comte Jean 1er ,
pour sa maison noble de Charette et le renouvelle le 28 mars 1299. Alix
épousa un Charpinel et laissa à son fils Hugues Charpinel la part indivise
qu’elle possédait de cette terre. Cette indivision subsista longtemps entre
les Charpinel et les Raybe, seigneurs de Saint-Marcel d’Urfé, qui paraissent
avoir succédé aux Vassalieu dès 1312, date à laquelle Hugues Raybe rendit
hommage pour la maison de Charette qui lui était échue du chef de sa mère.
Le 22 mars 1331, un acte de partage passé sous forme d’échange entre Hugues
Charpinel et Hugues Raybe attribuait au premier la seigneurie de Charette,
mais il n’eut pas un effet immédiat car Hugues Charpinel rend hommage, en
1333, à Guy VII comte de Forez, et Hugues Raybe, le 14 juillet 1334. La
seigneurie était encore indivise en 1341, lors de l’hommage rendu par
Beatrix Gharpinel, fille d’Hugues, et femme d’Hugues de Talaru. Mais, peu
après, il n’est plus question des Gharpinel. En 1346 l’hommage est rendu par
Ythier Raybe, fils d’Hugues, puis en 1347, par son frère Falconet Raybe,
enfin, en 1366 et 1377, par le fils de ce dernier, Hugonin Raybe, damoiseau.
Les armes des Charpinel sont fascé d’or et d’azur, et celles des Raybe de
sable semé de billettes d’argent, au lion du même brochant. Le 2 février
1383, Hugonin Raybe vendit à Arthaud de Boisvair, écuyer, "seigneur dudit
lieu, pour 460 livres tournois, la maison forte de Charette, appartenances
et dépendances, chapelle ou prébende, au mandement de Néronde, et
généralement tous cens, servis et autres droits par lui possédés au comté de
Forez, en déclarant mettre ledit Arthaud, acquéreur, en réelle possession
des choses vendues, par la tradition des clefs de la maison forte de
Charette". La maison de Boisvair, qui portait coupé d’or et de gueules, à un
arbre de simple brochant, s’éteignit au milieu du XVIe siècle dans les
Riverie, par le mariage de Catherine de Boisvair avec Hector de Riverie,
seigneur de la Rivière; auquel elle apporta en dot le château et fief de
Pélussieux. Les armes des Riverie sont d’azur au chevron d’or chargé de
trois coquilles de gueules et accompagné de trois étoiles d’or. Au
commencement du XVIIe siècle, la Tour-Charette appartenait à Pierre Raverie,
d’une famille originaire d’Italie. L’un de ses membres, Claude Raverie,
conseiller de ville à Lyon, de 1557 à 1568, avait épousé Catherine de
Châtillon, fille de Noël, seigneur du Soleillant. Un autre, Jean Raverie,
seigneur de la Chaux, fut échevin de Lyon en 1612. Pierre Raverie, seigneur
de la Tour-Charette, fut pourvu, en 1631, de l’office de capitaine châtelain
de Néronde, résigné par Jacques Cotton, seigneur de Chenevoux. En 1635 il
s’en démit à son tour, en faveur de Jean Rambaud, seigneur de la Noërie,
lieutenant en la châtellenie et prévôté royale de Néronde.
Les armes des Raverie, sont d’azur au léopard d’or; au chef du même chargé
d’une aigle de sable. Le 4 octobre 1650, Pierre Raverie et Anne Pupier, sa
femme, vendirent le fief de la Tour et la maison forte de Charette à Jacques
Punctis qui en rendit hommage le 14 novembre 1650. La Tour appartint ensuite
à Louis Punctis de la Tour, puis à son gendre Gilbert Camus, seigneur d’Yvours
et de üagnols, qui en rendit hommage le 28 avril 1722. Comme il mourut en
1745 sans enfants, la Tour, Boën, Montarboux, Palognieu et Chorignieu
passèrent à un neveu de sa femme, Jacques Punctis, beau-père de
Louis-François-Marie, qui rendit hommage pour la Tour et Boën les 15 février
1754 et 3 décembre 1776, et mourut victime de la Révolution. Peu après sa
mort, le château de la Tour fut acquis par Claude Pâtissier, qui le vendit à
Jean-Baptiste Bérardier de Grézieu, ancien chanoine d’Ainay et curé de
Néronde, qui mourut le 20 août 1824. La Tour fut ensuite possédée
successivement par M. Périer du Palais, le baron du Châtelet, M. Balthazar
Maussier, négociant à Saint-Etienne, lequel l'acquit en 1843 et y ht faire
d’importantes réparations. En 1850, le château passa à son frère, Victor
Maussier, fabricant de rubans à Saint-Etienne, qui le vendit en 1853, à M.
Badel, banquier à Paris, qui le modifia profondément. En 1870, il était
acquis par Antonin Dupuy de Querézieux qui le revendit, vers 1885, à M.
Maurice de Montaigne-Poncins, marquis de Poncins au début du XXe siècle. (1)
château de la Tour-Charette, route de Néronde, 42510 Balbigny, propriété
privée, ne se visite pas.
Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents
concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous
constatez une erreur, contactez nous. Propriétaire de cet édifice, vous
pouvez enrichir notre base de données en nous adressant des photos pour
illustrer cette page, merci.
A voir sur cette page "châteaux
de la Loire" tous les châteaux répertoriés à ce jour
dans ce département. |
|